L'Hydre et l'Académie

    Contre Lénine

    Johnathan R. Razorback
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    Message par Johnathan R. Razorback le Ven 6 Déc - 22:57

    Contre Lénine
    Portait d’une trahison

    Cent-seize thèses sur la contre-révolution bolchevik : Une analyse portée sur « des événements dont l'horreur n'a d'égale que la platitude des pensées qui en ont été la cause. » (Hegel)
    Par Johnathan R. Razorback, septembre 2013, Paris.

    Prologue : L’oppresseur, des égarés et quelques mots intelligents.

    «La soif de dominer est celle qui s'éteint la dernière dans le cœur de l'homme. »
    -Machiavel, philosophe florentin.

    « L’organisation est de l’essence même de l’être. »
    -Jean Jaurès, De la réalité du monde sensible.

    « Un peuple, dont les opinions se sont formées sous un régime d’inégalité et de despotisme, est peu propre, au commencement d’une révolution régénératrice, à désigner par ses suffrages les hommes chargés de la diriger […] des citoyens sages et courageux qui, fortement épris d’amour pour la patrie et pour l’humanité, ayant longtemps sondés les causes des mots publics, se sont affranchis des préjugés et des vices communs, ont devancé les lumières de leurs contemporains, et méprisant l’or et les grandeurs vulgaires, ont placé leur bonheur à se rendre immortels en assurant le triomphe de l’égalité. »
    - Philippe Buonarroti, robespierriste français.

    « Le prolétariat s'empare du pouvoir d'État et transforme les moyens de production d'abord en propriété d'État. Mais par-là, il se supprime lui-même en tant que prolétariat, il supprime toutes les différences de classes et oppositions de classes et également l'État en tant qu'État. »
    -Engels, théoricien socialiste allemand.

    « Quand on considère l'histoire de l'U. R. S. S. au cours de ces trente dernières années, la conclusion que l'on peut tirer concernant l'État est simple: un État où existe une armée permanente; où l'on trouve des maréchaux, des directeurs de trusts, et même des auteurs de théâtre ou des ballerines qui gagnent cinquante fois plus qu'un ouvrier manœuvre ou qu'une femme de ménage; où s'est établie une sélectivité énorme pour certaines fonctions publiques, qui rend pratiquement impossible l'accès à ces fonctions à l'immense majorité de la population; où le pouvoir réel est exercé par de petits comités de gens dont le renouvellement s'accomplit par des voies mystérieuses et dont le pouvoir reste inamovible et permanent pendant de longues périodes historiques; un tel État, manifestement, n'est pas en train de dépérir. »
    -Ernest Mandel, économiste marxiste.

    « Plus grand sera le nombre des exécutions, mieux ce sera. »
    -Lénine en 1921, au sujet de la répression de l’Église Orthodoxe.

    « Alors j'ai su tout de suite, camarade Lénine, avec toute la certitude que peut avoir un homme, que vous avez tort. »
    -Hermann Gorter, Lettre ouverte au camarade Lénine, 1920.

    Résumé succinct de la contre-révolution bolchevik-léniniste :

    - 25 octobre 1917 : Appuyés par les Gardes Rouges, les bolcheviks prennent le pouvoir au terme d’un bref coup d’État militaire, presque sans effusions de sang.

    - 27 octobre 1917 : Interdiction des journaux d’opposition.

    -Décembre 1917 : Lénine déclare dans l’article Comment organiser l’émulation ? « On fusillera sur place un individu sur dix coupables de parasitisme. »

    - 19 janvier 1918 : Dissolution par les Gardes rouges de l’Assemblée Nationale Constituante élue en novembre. Simultanément, le Congrès des Soviets voit son rôle marginalisé et passe sous le contrôle direct du Parti.

    -Janvier 1918 : abolition du droit de grève.

    - 6 juin 1918 : rétablissement de la peine de mort.

    - 10 juillet 1918 : Instauration d’une Constitution privant plusieurs millions de personnes du droit de vote et de l’éligibilité.

    -Nuit du 16 au 17 juillet 1918 : Assassinat du Tsar Nicolas II, de son épouse et leurs enfants sur ordre direct de Lénine, alors qu’ils étaient tenus captifs.

    -3 septembre 1918 : Exécution sans procès de Fanny Kaplan après sa tentative manquée d’assassiner Lénine.

    -17 mars 1921 : L’Armée Rouge commandé par Trotski écrase la Révolte de Kronstadt.

    -Révolte de Tambov (1920-1921) : Le régime bolchevik élimine la paysannerie à l’aide d’armes chimiques. Les survivants sont déportés dans sept camps de concentration. Quarante-trois autres seront établis du vivant de Lénine.

    -1921 : L'Armée rouge envahit la Géorgie.

    -1922 : Massacre de huit mille membres du Clergé orthodoxe.

    -21 janvier 1924 : Mort de Lénine, début de la résistible ascension de Joseph Staline, son « exécuteur testamentaire ».

    I :
    Lénine est coupable, et a été jugé par l’Histoire. Ceci n’est rien de plus qu’un procès posthume.

    II :
    A chaque fois que Lénine dérape sur une question théorique sérieuse, il prend peur et se réfugie dans le confort lamentable de l’abstraction.

    « L'État pourra s'éteindre complètement […] quand les hommes […] travailleront volontairement selon leurs capacités » (L’État et la Révolution).

    Mais aucun principe organisationnel ne vient clarifier comment un tel prodigue serait rendu possible.

    De même lorsqu’il s’agit de théoriser le rapport de la révolution à la violence, le chef des bolchevik ne fait que le vague souhait, brassant les imprécisions, que le développement du communisme de lui-même parvienne à éliminer « toute nécessité de recourir en général à la violence contre les hommes » (L’État et la Révolution). Et puisque qu’il s’agit du cas général, on fermera bien les yeux des multiples situations réelles particulières.

    Il y a, collés à ces imprécisions, l’odeur du sang de toutes les Russies.

    III :
    Le léninisme dérive des anti-lumières, en cela qu’il trace les limites de ce qui doit être ignoré. C’est donc une religion, un obscurantisme.

    « Quelle sera la rapidité de ce développement [des forces productives], quand aboutira-t-il à une rupture avec la division du travail, à la suppression de l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel, à la transformation du travail en "premier besoin vital", c'est ce que nous ne savons ni ne pouvons savoir. » (L’État et la Révolution).

    Ce que nous ne pouvons connaître à l’avance, c’est l’ensemble du processus historique. Prétendre le contraire revient à fonder un Institut d’État de psycho-histoire.

    IV :
    Quand nous écrivons que Lénine est un traître contre-révolutionnaire, nous voulons dire que cette trahison (vis-à-vis de la critique révolutionnaire en général, et de la théorie de Marx en particulier) est théorique avant d’être pratique –toute sa doctrine est fausse avant même que du sang soit versé sur son autel.

    V :
    Lénine est un adepte du cloisonnement qui n’a jamais été déplacé dans la moindre mafia, la moindre organisation terroriste.

    Il était profondément aveugle à la correspondance d’organisation entre la démocratie dans le travail (le conseil des travailleurs) et la démocratie politique réelle (le fédéralisme des Communes).

