L'Hydre et l'Académie

    Wilhelm von Humboldt, Essai sur les limites de l’action de l’Etat

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    Johnathan R. Razorback
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    Wilhelm von Humboldt, Essai sur les limites de l’action de l’Etat

    Message par Johnathan R. Razorback le Jeu 16 Oct - 12:14

    http://www.institutcoppet.org/2011/11/05/humboldt-essai-sur-les-limites-de-laction-de-letat

    "Si c’est un beau et noble spectacle que de voir un peuple qui, fort de la certitude de ses droits humains et civiques, brise ses fers ; c’en est encore un plus beau et plus noble de voir un prince qui brise les liens de son peuple et lui garantit la liberté, non par bienfaisance ou par bonté, mais parce qu’il considère cela comme le premier et le plus absolu de ses devoirs : ce qui vient du respect et de la soumission à la loi est plus noble et plus beau que ce qui est forcé par la nécessité et le besoin." (p.5)

    "Si l’on jette un coup d’œil sur l’histoire des constitutions d’État, on voit qu’il serait difficile de limiter avec précision l’étendue que ces derniers ont réservée à leur action ; car en aucun des cas, on semble avoir suivi en cela un plan réfléchi, reposant sur des principes simples." (p.5)

    "On peut dire sans se tromper que la liberté de la vie privée grandit à mesure que décroît la liberté publique, tandis que la sûreté suit toujours la même progression que cette dernière." (p.6)

    "Dans les derniers siècles, ce qui attire surtout notre attention, c’est la rapidité du progrès, la quantité et la vulgarisation des inventions industrielles, la grandeur des œuvres fondées. Ce qui nous attire surtout dans l’antiquité, c’est la grandeur qui s’attache à toutes les actions de la vie d’un seul homme et qui disparaît avec lui ; c’est l’épanouissement de l’imagination, la profondeur de l’esprit, la force de la volonté, l’unité de l’existence entière, qui seule donne à l’homme sa véritable valeur." (p.6)

    "La vraie raison ne peut souhaiter pour l’homme d’autre état que celui où non seulement chaque individu jouit de la plus entière liberté de se développer de lui-même et dans sa personnalité propre [...] La raison ne doit s’éloigner de ce principe que dans la mesure où ceci serait nécessaire pour la conservation même du principe. Celui-ci doit toujours servir de base dans toute politique." (p.10)

    "L’État s’ingère de façon immorale dans les affaires privées des citoyens, toutes les fois que celles-ci n’impliquent pas immédiatement une atteinte portée au droit de l’un par un autre." (p.11)

    "Il n’est pas d’homme, si abaissé qu’il soit, qui préfère pour lui la prospérité et le bonheur à la grandeur." (p.12)

    "La lutte et le travail actif allègent le malheur." (p.12)

    "[L'Etat] devrait s’abstenir de toute action sur le mariage, le laisser entièrement au libre arbitre des individus et aux divers contrats qu’ils concluent autour, autant en général que dans leurs modifications." (p.17)

    "Le soin de l’État pour le bien matériel des citoyens est nocif aussi parce qu’il s’exerce nécessairement sur une foule hétérogène, et il nuit ainsi à l’individu en définissant des règles générales, des règles qui ne s’appliquent à chacun qu’au prix d’erreurs considérables." (p.17)
    -Wilhelm von Humboldt, Essai sur les limites de l’action de l’Etat, Institut Coppet, Paris, novembre 2011 (1792 pour la première édition allemande), 89 pages.



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    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point."
    -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.



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