L'Hydre et l'Académie

    Audren, Polyamour, couple libre, libertinage : éloge d’un continuum + L’amant-e n’est ni une chose ni une variable d’ajustement

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    Johnathan R. Razorback
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    Audren, Polyamour, couple libre, libertinage : éloge d’un continuum + L’amant-e n’est ni une chose ni une variable d’ajustement

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 11 Juil - 23:21

    https://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/about/

    https://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2013/10/23/polyamour-couple-libre-libertinage-eloge-dun-continuum/

    "On ne peut pas séparer le sexe et les sentiments

    De même que le mépris originel de la culture judéo-chrétienne pour le corps a durablement gangrené notre culture en y implantant le dualisme corps-esprit comme principe de base, de même la hiérarchie que l’époque romantico-victorienne a instauré entre le sexe et les sentiments (hiérarchie qui — ô surprise — se calque sur le dualisme corps-esprit) pollue toute notre façon de penser. Et on se retrouve –aussi vainement que quand on cherche le siège de l’âme– à toujours vouloir cataloguer les attirances entre ce qui relève de la chair et ce qui relève de l’amour.

    Baiser avec quelqu’un expose au risque de ressentir au moins quelque chose à son égard ; de même que fréquenter quelqu’un ; de même que tchatter avec quelqu’un. Dans les relations humaines, à part vivre en ermite, il n’y a pas de situation « safe » qui garantisse que de toute votre vie, vous n’éprouverez strictement rien à l’égard de quiconque excepté votre légitime.

    Ainsi, quand d’un côté du spectre on s’interdit de tomber amoureux de ceux qu’on baise, et quand de l’autre on prétend s’abstenir de baiser ceux dont n’est pas amoureux, j’y vois encore la marque de cette dichotomie artificielle. On pourrait cesser de vouloir ranger nos élans dans des cases et simplement vivre ce qu’on a envie de vivre et avec qui on veut, dès lors que les envies des intéressé-e-s se rejoignent, dans le respect de chacun.
    L’amour n’est pas binaire

    L’amour lui-même est un domaine continu et multidimensionnel, comme le monde des couleurs mais en plus vaste. On ne peut pas se contenter de dire « je t’aime un peu, beaucoup, passionnément… », comme si on pouvait évaluer l’amour avec une note sur une échelle de 1 à 100. C’est qu’en la matière, l’étroitesse du champ lexical nous handicape la tête. On dit que les inuit ont what-mille mots pour décrire la neige. Et bien les Français n’ont qu’un mot pour l’amour et ses innombrables variantes :

    obsessif – je pense à toi tout le temps
    tendre – je te regarde dormir en souriant
    charnel – je te veux là, maintenant, sur le lave-linge
    protecteur – j’aime quand tu poses ta tête sur mon épaule
    compersif – j’aime te savoir heureu-x-se
    parental – j’aime t’aider à grandir
    narcissique – j’aime l’image que tu me renvoies de moi
    possessif – j’aime te savoir à moi tout seul
    etc. vous pourriez en ajouter encore des tas

    Quand on dit « je t’aime », ça recouvre un mélange de tout ça, généralement sans même qu’on ait analysé en détail chacune des composantes. Alors quand on dit « je ne l’aime pas », ou « je ne t’aime plus », ou bien « je n’aime que toi », c’est même pas faux : ça n’a pas de sens.
    Les sentiments ne sont pas immuables

    Et pour compliquer le tout, ces sentiments qu’on sait à peine décrire passent leur temps à évoluer. Ils évoluent parce que la relation mûrit. Ils évoluent parce que la vie nous change. Parfois même ils évoluent au gré de la fatigue de la journée, de la météo, du cycle hormonal. Alors vas-t-en coller une étiquette sur un machin qui n’arrête pas de bouger…

    C’est pour éviter que nos relations se fassent balader au gré des vagues de nos sentiments qu’on choisit parfois de prendre quelques engagements. Pas des serments débiles et intenables du genre « je t’aimerai toute ma vie comme au premier jour » mais des engagements qui permettent au moins aux uns et aux autres de ne pas se sentir à la merci de la moindre bourrasque.

    Cependant, quels que soient ces engagements, ils n’empêchent pas les sentiments d’évoluer sur le long terme. Et donc on est amené à les rediscuter périodiquement si on ne veut pas qu’un jour ils deviennent inadaptés ou carrément intenables.
    Conclusion

    Ainsi, si le sexe et l’amour ne sont pas dissociables, si l’amour n’est pas binaire et si les sentiments ne sont pas immuables, on voit bien que le monde des relations charnelles/amoureuses est un immense champ de possibles, dans lequel les « modèles » (monogamie sérielle, monogamie flexible, libertinage, polyamour, couple libre, lutinage) ne sont que de simples repères de géomètres, pas des cases où l’on doive à tout prix se ranger…
    "
    -Audren, Polyamour, couple libre, libertinage : éloge d’un continuum, lesfessesdelacremiere.wordpress.com, 23 octobre 2013.

    https://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2015/05/06/lamant-e-nest-ni-une-chose-ni-une-variable-dajustement/


    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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