    « L’organisation d’un parti social-démocrate révolutionnaire doit nécessairement être d'un autre genre que l'organisation des ouvriers pour la lutte économique. » (Que Faire ?)

    VI :
    « Quand il y aura la liberté, il n'y aura plus d'Etat. » (L’État et la Révolution)

    Lénine s’est résigné à construire une société sans liberté. Nous ne voulons avoir aucun espèce de rapport avec les résignés –hormis le mépris.

    VII :
    « La société tout entière ne sera plus qu'un seul bureau. » (L’État et la Révolution).

    Le léninisme a aujourd’hui réussi au-delà de toutes ses espérances.

    Ce qui n’est pas suffisamment indigeste pour éviter d’être absorbé dans le spectacle existant n’est aucunement révolutionnaire, ni acceptable.

    VIII :
    « La foule […] malheureusement, ne nous demande pas ou nous demande très rarement quand et comment il faut ouvrir les hostilités. » (Que Faire ?)

    Elle est lucide, c’est-à-dire qu’elle voit le danger réel.

    IX :
    Pour Lénine, « Qui ne travaille pas ne doit pas manger » est un « principe socialiste ». Les néolibéraux, avec leur « minimum vital », paraissent étonnamment humanistes en comparaison.

    Nous désapprouvons radicalement cette conception abâtardie.

    X :
    « Diriger le mouvement tout entier. » (Que Faire ?) Telle fut la grande obsession de Lénine, sa passion –Il fut incapable de mieux, et les attentats contre le Tsar sont en comparaison preuves de génie, aussi insuffisants soient-ils.

    XI :
    « Cette discipline "d'atelier" que le prolétariat, après avoir vaincu les capitalistes et renversé les exploiteurs, étendra à toute la société n'est nullement notre idéal ni notre but final; c'est seulement un échelon nécessaire. » (L’État et la Révolution).

    C’est un sophisme que de prétendre tyranniser les gens (ou restreindre leur liberté de quelque manière imaginable) pour faire leur bien, immédiatement ou ultérieurement. Ce qui est faux a un moment ne devient pas vrai ensuite (sauf à changer dialectiquement, mais alors, ça n’a jamais été « faux ») –et toutes les tortures de la salle 101 ne nous ferons pas dire que le blanc est noir et que le noir est blanc.

    XII :
    Lénine est incapable de s’en tenir à de simples mesures d’exclusion –la violence est sa méthode pratique première.

    « Pour se débarrasser d'un membre indigne, une organisation de révolutionnaires véritables ne reculera devant aucun moyen. » (Que Faire ?).

    Méthode pratique en cela qu’elle matérialise le pouvoir de l’autorité affirmée comme nécessaire dans la théorie. L’autorité ne peut pas exister réellement sans la maîtrise d’une sanction. Mais comme la vengeance ne s’avère jamais une nécessité pratique, la théorie échoue à se valider dialectiquement et ne peut survivre qu’en tant qu’idéologie –et, si les moyens techniques du pouvoir sont suffisants, comme spectacle.

    XIII :
    Soyons justes, Lénine n’a pas en permanence nié que le « Parti est en minorité et ne constitue pour le moment qu'une faible minorité, dans la plupart des Soviets des députés ouvriers » (Thèses d’avril). Mais dans son esprit, la position de minorité ne délégitimait pas le Parti pour sa prise du pouvoir. La tyrannie de la minorité n’a été que la préfiguration de toutes les autres tyrannies.

    Refusant le compromis avec n’importe quelle autre formation révolutionnaire (et même avec d’autres bolcheviks), l’extrémisme de Lénine ne pouvait l’amener autre part que dans la confusion idéologique entre les intérêts du Parti (dirigé par lui), et ceux des soviets démocratiques (dont le contrôle lui a échappé jusqu’à leur mort en tant que soviets).

    XIV :
    L’intelligence, chez autrui, dérangeait toujours Lénine.

    « Les ouvriers, avons-nous dit, ne pouvaient pas avoir encore la conscience […] Celle-ci ne pouvait leur venir que du dehors. » (Que Faire ?)

    Le léninisme est remarquable en cela qu’il s’agit d’une des premières doctrines théorisant la nécessité d’avoir des maîtres pour apprendre à se passer des maîtres. S’il était né dans le mouvement anarchiste, il aurait été la première théorie anarchiste à inventer l’autorité. A la place, il s’est contenté de jeter le plus noir des discrédits sur le socialisme pour un siècle ou davantage.

    XV :
    « La formation de chefs de parti expérimentés et influents est chose longue, difficile. » (Lettre aux communistes allemands, 14 août 1921).

    Chez les équidés, veiller à la pureté de la lignée est aussi œuvre de patience.

    XVI :
    La meilleure réfutation de tout le léninisme a été la contradiction frappante de sa théorie d’avec sa pratique. Lénine n’a cessé, en discours, de proposer l’inverse de ce qu’il s’est empressé de faire, le pouvoir pris. L’élaboration théorique de la « Suppression de la police, de l'armée » (Thèses d’avril) est une chose dont tout le siècle attendra en vain la réalisation pratique.

    XVII :
    « Plus la démocratie est complète, et plus proche est le moment où elle deviendra superflue. » (L’État et la Révolution).

    Lénine se droguait.

    XVIII :
    « Je ne puis pas ne pas nourrir une certaine méfiance envers ceux qui sont venus au bolchevisme seulement après sa victoire en Russie » (Lettre aux communistes allemands, 14 août 1921).

    Le pouvoir ne se partage pas.

    XIX :
    Lénine n’eut de cesse que de fustiger ceux et celles qui « semaient la méfiance à l'égard des chefs. » (Que Faire ?)

    La contre-révolution s’est préparée de longue date.

    XX :
    « Se soustraire à cet enregistrement et à ce contrôle exercé […] sera à coup sûr d'une difficulté si incroyable et d'une si exceptionnelle rareté, cela entraînera vraisemblablement un châtiment si prompt et si rude […] que la nécessité d'observer les règles, simples mais essentielles, de toute société humaine deviendra très vite une habitude. » (L’État et la Révolution).

    Outre son caractère particulièrement immonde, ce vieil adage est tout simplement faux. L’Empire ancien de Chine prétendait, par des décapitations publiques et mille autres infamies, susciter chez ses sujets une obéissance organique aux lois –en pure perte.

    La loi la moins bafouée –qui est aussi la moins mauvaise- est celle qu’on a librement choisi de suivre, parce qu’on l’a élaborée soi-même.

    XXI :
    Le léninisme a été historiquement instructif dans la mesure où il a été un champ de mines dont on peut désormais s’éloigner pour reprendre notre cheminement.

    XXII :
    Lénine était l’ennemi de la démocratie véritable.

    « L'ouvrage des époux Webb sur les trade-unions anglaises renferme un curieux chapitre sur la “démocratie primitive”. Les auteurs y racontent que les ouvriers anglais, dans la première période d'existence de leurs unions, considéraient comme une condition nécessaire de la démocratie la participation de tous les membres à tous les détails de l'administration: non seulement toutes les questions étaient résolues par le vote de tous les membres, mais les fonctions mêmes étaient exercées par tous les membres à tour de rôle. Il fallut une longue expérience historique pour que les ouvriers comprissent l'absurdité d'une telle conception de la démocratie et la nécessité d'institutions représentatives d'une part, et de fonctionnaires professionnels de l'autre. » (Que Faire ?).

