L'Hydre et l'Académie

    Leo Strauss, Oeuvres

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    Johnathan R. Razorback
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    Leo Strauss, Oeuvres

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 3 Mar - 11:53

    https://books.google.fr/books?id=YAJN-8BCG-MC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=lp31VNCyA8XY7Abj6YFA&ved=0CCoQ6AEwAA#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=cpx2j0TumyIC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=lp31VNCyA8XY7Abj6YFA&ved=0CDcQ6AEwAg#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=puxRXDxS5TMC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=lp31VNCyA8XY7Abj6YFA&ved=0CFEQ6AEwBg#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=dvDmq-eTZVYC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=5Z71VI3XL6mp7AbwlYDQDg&ved=0CGEQ6AEwCDgK#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=3wQhcQehDOUC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=BJ_1VIfkHYWS7AbUyoEQ&ved=0CDUQ6AEwAjgU#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=W5m6lCFR53YC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=BJ_1VIfkHYWS7AbUyoEQ&ved=0CD0Q6AEwAzgU#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=tPemdJ2ic2UC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=BJ_1VIfkHYWS7AbUyoEQ&ved=0CFwQ6AEwBzgU#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=y-xnGhgrwUoC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=Mp_1VM7ZG6OI7QbtrYD4Dw&ved=0CDcQ6AEwAjge#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=Rr9D_ciETYEC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=5Z71VI3XL6mp7AbwlYDQDg&ved=0CDUQ6AEwAjgK#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=C1O11ihNU40C&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=5Z71VI3XL6mp7AbwlYDQDg&ved=0CEsQ6AEwBTgK#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=shGiz22NtRsC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=BJ_1VIfkHYWS7AbUyoEQ&ved=0CEUQ6AEwBDgU#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=Vce_OEKtTf4C&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=5Z71VI3XL6mp7AbwlYDQDg&ved=0CFEQ6AEwBjgK#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=jWwpKK-NBVMC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=BJ_1VIfkHYWS7AbUyoEQ&ved=0CEwQ6AEwBTgU#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    https://books.google.fr/books?id=CqCPFGEvh2QC&printsec=frontcover&dq=Leo+Strauss&hl=fr&sa=X&ei=lp31VNCyA8XY7Abj6YFA&ved=0CD8Q6AEwAw#v=onepage&q=Leo%20Strauss&f=false

    « L’homme libéral du plus haut rang estime le plus hautement l’esprit et son excellence, et il a conscience que l’homme le meilleur est autonome ou qu’il n’est pas soumis à une autorité quelconque, tandis que pour toutes les autres choses, il est soumis à une autorité qui, cependant, doit être un reflet affaibli de ce qui est purement et simplement le plus élevé. L’homme libéral ne peut être soumis à un tyran ou à un maître, et il sera presque toujours un républicain. La philosophie politique classique était libérale au sens originel. » (p.51)

    « A cette époque, l’Allemagne était une démocratie libérale. Le régime était connu sous le nom de République de Weimar. A la lumière du document politique de l’Allemagne récente qui fait le plus autorité –les Pensées et souvenirs de Bismarck- le choix de Weimar se révèle être un choix contre Bismarck. Aux yeux de Bismarck, Weimar représentait le rapprochement avec l’Ouest, voire la dépendance intime des Allemands par rapport aux Français et surtout par rapport aux Anglais, et une aversion correspondante envers tout ce qui était russe. Mais Weimar était surtout l’endroit où avait vécu Goethe, l’homme qui avait vu l’effondrement du Saint Empire romain germanique, et la victoire de la Révolution Française et de Napoléon –Goethe dont la bienveillante compréhension se manifesta également aux deux adversaires et qui ne s’est identifié profondément à aucun. En s’attachant à Weimar, la démocratie libérale allemande proclamait son caractère modéré, son absence de radicalisme : sa résolution de maintenir un équilibre entre le dévouement aux principes de 1789 et le dévouement à la tradition allemande la plus haute. » (p.323)

    « La République de Weimar était faible. Elle connut un unique moment de force, sinon de grandeur : sa réaction énergétique devant le meurtre du ministre juif des Affaires étrangères. Walther Ratheneau, en 1922. Dans l’ensemble, elle donna le spectacle pitoyable d’une justice dépourvue de force ou d’une justice incapable d’employer la force. […] La faiblesse de la République de Weimar rendait assurée sa destruction rapide. » (p.324)

