L'Hydre et l'Académie

    Georges Burdeau, Le libéralisme

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    Johnathan R. Razorback
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    Georges Burdeau, Le libéralisme

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 6 Nov - 9:27

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Burdeau

    "Le libéralisme est à la fois une théorie, une doctrine, un programme, une pratique. C'est aussi, et plus fondamentalement encore, une attitude, [...] une philosophie." (p.7)

    "Il y a un libéralisme politique, un libéralisme économique, un libéralisme religieux, un libéralisme des moeurs. [...] Il y a des conflits de libéralismes. Il faudrait, par exemple, être indifférent à la réalité pour croire qu'aujourd'hui la démocratie libérale (libéralisme politique) pourrait se maintenir en respectant scrupuleusement les impératifs du libéralisme économique. Ce serait donc une entreprise hasardeuse que de vouloir inclure, dans une définition lapidaire, les différentes figures d'un concept que ses incarnations trahissent toujours par quelques côtés." (p.7-8 )

    "Son infirmité congénitale tient à la contradiction entre l'image généreuse qu'il se fait de l'homme et la réalité de la condition humaine. Il exalte la liberté et débouche socialement sur l'aliénation." (p.29)

    "En tant que système fondé sur l'autonomie de la personne, le libéralisme a trouvé dans la mentalité américaine son assise la plus solide. Pour elle, il n'était pas seulement une philosophie ; il était le constat d'une expérience. Le citoyen américain n'a pas hérité du roi sa nation ; il l'a gagnée sur la "frontière" dans sa marche vers l'Ouest ; sa liberté, il ne l'a pas trouvée dans un texte, il l'a acquise par sa victoire sur les forces de la nature ; sa sûreté, elle ne lui a pas été octroyée par un Act d'Habeas corpus, mais par la volonté d'hommes libres résolus à ce que la justice procède d'un jury, c'est-à-dire d'un jugement qu'ils ont eux-mêmes prononcé." (p.39-40)

    "Le libéralisme voit dans les constitutions un instrument de liberté voit dans les constitutions un instrument de liberté puisque son existence exclut le "bon plaisir" pour lui substituer des compétences fixées à l'avance et en vue de fins définies." (p.57)

    "Artifice d'une distinction radicale entre le libéralisme économique et le libéralisme politique. S'ils peuvent être intellectuellement séparés, historiquement ils sont indissociables, car le second ne s'est imposé que pour garantir le premier." (p.74)

    "L'expérience montre, au contraire, que, sous son nom, c'est le plus souvent un régime d'anarchie qui tend à s'installer, un régime où le laisser-aller, l'indulgence hypocrite, la servilité des uns, l'arrogance des autres constituent une monstrueuse parodie de l'image idéale qu'évoque le rêve d'une cité libre. [...] En tant que structure politico-sociale cohérente, l'édifice libéral s'est écroulé parce qu'il reposait sur une interprétation erronée de la liberté." (p.128-129)

    "Si la dévotion fut étrangère à l'Etat libéral, c'est parce que les catégories sociales dont il satisfaisait les aspirations n'avaient pas besoin de la politique. Elles en ont donc délimité le champ à la mesure de ce qu'elles en attendaient, c'est-à-dire peu de chose en dehors de la protection de la situation qu'elles s'étaient faites elles-mêmes. Elles n'ont pas compris que la politique pouvait être aussi espérance. Si nous voyons, aujourd'hui, des millions d'hommes rêver d'un monde où toutes les activités seraient politisées, n'est-ce pas parce qu'ils ont pu constater que ce qu'ils avaient obtenu quant à l'amélioration des conditions de leur travail, au relèvement de leurs salaires, aux possibilités de s'affranchir de l'insécurité prolétarienne, aux chances de léguer à leurs enfants une situation moins dure que la leur, ils le devaient à l'activité politique, au pouvoir qu'ils avaient intimidé ou conquis ? N'est-il pas, dès lors, inévitable qu'ils en arrivent à concevoir la politique comme l'activité la plus urgente parce qu'elle est pour eux une activité vitale ? L'enjeu est tel qu'il n'autorise pas une participation limitée, mais exige, au contraire, un engagement total.
    Il ne s'agit pas de chercher si cette espérance est ou non fondée.
    " (p.154-155)

    p.172
    -Georges Burdeau, Le libéralisme, Éditions du Seuil, 1979, 306 pages.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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