    Est primitif ce qui inflige le plus de souffrance et exerce la plus grande contrainte –en la matière, la dictature bolchevik représente un exemple presque sans équivalent dans l’Histoire.

    XXIII :
    Lénine était un monothéiste de la pire espèce –l’espèce des fanatiques. Il lui tardait d’en finir avec n’importe quelle forme de la pensée.

    « Notre parti ne fait encore que se constituer, qu'élaborer sa physionomie et il est loin d'en avoir fini avec les autres tendances de la pensée révolutionnaire, qui menacent de détourner le mouvement du droit chemin. » (Que Faire ?)

    Il était en outre d’un puritanisme étrange, très calviniste. Il faut aimer très peu la vie pour dire (écrivant à Gorki) : « les mœurs légères des français sont un danger pour les russes, elles les contaminent. »

    XXIV :
    « L'avènement de la phase supérieure du communisme […] suppose […] la disparition de l'homme moyen d'aujourd'hui capable […] de gaspiller "à plaisir" les richesses publiques et d'exiger l'impossible. » (L’État et la Révolution).

    Si c’est cela le communisme, alors c’est une pauvreté qui ne mérite pas la moindre attention. Il n’y a même pas matière à plaisanterie.

    On ne voit guère qu’elle est cette abstraction de l’homme moyen que Lénine essai de décrier (il n’a jamais eu le moindre talent pour tourner en dérision ses adversaires), ni pourquoi il faudrait souhaiter la disparition (réalisé en pratique par le GOULAG ?) aujourd’hui plutôt qu’hier ou demain. Certes, beaucoup trop de gens s’affairent partout à gaspiller la richesse publique, mais on aurait pu penser que ce problème tomberait en même temps que l’État. Lénine préfère maintenir l’existence du gaspillage pour en dénoncer les méfaits –exception faite des balles.

    Quand à exiger l’impossible, un révolutionnaire conséquent comprend intuitivement qu’il s’agit de la condition première de la négation de l’existant et de la révolution de la vie quotidienne.

    XXV :
    La métaphysique léniniste a toujours valeur d’absolu, d’interdiction.

    « Les talents ne surgissent pas par centaines » (Que Faire ?) signifie seulement : Il ne faut pas, nous n’autoriserons pas les talents à se délivrer.

    La médiocrité organisée a toujours été le point d’appui de tout gouvernement.

    XXVI :
    Lénine n’a jamais écrit que des traités de mathématiques. C’est un Hobbesien. Nous n’avons guère meilleure critique à lui faire.

    XXVII :
    « Une classe opprimée qui ne s'efforcerait pas d'apprendre à manier les armes, de posséder des armes, ne mériterait que d'être traitée en esclave. » (Le Programme Militaire de la Révolution Prolétarienne).

    Les bolcheviks ont à ce point privé le prolétariat de l’URSS du moindre armement que la tentative de récupérer les canons de Montmartre passerait, en comparaison, pour un détail de l’Histoire.

    XXVIII :
    « Depuis la fin de 1918, le développement du mouvement ouvrier révolutionnaire en Allemagne a suivi une voie si pénible, si douloureuse. Mais ce mouvement est toujours allé et continue d'aller de l'avant. » (Lettre aux communistes allemands, 14 août 1921).

    Il n’y a pas eu de phénix en Allemagne. Les gens meurent, et ils ne ressuscitent pas.

    XXIX :
    « Par liberté de la presse, la bourgeoisie entendait la liberté pour les riches de publier des journaux, pour les capitalistes de mettre la main sur la presse, mainmise qui conduisait en fait partout, dans tous les pays, sans en excepter les plus libres, à la vénalité de la presse.

    Par liberté de la presse, le gouvernement ouvrier et paysan entend la libération de la presse du joug du capital, la transformation en propriété de l'Etat des papeteries et des imprimeries. » (Projet de résolution sur la liberté de la presse).

    Ce qui est propriété de l’État est sous le contrôle de l’État.

    XXX :
    Dès qu’il pointe la lutte entre « idéologie bourgeoise ou idéologie socialiste » (Que Faire ?), Lénine montre sa méconnaissance la plus absolue du concept d’idéologie.

    XXXI :
    « Aussi n'avons-nous le droit de parler que de l'extinction inévitable de l'Etat. » (L’État et la Révolution).

    L’action pratique de Lénine s’est effectivement bornée à parler –puis à agir en contredisant les principes théoriques du marxisme. Puis à nier la contradiction. Puis à mourir, des suites de la balle d’un assassin ayant mise quelques délais à attendre son but.

    XXXII :
    Écrire très sérieusement, et même avec un certain enthousiasme, qu’on peut « résoudre théoriquement les questions par avance » (Que Faire ?), c’est avouer le refus cynique et débile de la dialectique entre la théorie et de la pratique.

    La praxis révolutionnaire ne peut pas « prétendre d'avance à l'infaillibilité » (Rosa Luxembourg, Centralisme et Démocratie).

    Pour Lénine, (tout comme l’a affirmé de manière savoureuse un économiste néolibéral), s’il y a contradiction entre la théorie et la réalité, c’est la réalité qui est fausse, pas la théorie.

    Le léniniste est homme de foi.

    XXXIII :
    Le bolchevisme était le retour de la tyrannie de la minorité –mais sous des bannières neuves.

    Trotski, qui était apparemment moins con lors du deuxième congrès du POSDR de 1903 (à Londres), qu’en 1917, a écrit après ce congrès une chose qu’il a ensuite férocement dissimulée :

    « Les idées de Lénine sont extrêmement dangereuses, parce que soi-disant c’est la dictature du prolétariat : en fait ça ne sera que la dictature du comité central ; à l’intérieur du comité central, ça sera la dictature d’un petit groupe de gens, et peut-être même que se substituera à ce bureau politique un seul homme. »

    Comme tu dis LÉON !  
     
    XXXIV :
    La « Nationalisation de toutes les terres » (Thèses d’avril) signifie le droit pour la paysannerie d’aller se faire exploiter au nom de l’ « État ouvrier ». C’est l’inverse de l’expropriation des expropriateurs. La paysannerie russe ne s’est pas trompé en combattant avec la rage du désespoir le pouvoir bolchevik.

    Les nationalisations, pour qui observe même superficiellement l’Histoire, n’ont presque jamais mené à rien, parce que la domination de la classe bureaucrate n’est en rien un progrès comparé à la domination bourgeoise.

    XXXV :
    Lénine n’est retourné en Russie que par décision de l’Empire allemand souhaitant partiellement stopper la guerre. Cela est évident, même pour la plus médiocre des intelligences, qu’il est l’allié objectif de l’impérialisme allemand –et ensuite des autres.

    Nous ne croyons pas le mot de Gorki selon lequel « les erreurs de Lénine sont les erreurs d’un homme honnête ».

    Les erreurs de la conscience sont des crimes, remarquait Saint-Just.

    XXXVI :
    « Ce n'est pas le travail qui manque. » (Lettre aux communistes allemands, 14 août 1921).