    « Le régime bismarckien tel que le dirigeait Guillaume II avait déjà perdu tout crédit avant la première guerre mondiale, et qu’il en perdit encore au cours de cette guerre et à cause du résultat de cette guerre. » (p.324)

    « Rousseau fut le premier critique moderne du projet moderne fondamental (la conquête de la nature par l’homme en vue de l’amélioration de l’homme) et, ce faisant, il établit les fondements de la distinction, tellement décisive pour la pensée allemande, entre la civilisation et la culture. […] Mais Rousseau ne prépara pas seulement la Révolution française et la philosophie classique allemande, mais également cette réaction extrême à la Révolution Française que constitue le romantisme allemand. » (p.325)

    « Les juifs allemands durent leur émancipation à la Révolution française ou à ses conséquences. La République de Weimar leur donna pour la première fois de pleins droits politiques. » (p.326)

    « La république qui a ses préférences est une démocratie libérale. [Spinoza] fut le premier philosophe à être à la fois démocrate et libéral. Il fut le philosophe qui fonda la démocratie libérale, le régime spécifiquement moderne. A la fois directement et par l’intermédiaire de son influence sur Rousseau, qui donna l’impulsion décisive à Kant, Spinoza devint l’initiateur du républicanisme moderne. » (p.348)

    « Spinoza ne partage pas l’aversion des classiques pour le commerce ; il rejette l’exigence traditionnelle de lois limitant le luxe. » (p.349)

    « Spinoza élève Machiavel à des hauteurs théologiques. Le bien et le mal ne diffère que d’un simple point de vue humain ; théologiquement, la distinction n’a pas de sens. Les passions mauvaises ne sont mauvaises que du point de vue de l’utilité humaine ; en elles-mêmes, elles ne montrent pas moins la puissance et la justice de Dieu que les choses que nous admirons et de la contemplation desquelles nous nous réjouissons. » (p.351)

    « La société libérale en vue de laquelle Spinoza a composé son Traité [théologico-politique] est […] une société dont les juifs et les chrétiens peuvent être des membres égaux. Il souhaitait préparer une telle société. Pour lui, l’établissement d’une telle société impliquait l’abrogation de la loi mosaïque dans la mesure où il s’agit d’une loi politique particulière, et tout spécialement l’abrogation des lois cérémoniales : dans la mesure où la religion de Moïse est une loi politique, adhérer à sa religion telle qu’il l’a proclamée est incompatible avec le fait d’être citoyen de tout autre Etat. » (p.355)

    « [Hermann Cohen] fut un penseur plus profond que Spinoza parce que, contrairement à Spinoza, il n’a tenu pour allant de soi le détachement ou la liberté de la tradition de son propre peuple ; ce détachement est « contre-nature », il n’est pas premier, il est la conséquence d’une libération des liens de l’attachement premier, le résultat d’une aliénation, une rupture, une trahison. » (p.362)

    « L’épicurisme ne peut aboutir qu’à une morale mercenaire tandis que la morale juive traditionnelle n’est pas mercenaire. » (p.369)
    -Leo Strauss, Le libéralisme antique et moderne, PUF, coll. Politique d’aujourd’hui, 1990 (1968 pour la première édition américaine), 390 pages.

    Audio files and transcripts of Strauss’s courses: https://leostrausscenter.uchicago.edu/courses



    _________________
    "Aucune grandeur n'est possible où l'on refuse d'être ce qu'on est et fût-on l'ombre de soi-même, il faut partir de là."
    -Albert Caraco, La France baroque, Edition L'Age d'Homme, 1975, 255 pages, p.64.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point."
    -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.

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    Johnathan R. Razorback
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    Leo Strauss, Thoughts on Machiavelli

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 23 Oct - 18:25



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    "Aucune grandeur n'est possible où l'on refuse d'être ce qu'on est et fût-on l'ombre de soi-même, il faut partir de là."
    -Albert Caraco, La France baroque, Edition L'Age d'Homme, 1975, 255 pages, p.64.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point."
    -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.

