L'Hydre et l'Académie

    Contre le conservatisme

    Johnathan R. Razorback
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    Message par Johnathan R. Razorback le Dim 24 Déc - 17:44




    Incompatibilité du conservatisme et du libéralisme "révolutionner en permanence".

    "L'ennemi du conservateur est le libéral" (Arthur Moeller van Den Bruck, Germany's Third Empire, p.203)


    "43.
    À dire à l’oreille des conservateurs. — Ce qu’on ne savait pas autrefois, ce qu’on sait aujourd’hui, ce qu’on pourrait savoir, — c’est qu’une formation en arrière, une régression, en un sens quelconque, à quelque degré que ce soit, n’est pas du tout possible. C’est du moins ce que nous savons, nous autres physiologistes. Mais tous les prêtres, tous les moralistes y ont cru, — ils ont voulu ramener l’humanité à une mesure antérieure de vertu, donner un tour de vis en arrière. La morale a toujours été un lit de Procuste. Même les politiciens ont imité en cela les prêcheurs de vertu : il y a aujourd’hui encore des partis qui rêvent de faire marcher les choses à reculons, à la manière des écrevisses. Mais personne n’est libre d’être écrevisse." (Crépuscule de Idoles)

    "Le conservatisme consiste à conserver ce qui a de la valeur. Conserver ce qui a de la valeur a une dimension métaphysique, politique mais aussi quotidienne. Vouloir conserver (et transmettre) un objet qui nous est cher, par exemple, ou un lieu que l’on aime, est une attitude conservatrice triviale, du quotidien. Le conservatisme pris au sens métaphysique ou politique est en partie l’application de cette disposition aux questions métaphysiques et politiques.

    En politique, le conservatisme a un acte de naissance bien particulier : c’est un courant anglophone, né il y a plus de deux siècles au Royaume-Uni, qui souhaite conserver et transmettre les institutions britanniques et une certaine organisation de la société, parce qu’il estime qu’elles sont précieuses, peut-être même les meilleures. Bien sûr, les conserver revient parfois à les adapter
    ."

    "Ce que le conservateur regarde avec ironie, c’est le Progrès avec une majuscule, cette idée que l’histoire va dans un sens – et un sens déterminé à l’avance."

    "Les libéraux d'aujourd'hui sont pour moi des libertariens : rien n’échappe pour eux à l’individualisation. Ils méprisent la complexité d’un être humain qui est autant individu qu’être de lien. Les libéraux à la Aron avaient compris que le libéralisme ne peut exister sans fondement politique et moral commun. Autrement dit, sans limite, le libéralisme se détruit lui-même, car il peut tuer les institutions qui lui permettent d’exister, comme la morale."
    -Laetitia Strauch-Bonart (cf: http://www.le-prisme.fr/2016/07/entretien-avec-laetitia-strauch-bonart.html#more ).

    "Livré à lui-même, le conservatisme n'a guère de sens. Que faut-il conserver ? Qu'on jette un œil, même rapide, sur nos sociétés, sur toutes les sociétés humaines, et on les verra hérissées de normes, institutions, traditions et habitudes partiellement contradictoires. Livré à ses propres ressources, le conservatisme est incapable de dire ce qui mérite d'être conservé, développé et enrichi, et ce qui doit être abandonné ou combattu.[6] Ce critère de la tradition méritoire, le conservatisme ne peut le trouver qu'en dehors de lui-même, dans un ensemble de valeurs qui ne sont pas "la conservation" en tant que telle. Ainsi le socialisme conservateur est-il concevable, qui veut conserver les droits sociaux acquis dans leur forme actuelle, les mécanismes de la négociation collective, etc."
    -Drieu Godefridi, "Le libéralisme est-il conciliable avec le conservatisme ?", Arguments — Revue européenne de science, vol. 2, n°3, automne 2017, http://revue-arguments.com/articles/index.php?id=83.




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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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