    Sept mots qui résument avec concision la déroute du léninisme, son incapacité à libérer les loisirs réellement ludiques.

    XXXVII :
    Lénine est l’ennemi de la Commune dont il se réclame, tout comme Jésus de Nazareth a subverti le judaïsme en prétendant l’expliquer.

    XXXVIII :
    « Le passage du pouvoir d'une classe à une autre est le caractère premier, principal, fondamental, d'une révolution, tant au sens strictement scientifique qu'au sens politique et pratique du mot. » (Lettres sur la tactique).

    Le caractère révolutionnaire d’une situation préhistorique (précédant le début de l’Histoire réelle) tient tout entier dans la suppression des classes sociales et du pouvoir.

    XXXIX :
    Je ne traite pas des aspects progressistes de Lénine, parce qu’il s’est contenté de reprendre son vernis d’illusionniste aux plus vives sources. Les totalitarismes du XXème ont manqués, eux aussi, de créativité en cela que tout était déjà là, sur la neige rouge de Russie.

    XL :
    Comme je l’ai fait ressortir plus haut, Lénine n’était pas dialecticien.

    Dans son idée, la lutte des classes ne commencent qu’avec une résistance consciente et efficace du prolétariat –et pas avant. La lutte des classes serait donc une initiative des classes dominées !

    « Les grèves systématiques étaient déjà des embryons - mais rien que des embryons - de la lutte de classe. » (Que Faire ?).

    XLI :
    Il réalisa la « convocation aussi prompte que possible de l'Assemblée constituante » pour la dissoudre ensuite –mais Rosa Luxembourg a déjà dit ce qu’il y avait à dire de cette trahison prévisible.

    XLII :
    Lénine danse dans la neige pour chasser en vain le sang qu’il a sur les mains.

    XLIII :
    « Je ne cours pas après les qualifications. » (Que Faire ?)

    Le connexionnisme du capitalisme tardif non plus.

    XLIV :
    Le léninisme était une sorte de mélange bâtard entre voltairisme et blanquisme. Il avait soixante-dix à cent ans de retard sur le développement de la théorie révolutionnaire de son temps.

    Dans la théorie léniniste, les insuffisantes du mouvement révolutionnaire sont principalement à résoudre en passant « des mauvais dirigeants aux bons dirigeants » (Que Faire ?)

    Nous n’accepterons aucun dirigeant, bon ou mauvais. Nous allons en terminer avec les despotes éclairés.

    XLV :
    Les bolcheviks se sont bien gardés de supprimer la moindre représentation, qu’elle soit artistique ou politique (le Parti comme représentation fantasmée du prolétariat). Ils n’ont fait que lui retirer sa légitimation parlementaire pour rétablir une franche dictature. Les moyens de communication ont été étatisés mais nullement libérés.

    « Le Commissariat du Peuple à l'Instruction doit organiser et systématiser le contrôle de toutes les représentations. » (Directives sur le cinéma, 17 janvier 1922).

    XLVI :
    « Un marxiste doit, pour juger une situation, se fonder sur le réel et non sur le possible. » (Lettres sur la tactique).

    Un bon léniniste ignore l’un et l’autre –ou est déjà autre chose.

    XLVII :
    « Nous pouvons dire tout à fait fermement que nous sommes déjà en mesure d'arrêter notre retraite et que nous l'arrêtons. » (Les Tâches actuelles de la Russie des Soviets, 6 mars 1922).

    Le léninisme est en déroute depuis plus de cent ans. Ses victoires sont encore plus accablantes que ses défaites, et parlent contre lui.

    XLVIII :
    On nous dit que la faim de pouvoir n’a pas cours chez Lénine, parce qu’il vivait en ascète, mais la chose est vraie aussi pour Salazar.

    L’ascétisme, la détermination, la patience ne sont pas des arguments.

    XLIX :
    S’il y a chef, c’est qu’il n’y a pas révolution.

    L :
    Lénine conserve en pratique (violant le discours théorique) la police et l’État, le prolétariat séparé du pouvoir et le pouvoir de la classe bureaucratique séparée.

    « Je défends […] un Etat sans armée permanente, sans police opposée au peuple, sans fonctionnaires placés au-dessus du peuple. » (Lettres sur la tactique).

    Il y a donc le peuple et les fonctionnaires –le but est déjà manqué.

    Pour ce qui est de la fin de l’armée permanente, la farce est complète.

    LI :
    L’observation concrète montre que Lénine ne dit pas tout ce qu’il défend et ne défend pas tout ce qu’il dit.


    LII :
    « Nos représentants ont eu tort, j'en suis convaincu, de souscrire aux deux conditions suivantes :

    Que le pouvoir des Soviets n'applique pas la peine de mort dans l'affaire des 47 socialistes-révolutionnaires. » ( Nous avons payés trop cher, 9 avril 1922).

    Quand Lénine ne pouvait faire assassiner à distance, il en ressentait une telle contrarié que la seule échappatoire était pour lui d’accabler de paroles ses confrères exécuteurs. Toutes les hésitations devant le meurtre était nécessairement des « concessions politiques faites par le prolétariat révolutionnaire à la bourgeoisie réactionnaire »

    La dignité de la vie humaine est intraduisible dans la novlangue du bolchevisme.

    LIII :
    « Notre tâche […] est de combattre la spontanéité » (Que Faire ?)

    Aucune classe sociale, pas même la paysannerie la plus traditionnaliste, n’est  aussi hostile à la spontanéité que ne l’est la bureaucratie. Lénine fut à la bureaucratie ce que Voltaire et Montesquieu furent à la bourgeoise ascendante.

    LIV :
    Octobre fut un coup d’État (terme impropre tant le pouvoir est tombé comme un fruit mûr prêt à être détruit –ce qu’il ne fût pas) doublé d’une mascarade.

    LV :
    Lénine se ment à lui-même. Lorsqu’il s’interroge abstraitement « Quel était l'Etat qu'elle [La Commune] avait commencé de fonder ? » (L’État et la Révolution), seule une pratique studieuse de la double-pensée lui permet d’oublier que la réponse est « Aucun ».


    LVI :
    « Mieux. Il est même impossible d'instaurer «immédiatement» en Russie un «Etat-Commune» (c'est-à-dire un Etat organisé sur le type de la Commune de Paris), car il faut pour cela que la majorité des députés de tous les Soviets (ou de la plupart d'entre eux) prenne nettement conscience du caractère foncièrement erroné et préjudiciable de la tactique et de la politique des socialistes-révolutionnaires, des Tchkhéidzé, Tsérétéli, Stéklov et consorts. » (Lettres sur la tactique).

    Premièrement, « État-Commune » est un oxymore.

    Ensuite, l’adhésion ou la non-adhésion à une forme fédérale (d’échelle nationale par exemple) d’un nombre quelconque de Conseils est absolument indifférente à la réussite de la Révolution –dès lors que les Conseils fonctionnent réellement comme des Conseils, le courant d’opinion qui y prédomine est absolument secondaire (à l’extrême limite, on peut s’en méfier s’il s’agit d’un courant léniniste ou partisan du rétablissement de l’État).