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    Re: Leo Strauss, Oeuvres

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 5 Mar - 16:50

    "Rejeter le droit naturel revient à dire que tout droit est positif, autrement dit que le droit est déterminé exclusivement par les législateurs et les tribunaux des différents pays. Or il est évident qu'il est parfaitement sensé et parfois même nécessaire de parler de lois ou de décisions injustes. En passant de tels jugements, nous impliquons qu'il y a un étalon du juste et de l'injuste qui est indépendant du droit positif et lui est supérieur: un étalon grâce auquel nous sommes capables de juger le droit positif. Bien des gens aujourd'hui considèrent que l'étalon en question n'est tout au plus que l'idéal adopté par notre société ou notre "civilisation" tel qu'il a pris corps dans ses façons de vivre ou ses institutions. Mais, d'après cette même opinion, toutes les sociétés ont leur idéal, les sociétés cannibales pas moins que les sociétés policées. Si les principes tirent une justification suffisante du fait qu'ils sont reçus dans une société, les principes du cannibale sont aussi défendables et aussi sains que ceux de l'homme policé. De ce point de vue, les premiers ne peuvent être rejetés comme mauvais purement et simplement. Et puisque tout le monde est d'accord pour reconnaître que l'idéal de notre société est changeant, seule une triste et morne habitude nous empêcherait d'accepter en toute tranquillité une évolution vers l'état cannibale. S'il n'y a pas d'étalon plus élevé que l'idéal de notre société, nous sommes parfaitement incapables de prendre devant lui le recul nécessaire au jugement critique. Mais le simple fait que nous puissions nous demander ce que vaut l'idéal de notre société montre qu'il y a dans l'homme quelque chose qui n'est point totalement asservi à sa société et par conséquent que nous capables, et par là obligés, de rechercher un étalon qui nous permette de juger de l'idéal de notre société comme de toute autre." (p.14-15)

    "Si nos principes n'ont d'autre fondement que notre préférence aveugle, rien n'est défendu de ce que l'audace de l'homme le poussera à faire. L'abandon actuel du droit naturel conduit au nihilisme ; bien plus, il s'identifie au nihilisme." (p.16)

    "Il faut nous mettre pour quelque temps à l'école de ce qu'on appelle l'histoire des idées." (p.18)

    "Le droit naturel dans sa forme classique est lié à une perspective téléologique de l'univers. Tous les êtres naturels ont une fin naturelle, une destinée naturelle qui détermine quelles sont les opérations qui sont bonnes pour eux. Dans le cas de l'homme, la raison est requise pour discerner les opérations qui sont justes par nature, en considération de la fin naturelle de l'homme. La conception téléologique de l'univers, dont fait partie la conception téléologique de l'homme, pourrait paraître ruinée par le développement des sciences modernes de la nature. Du point de vue aristotélicien -et qui prétendrait trouver meilleur juge en la matière qu'Aristote ?- le choix entre une conception mécaniste et une conception téléologique de l'univers dépend de la manière dont est résolu le problème du ciel, des corps célestes et de leur mouvement. A cet égard, décisif aux yeux d'Aristote, la question paraît avoir été tranchée au profit de la conception mécanique. Deux conclusions opposées peuvent être tirées de cette décision capitale. Selon la première, la conception non-téléologique de l'univers doit donner lieu à une conception non-téléologique de la vie humaine. Mais cette conception "naturaliste" prête le flanc à de graves difficultés: il est impossible, semble-t-il, de rendre convenablement raison des fins humaines en les considérant comme de simples conséquences des désirs ou des instincts. C'est pourquoi l'autre conclusion a prévalu. Il a bien fallu se résoudre à admettre un dualisme fondamental, typiquement moderne, où s'opposent science de la nature non-téléologique et science de l'homme téléologique. C'est là la position que les disciples modernes de saint Thomas entre autres sont amenés à prendre, position qui suppose une rupture aussi bien avec la vision d'ensemble d'Aristote qu'avec celle de saint Thomas lui-même." (p.19-20)

    "Les maîtres les plus éminents ont affirmé que, précisément parce que le droit naturel est rationnel, sa découverte présuppose l'exercice de la raison et qu'il ne peut, pour ce motif, être connu universellement [...] Autrement dit, en prouvant qu'il n'y a pas un seul principe de justice qui n'ait été désavoué en un temps ou en un lieu donné, on n'a pas encore démontré que tel ou tel désaveu ait été justifié et raisonnable." (p.21)

    "Un regard en arrière semble nous faire voir que tout progrès de la pensée dans une direction a été payée d'un recul sur un autre point: chaque fois que la pensée franchit une limite donnée, il s'ensuit infailliblement qu'on oublie d'importantes acquisitions antérieures." (p.31)