    LVII :
    « D’après Lénine, le « matérialisme » accepte la théorie de Newton qui repose sur l'affirmation qu'il existe un temps absolu et un espace absolu.
    […] Einstein réussit à détruire la notion de temps absolu et à démontrer la relativité du temps. » (Anton Pannekoek, Lénine philosophe, 1938).

    Lénine est facile à réfuter –il suffit de le lire, malgré le déplaisir immédiat qui en résulte.

    Cette réfutation nous a occupé en pratique seulement quatre jours. C’est dire l’insignifiance historique absolue de l’objet étudié.

    LVIII :
    « En attendant l'avènement de la phase "supérieure"" du communisme, les socialistes réclament de la société et de l'Etat qu'ils exercent le contrôle le plus rigoureux, sur la mesure de travail et la mesure de consommation. » (L’État et la Révolution).

    On peut aussi attendre le Messie, quoi que le délai n’en soit pas raccourci.

    Nietzsche souriait sans doute en écrivant que la réclame est acte de ressentiment –comme nous en cet instant.

    Les révolutionnaires ne réclament rien de l’État –ils agissent pour le supprimer.

    LIX :
    Lénine avec Plekhanov, Platon avec Socrate –les disciples n’ont pas dépassé les maîtres, et pas même eu la décence de faire du sur-place.

    LX :
    Lénine n’a su imaginer que des interdictions –c’est ce qui le rend universel.

    « L'Etat prolétarien ne peut, sans changer de nature, permettre la liberté du commerce. » (Projet de thèses sur le rôle et les tâches des syndicats dans les conditions de la nouvelle politique économique, 4 janvier 1922).

    LXI :
    « Les anarchistes ont essayé de présenter précisément la Commune de Paris comme une chose, pour ainsi dire, "à eux", qui confirmait leur doctrine. » (L’État et la Révolution).

    C’est parce qu’ils sont honnêtes –si Lénine l’avait été, il aurait expliqué sa théorie comme le contraire de la Commune –mais il ne l’a pas fait, par opportunisme, sachant qu’il aurait été trop difficile de leurrer autrui sur cette base.

    LXII :
    Lénine est un vampire en ce sens qu’il emploi des termes qu’il vide de leurs contenus. Par exemple, il ne peut pas y avoir de « démocratie prolétarienne » (sauf si on cherche à faire une plaisanterie), parce que la démocratie n’est possible qu’une fois aboli le prolétariat.

    La « démocratie des classes opprimées » (L’État et la Révolution) est une contradiction en soi.

    LXIII :
    « Notre mouvement est encore dans son enfance, et pour hâter sa virilité, il doit justement se cuirasser d'intolérance. » (Que Faire ?)

    Tous les écris de Lénine sont imprégnés de violence gratuite. Il était capable d’écrire « le matériel humain dont nous disposons » (Mieux vaut moins mais mieux, 2 mars 1923) –comme si l’humain pouvait être mis à la disposition de qui que ce soit !

    Les capitalistes de notre temps utilisent la formule abjecte de ressources humaines.

    LXIV :
    Si on avait donné à Lénine une épée, il l’aurait tenu par le tranchant et non par la poignée, pour faire couler plus de sang –et par bêtise.

    LXV :
    « La démocratie n'est nullement une limite que l'on ne saurait franchir. » (L’État et la Révolution).

    La démocratie est ce que Lénine n’a pas atteint –ne pouvait pas atteindre avec des bases théoriques aussi faussées, a fortiori avec une pratique aussi fourvoyée.

    LXVI :
    « Démocratie veut dire égalité » (L’État et la Révolution).

    Les synonymes n’existent pas, en politique moins qu’en peinture.

    La démocratie, déjà impossible dans une société de classe, ne résout pas le problème théorique/pratique de la tyrannie de la majorité.

    La Démodunamie implique liberté, réciprocité et proportionnalité. « A chacun selon ses besoins, sans contrainte. »

    LXVII :
    « Nous, révolutionnaires de profession, nous devons cent fois plus nous occuper et nous nous occuperons de cette “stimulation”. » (Que Faire ?)

    Il n’y a rien d’étonnant à ce que la stimulation débouche sur le simulacre, qu’elle complète.

    LVXVIII :
    Toute l’histoire moderne jusqu’à nos jours n’a été que le préambule à la révolution à tenter –celle que les bolcheviks ont empêché.

    LXIX :
    « L'intérêt principal et fondamental du prolétariat après la conquête du pouvoir est d'accroître la quantité de produits. » (Projet de thèses sur le rôle et les tâches des syndicats dans les conditions de la nouvelle politique économique, 4 janvier 1922).

    L’intérêt du prolétariat après la conquête du pouvoir est d’en réaliser la suppression immédiate pour réaliser l’accroissement de la qualité de la vie quotidienne, incluant son autodissolution en tant que prolétariat.

    LXX :
    Lénine, en tant que plus grand théoricien de l’autorité depuis Hobbes, croit voir un « esprit révolutionnaire démocratique » dans le christianisme primitif (L’État et la Révolution). Il désigne probablement par-là le caractère reposant de la soumission au chef éclairé, l’apôtre.

    La stupidité est certes reposante, mais l’excès de repos nuit. Le repos suprême, c'est la mort.

    LXXI :
    Parce qu’ils avaient instantanément perçu le renforcement de la domination de la classe bureaucratique de l’État en Russie, les socialistes-révolutionnaires et les anarchistes furent les premiers à tomber sous les coups du pouvoir bolchevik.

    LXXII :
    « La centralisation des fonctions les plus conspiratives par l'organisation des révolutionnaires » (Que Faire ?) fut le dernier avatar de la spécialisation et de la division du travail dont que tout le projet révolutionnaire depuis Marx avait identifié comme ses ennemis fondamentaux.

    LXXIII :
    Lénine est partisan de « l'égalité du salaire » (L’État et la Révolution).

    Nous sommes partisans de la satisfaction en proportion des besoins (principe de communauté) et de l’inégale satisfaction dans le superflu (principe d’individualité).

    Nul n’a droit au superflu tant que certains manquent du nécessaire. Nul ne peut être privé du superflu dès lors que le nécessaire est fourni à tous.

    La Démodunamie (de Dunamis, la puissance, contre cratos, le pouvoir) est la réconciliation de l’intérêt individuel et de l’intérêt commun en dehors de la contrainte.

    Le communisme tel que le voulait  Lénine est atteignable et non souhaitable –il a déjà été atteint historiquement, il est dépassé (du point de vue révolutionnaire) par sa propre faillite pratique (qui elle-même découle logiquement de l’échec théorique).

    LXXIV :
    Lénine voulait que le pouvoir d’État fut réduit (et non supprimé…) « à de si simples opérations d'enregistrement, d'inscription, de contrôle » (L’État et la Révolution) –et la bureaucratie a fidèlement accompli les prédilections.

    Débarrassé de sa dimension sociale, et entraîné par la hausse tendancielle de la privatisation des fonctions répressives, l’État capitalisme moderne s’orne de la faucille et du marteau.

    Laquais de tous les pouvoirs, copiez-vous !

    LXXV :
    « Dans les Soviets, messieurs les ministres "socialistes" dupent les moujiks crédules par leur phraséologie et leurs résolutions. » (L’État et la Révolution).

    Lénine a traité le peuple comme un enfant sénile, écrasant les soviets pour leur éviter de se tromper. On ne voit pas en quoi il innove sur Louis XIV ou Caligula – Oderint, dum metuant.

    LXXVI :
    L’ « électivité et révocabilité de tous les fonctionnaires sans exception » est quelque chose que la Russie ne connut point.

    Mais comment s’étonner qu’une organisation de persécutés du tsarisme, centralisée et hiérarchique, ne fusionne pas, par symbiose, avec l’appareil d’État, par excellence centralisé et autoritaire ? Il y a des petites manies dont les policiers ne se défont jamais.

    LXXVII :
    La « nécessité d'une instance supérieure » (Projet de thèses sur le rôle et les tâches des syndicats dans les conditions de la nouvelle politique économique, 4 janvier 1922) est la divinité de tous les monarchistes, de tous les étatistes depuis la nuit des temps. Elle est la négation théorique première de la possibilité même d’une révolution, qui implique l’organisation de la décision au niveau le plus restreint (le conseil d’usine), puis le fédéralisme.

    Le léninisme a contraint la théorie critique à marcher sur la tête.

    LXXVIII :
    Lénine ne s’est pas contenté de tuer dans l’urgence pour obtenir la paix avec l’Empire Allemand. Il a continué à tuer. C’est lorsque l’effort de guerre s’interrompit que les grandes purges commencèrent, faute d’ennemis extérieurs.

    LXXIX :
    « L'Etat qui réalise le passage du capitalisme au socialisme a pour base de classe le prolétariat. » (Projet de thèses sur le rôle et les tâches des syndicats dans les conditions de la nouvelle politique économique, 4 janvier 1922).

    La persistance de l’État nécessite la persistance de la bureaucratie en tant que classe séparée, et celle du prolétariat en tant que classe exploitée finançant le maintien de la séparation.

    LXXX :
    « Nous avons compromis le prestige des révolutionnaires en Russie : c'est la nôtre pêché capital en matière d'organisation. » (Que Faire ?).

    Lénine aurait raffolé de la télévision. Il fut sans doute la première marchandise spectaculaire, ce qui est passablement ironique de la part d’un homme à ce point attaché à la destruction des églises. Mais l’idéologie léniniste n’est pas du genre à éclater sous la pression de ses propres contradictions.

    LXXXI :
    Lénine est entièrement dépourvu du moindre sens de l’humour. Même son insignifiance historique ne nous amuse pas. Il n’a été qu’un «pitoyable manœuvrier ».

    LXXXII :
    « Il faut épurer le Parti, le débarrasser des éléments qui perdent le contact avec la masse. » (Sur l'épuration du Parti, 20 septembre 1921).

    On peut à bon droit se scandaliser, sous le parlementarisme bourgeois, que les élus ne tiennent pas leurs promesses qui les ont fait élire.

    On peut surtout rendre absurde et préhistorique l’un et l’autre problème –par la délégation révocable.

    LXXXIII :
    « Mort à quiconque ne se courbe point. » Le léninisme ne fut rien de plus que l’application politique du mot de Sacher-Masoch. Articulation entre le 19ème et le 20ème siècle, il est le germe et l’inspirateur de tout le totalitarisme, la réponse différée et stupide du massacre de la Commune par d’autres massacres –à l’aveugle et au préjugé.

    LXXXIV :
    « Le problème de l'Etat est un des plus complexes, un des plus difficiles qui soit » (De l'Etat).

    Lénine se flattait d’avoir affaire à des problèmes compliqués. La solution au problème de l’État est simple –abolition.

    LXXXV :
    Ce n’est pas le « siège régulier de la forteresse ennemie » (Que Faire ?) qui a rendu le Parti éternel, c’est le Parti non-supprimé qui a rendu nécessaire la fausse existence de l’Ennemi Perpétuel.

    LXXXVI :
    Le léninisme fut simultanément la tragédie et la farce.

    LXXXVII :
    La Commune de 1871 ne fut pas une « dictature du prolétariat », ainsi que l’affirme Lénine. Elle ne fut pas non plus  un « gouvernement de la classe ouvrière » (Marx).

    Parce qu’elle était une puissance et non un pouvoir, la Commune ne s’est jamais abaissée à contraindre ceux qui ne voulait rien avoir à faire avec elle, et n’a fonctionné que par le dévouement –non du prolétariat- mais du peuple parisien procédant à l’abolition pratique de la division de classe dans la vie quotidienne. Elle fut le contraire d’un État et ne périt point comme périssent les États –par la signature de redditions.

    Trotsky croyait décrier l’Armée Rouge en se plaignant que, comme lors de la Commune, on refusait d’aller se battre. Mais il ne serait pas venu à l’idée des révolutionnaires de 1871 de se doter de cadres supérieurs, a fortiori en les choisissant parmi des tsaristes convertis de fraîche date. Voilà pour le « génie stratégique » du bolchévisme.

    Le bolchévisme repose sur la justification idéologique que l’on peut faire le bien des gens contre eux –ceci pour la signification historique de la Tcheka.

    LXXXVIII :
    Lénine nous ennui.

    LXXXIX :
    « La démocratie est une forme de l'Etat, une de ses variétés. » (L’État et la Révolution).

    La démocratie est incompatible avec l’État, elle est son contraire, sa négation en actes (parce que toute gestion de l’appareil d’État exige le développement d’une classe spécialisée).

    Il n’y a pas, il n’y aurait jamais, de « machine d'Etat plus démocratique ».

    XC :
    Les bolcheviks se sont retrouvés soudain maîtres des villes et dépourvus de la moindre notion de logistique et d’approvisionnement alimentaire. Ils se sont élancés, en barbares, pour piller les campagnes et exploiter la paysannerie qui auraient pu attendre longtemps du centralisme « démocratique » une réponse à ses protestations.

    Les cités des fourmis fonctionnent de même envers les pucerons –et leur coupent les ailes pour qu’ils ne s’envolent pas.

    XCI :
    « La IIIe Internationale, l'Internationale communiste, est une œuvre inébranlable. » (Conquis et consacré).

    On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve –et le devenir de tout fleuve est de se diluer dans l’océan !

    XCII :
    La « réponse tout à fait abstraite » (L’État et la Révolution) au devenir de l’État n’est pas celle du Manifeste Communiste.

    La réponse pratique du léninisme, non contente de contredire jusqu’à sa propre théorie (relevant du même coup partiellement le caractère idéologique de cette théorie fausse), n’a même plus le mauvais alibi de l’agression extérieure (que pouvait avoir la Terreur lors de la Révolution Française) pour se dédouaner du meurtre de masse.

    XCIII :
    Lénine est le vrai nom de la Mort.

    XCIV :
    « Enregistrement et contrôle, tel est l'essentiel » (L’État et la Révolution).

    Arbeit macht frei

    XCV :
    Charles Rappoport avait tort lorsqu’il a accusé Lénine et Trotski d’avoir fusillé Marx.

    Ils l’ont crucifié.