    "L'affirmation d'un moment absolu de l'histoire est une donnée essentielle de la thèse historiciste. Par là, elle emboîte le pas à Hegel. Tout en enseignant qu'une philosophie est l'expression conceptuelle de l'esprit de son temps, Hegel défendait la vérité de son système en attribuant à son époque un caractère absolu: celui d'être la fin de l'histoire, donc le moment absolu. L'historicisme nie explicitement que la fin de l'histoire soit arrivée, mais implicitement il affirme le contraire." (p.38)

    "La philosophie n'est possible que s'il existe un horizon absolu ou naturel, par opposition aux horizons historiques et changeants comme celui de la caverne de Platon." (p.44)

    "Si la notion de droit naturel est rejetée, ce n'est pas seulement que l'on considère toute pensée humaine comme historique ; c'est aussi parce que l'on estime qu'il y a une pluralité de principes invariables du droit et du bien qui s'opposent entre eux sans que l'on puisse prouver la supériorité d'aucun. Telle est en substance la position adoptée par Max Weber.
    Notre discussion se bornera à une analyse critique de la pensée de Max Weber. Personne après lui n'a consacré une telle somme d'intelligence, de persévérance et de dévouement presque fanatique au problème essentiel des sciences sociales. Quelles qu'aient pu être ses erreurs, il est le plus grand sociologue de notre siècle
    ." (p.45)

    "Weber n'a jamais expliqué ce qu'il entendait par valeur ; ce qui l'intéressait en premier lieu, ce sont les relations qui unissent valeurs et faits. Faits et valeurs sont absolument irréductibles, comme le montre l'absolue irréductibilité des questions de fait et des questions de valeur. D'un fait quelconque il est impossible de tirer aucune conclusion sur sa valeur et inversement il est impossible d'inférer le caractère factuel d'une chose de la valeur qu'elle a ou du désir qu'elle peut inspirer. [...] En prouvant qu'un ordre social donné est le but de l'évolution historique, on ne dit rien sur la valeur ou la désirabilité de cet ordre. [...] Comprendre une évaluation et l'approuver ou l'excuser sont deux choses entièrement différentes. Weber assurait que l'absolue irréductibilité des faits aux valeurs implique nécessairement que les sciences sociales soient éthiquement neutres: les sciences sociales peuvent donner la réponse à des problèmes de fait et de causalité, elles sont incompétences devant un problème de valeur. Mais Weber insistait vivement sur le rôle joué par les valeurs dans les sciences sociales: l'objet des sciences sociales est déterminé par un "rapport aux valeurs" [Wertbeziehung]. Sans cette démarche il n'y aurait ni centre d'intérêt, ni sélection raisonnable des thèmes, ni principe de discrimination entre faits pertinents ou non. Par ce "rapport aux valeurs", l'objet des sciences sociales émerge de l'océan ou du marécage des faits. Weber n'insistait pas moins sur la différence fondamentale entre "rapports aux valeurs" et "jugements de valeur": en disant que quelque chose est important au regard de la liberté politique, par exemple, on ne prend pas position pour ou contre la liberté politique. Le sociologue n'évalue pas les objets déterminés par un "rapport aux valeurs" ; il les explique simplement en les rattachant à leurs causes." (p.48-49)

    "Weber, comme tous ceux qui ont un jour réfléchi sur la condition humaine, ne pouvait pas s'empêcher de parler d'avarice, de cupidité, de manque de scrupule, de vanité, de dévouement, de sens de la mesure et d'autres chose semblables, bref de prononcer des jugements de valeur." (p.59-60)

    "Le refus des jugements de valeur en danger l'objectivité historique. En premier lieu, parce qu'il empêche d'appeler les choses par leur nom." (p.66)

    "Ce que Weber aurait dû dire, c'est que la corruption de la théologie calviniste fut à l'origine de l'esprit capitaliste." (p.67)

    "Pour Weber, il allait de soi qu'il n'y a aucune hiérarchie des valeurs: toutes sont au même rang." (p.70)

    p.74.

    note 22 p.284
    -Leo Strauss, Droit naturel et histoire, Flammarion, Champ.essais, 1986 (1954 pour la première édition française, 1953 pour la première édition états-unienne), 324 pages.



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    -Albert Caraco, La France baroque, Edition L'Age d'Homme, 1975, 255 pages, p.64.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point."
    -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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