    XCVI :
    « Si en Russie […] l'anarchisme n'a exercé qu'une influence relativement insignifiante au cours des deux révolutions (1905 et 1917) et pendant leur préparation, le mérite doit en être sans nul doute attribué en partie au bolchevisme, qui avait toujours soutenu la lutte la plus implacable et la plus intransigeante. » (La maladie infantile du communisme, le "gauchisme")

    On vous l’avait bien dit.

    XCVII :
    « Il se présente évidemment des cas isolés, exceptionnellement difficiles et complexes, où les plus grands efforts sont nécessaires pour bien déterminer le caractère véritable de tel ou tel "compromis", - de même qu'il est très difficile de décider, dans certains cas, si le meurtre était absolument légitime et même indispensable (par exemple, en cas de légitime défense), ou s'il est le résultat d'une négligence impardonnable, voire d'un plan perfide, habilement mis à exécution. » (La maladie infantile du communisme, le "gauchisme")

    Quand Lénine défend la légitime défense, on est forcé de conclure (sauf à envisager une négation supplémentaire de sa théorie…) que la Commune de Kronstadt représentait un danger mortel pour le régime au pouvoir –de fait, c’était –symboliquement- le cas.

    XCVIII :
    L’ « antithèse directe » (Marx) du pouvoir (bolchevik ou autre) fut et sera la Commune.

    XCIX :
    « On peut fort bien, après avoir renversé les capitalistes et les fonctionnaires, les remplacer aussitôt, du jour au lendemain » (L’État et la Révolution).

    On peut aussi bien s’épargner la peine de les remplacer –Sede Vacante.

    C :
    Lénine était analphabète. Il n’a pas eu accès aux Manuscrit de 1844 –les auraient-ils eu qu’il aurait été incapable de lire de gauche à droite.

    CI :
    « La Commune a été une dictature du prolétariat ; Marx et Engels lui ont reproché de n'avoir pas utilisé avec assez d'énergie sa force armée pour écraser la résistance des exploiteurs, et estimaient que c'était là une des causes de sa chute. » (Ceux qui sont effrayés par la faillite de l'ancien et ceux qui luttent pour le nouveau).

    La Commune fut le contraire d’une dictature, elle fut le processus d’autodissolution du prolétariat par lui-même au moyen de la réappropriation de la vie quotidienne.

    Entre les mains de Lénine, l’or de Marx se change en boue et la moindre petite erreur est gonflée jusqu’à prendre la forme de la catastrophe historique.

    Le marxisme-léninisme est un oxymore.

    CII :
    La Commune de 1871 est un soleil qui brille pour cent siècles. Aucun fait historique des deux derniers siècles (sauf peut-être la glorieuse Révolution Espagnole de 1936) ne la surpasse en termes de possibilités enfin réalisées.

    CIII :
    Lorsque « tous les citoyens se transforment en employés salariés de l'Etat » (L’État et la Révolution), ce n’est pas la société sans classe, mais la société bureaucratisée de part en part –hors aucune bureaucratie de l’univers ne peut se passer de la contrainte hiérarchique, et le régime bolchevik, heureusement impuissant à bureaucratiser absolument tout, n’a pas échappé à cette loi d’airain des organisations reproduisant la séparation existante.

    CIV :
    Quand Lénine est à court d’idées (soit la plupart du temps), et aussi à court de responsables à portée de fusils, les problèmes les plus divers sont nécessairement la faute des « puissances capitalistes de l'Europe occidentale » (La Pravda, 4 mars 1923), qu’on soit ou non en guerre avec elles.

    Lorsque cet argument revient trop souvent, il reste encore la botte secrète, le coup de l’ « insuffisance des forces productives » qui est censé justifier à chaque fois tous les échecs révolutionnaires (ou autres) depuis la bagatelle de deux cent années.

    CV :
    Lénine est au socialisme ce que Napoléon fut à la Révolution Française –un fossoyeur doublé d’un boucher.

    CVI :
    « Dans le domaine commercial, je déplore qu'on s'attaque trop peu à nous. » (Les Tâches actuelles de la Russie des Soviets, 6 mars 1922).
    Les léninistes seront attaqués sans relâche, dans tous les domaines et par tous les moyens –sauf si nous trouvons un jeu plus amusant, bien entendu.

    Et nous trouverons.

    CVII :
    Lénine a exigé « d'élever les manœuvriers au niveau des révolutionnaires. » (Que Faire ?). C’était son idéologie à lui.

    CVIII :
    Centralisme «démocratique » ne veut pas dire autre chose que concentration du pouvoir exercé sur le démos, le peuple.

    Nous savons que l’être humain n’a de comptes à rendre à quiconque, hormis sa conscience.

    Obéir n’est un acte libre qu’à condition de pouvoir à tout instant rompre et désobéir. L’obéissance n’a de valeur (comme marque de confiance) que sous réserve d’une possibilité réelle de rupture radicale. L’obéissance sous le fouet de la contrainte n’est pas approbation mais servitude, tyrannie…

    « Si l'autorité est une fonction technique spécialisée et non pas un « arbitraire » ou une obligation extrinsèque et extérieure, la discipline est un élément nécessaire de l'ordre démocratique, de la liberté. » (Gramsci)

    On voit que le léninisme (et Gramsci –moins que Lukàcs- verse à l’occasion dans le léninisme) n’est qu’une forme extrême du parlementarisme oligarchique bourgeois, c’est-à-dire une non-abolition de la séparation gouvernants/gouvernés. L’autorité du pouvoir est par définition illégitime.

    Une organisation non-démocratique, n’abolissant pas en elle-même toute spécialisation (par la rotation des mandataires, par l’appropriation et la création collective de la praxis) ne peut aboutir, si elle prend le pouvoir, qu’à la création d’une nouvelle société de classe.

    CIX :
    Lénine était un psychopathe assoiffé de violence et on cherchera en vain une trace de regrets pour ses crimes. En trouverait-on que ça n’excuserai rien.

    CX :
    Toute organisation révolutionnaire qui parvient à ébranler les bases du pouvoir doit se dissoudre en même temps que celui-ci.

    Il faut crever le Parti communiste.

    CXI :
    « Conformément au décret du Conseil des Commissaires du peuple, ratifié par le Comité exécutif central des Soviets, l'Assemblée constituante sera convoquée dès que la moitié de ses membres, soit 400, aura été enregistrée en bonne et due forme à la chancellerie du Palais de Tauride. » (A propos de la convocation de l'Assemblée constituante).

    Je retire ma précédente remarque –Lénine est capable d’un humour macabre.

    CXII :
    « Le manque de spécialisation […] est l'un des plus grands défauts de notre technique. » (Que Faire ?)

    La spécialisation est fondamentalement la cause de la contre-révolution. La centralisation du pouvoir n’est qu’un effet de la persistance du pouvoir lui-même, sa rationalité répressive.

    « La spécialisation présuppose nécessairement la centralisation; elle l'exige absolument. » (Que Faire ?)

    CXIII :
    Kronstadt ne fut pas une erreur mais une preuve.

    Ne pas tirer de leçons organisationnelles de l’expérience russe revient à vouloir conserver la théorie en passant outre l’épreuve du feu, le jugement de la pratique –donc à lâcher la dialectique pour l’idéologie. Ceci explique le siècle qui s’achève.  

    CXIV :
    Lorsque l’auteur de L’État et la Révolution  écrit avec morgue « Les anarchistes ont éludé en bloc la question des formes politiques », il ne dresse que le constat de sa propre ignorance. Cette médiocrité explique peut-être que tant de médiocres ont pu s’identifier à lui.

    CXV :
    Lénine n’est pas encore tout à fait mort –hélas.

    CXVI : Conclusion : Démodunamie ou barbarie.

    « La Commune, notamment, a démontré que la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre telle quelle la machine de l'Etat et de la faire fonctionner pour son propre compte. »
    -Karl Marx, préface de 1872 au Manifeste Communiste.

    « La Commune ne fut pas une révolution contre une forme quelconque de pouvoir d’État, légitimiste, constitutionnelle, républicaine ou impériale. Elle fut une révolution contre l’État comme tel, contre cet avorton monstrueux de la société (…) Elle ne fut pas une révolution ayant pour but de transférer le pouvoir d’État d’une fraction des classes dominantes à une autre mais une révolution tendant à détruire cette machine abjecte de la domination de classe
    -Karl Marx, Lettre à Louis Kugelmann, 17 avril 1871.

    « Alors même qu’il commande le bien, [L’État] le dessert et le gâte, précisément parce qu’il le commande, et que tout commandement provoque et suscite les révoltes légitimes de la liberté ; et parce que le bien, du moment qu’il est commandé, au point de vue de la vraie morale, de la morale humaine, non divine sans doute, au point de vue du respect humain et de la liberté, devient le mal
    -Bakounine, Dieu et l’État, 1907.

    « En accordant à l'organe directeur du Parti des pouvoirs si absolus d'un caractère négatif, comme le veut Lénine, on ne fait que renforcer jusqu’à un degré très dangereux le conservatisme naturellement inhérent à cet organe. Si la tactique du Parti est le fait non pas du Comité central, mais de l'ensemble du Parti ou - encore mieux - de l'ensemble du mouvement ouvrier il est évident qu'il faut aux sections et fédérations cette liberté d'action qui seule permettra d'utiliser toutes les ressources d'une situation et de développer leur initiative révolutionnaire. L'ultra-centralisme défendu par Lénine nous apparaît comme imprégné, non point d'un esprit positif et créateur, mais de l'esprit stérile du veilleur de nuit. Tout son souci tend à contrôler l'activité du Parti et non à la féconder; à rétrécir le mouvement plutôt qu'à le développer; à le juguler, non à l'unifier. […]

    Et, enfin, disons-le sans détours: les erreurs commises par un mouvement ouvrier vraiment révolutionnaire sont historiquement infiniment plus fécondes et plus précieuses que l'infaillibilité du meilleur « Comité central ».
    »
    -Rosa Luxembourg, Centralisme et démocratie.

    « Une multitude libre, en effet, est conduite par l’espérance plus que par la crainte ; une multitude subjuguée, au contraire, est conduite par la crainte plus que par l’espérance. Celle-là s’efforce de cultiver la vie, celle-ci ne cherche qu’à éviter la mort ; la première veut vivre pour elle-même, la seconde est contrainte de vivre pour le vainqueur ; c’est pourquoi nous disons de l’une qu’elle est libre et de l’autre qu’elle est esclave. »
    -Spinoza, Traité politique.

    « L’erreur sur l’organisation est l’erreur pratique centrale. »
    -La Véritable scission dans l’Internationale (1972).

    « Être marxiste aujourd’hui n’a de sens que si [cela] permet de comprendre le monde dans son évolution, et d’agir pour le transformer. C’est, plus que jamais, tenir compte des leçons de l’histoire. C’est reconnaître aussi que les actions […] menées par les partis révolutionnaires ont souvent abouti à des résultats bien différents de ceux qui étaient attendus. »
    -L’ontologie de l’être social et sa réception (2010).

    « Avec un principe faux la réalité est vite en désaccord. »
    -Aristote, Éthique à Nicomaque.

    « Pour le mouvement prolétarien, l'autocritique, une autocritique sans merci, cruelle, allant jusqu'au fond des choses, c'est l'air, la lumière sans lesquels il ne peut vivre. »
    -Rosa Luxembourg, La crise de la social-démocratie (1915).

    « Aussi longtemps que nous avons affaire à une société de classe –indépendamment de la période historique- la force de travail humaine est soumise à une exploitation ; l’unique différence est la forme qu’elle prend. »
    -Itsurō Sakisaka, L’exploitation du travail (1967).

    « Le bolchevisme repose sur l’hypothèse métaphysique suivante : le bien peut sortir du mal. »
    -Gyorgy Lukàcs, Le bolchevisme comme problème moral (1918).

    « Ce que le peuple n'accroît plus par la force de ses armes accroît la force de ceux qui le désarment. Le léninisme, c'est aussi la révolution expliquée à coups de fusil aux marins de Cronstadt et aux partisans de Makhno. Une idéologie. »
    -Raoul Vaneigem, La Révolution de la vie quotidienne (1967).

    « La société communiste ne peut être construite d'autorité, avec des lois et des décrets. »
    -Antonio Gramsci.

    « Le socialisme, d'après son essence même, ne peut être octroyé, introduit par décret. […]

    Lénine […] se trompe complètement […] décrets, puissance dictatoriale des directeurs d'usines, punitions draconiennes, règne de la terreur

    -Rosa Luxembourg, La Révolution russe, 1918.

    « Pourquoi en est-on arrivé là ? Comment notre Parti, mûri et trempé dans le combat révolutionnaire, a-t-il pu s'éloigner du droit chemin pour s'engager sur le sentier tortueux des compromis, que nous avions autrefois sévèrement condamnés comme opportunistes ?[…]

    La question est là : réaliserons-nous le communisme avec les ouvriers ou par-dessus leur tête, par les fonctionnaires des soviets ? Réfléchissons camarades, s'il est possible de construire une économie communiste en utilisant les moyens et les capacités créatrices des rejetons de l'autre classe, tout imprégnés de la routine du passé. Si nous pensons en marxistes […] nous répondrons catégoriquement et explicitement : « Non ! »

    […] Mais ils sont tous d'accord [Lénine, Trotsky, Zinoviev, Boukharine]  sur le fait que pour l'instant, la direction de la production doit se faire par-dessus la tête des ouvriers, par le moyen d'un système bureaucratique hérité du passé.


    […] La bureaucratie […] est une négation directe de l'activité autonome des masses. […]Une troisième personne décide de votre sort : voilà l'essence de la bureaucratie. »
    -Alexandra Kollontaï, L'Opposition Ouvrière (1921).

    « Si le léninisme ne se confond pas avec le stalinisme, il a ouvert la voie aux crimes contre la démocratie et contre les travailleuses et les travailleurs. »
    -Le Manifeste Libertaire (1991).

    « Il semblerait que je me soit rendu coupable d’une grande faute envers les travailleurs de Russie. Nous sommes révolutionnaires d’une manière véritablement effrayante. »
    -Vladimir Ilitch Oulianov dit « Lénine » (22 avril 1870-21 janvier 1924).


    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/62/Doctored_Stalin-Lenin.jpg


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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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