L'Hydre et l'Académie

    Charles Devellennes, D’HOLBACH RADICAL: contrat social et éthocratie dans la pensée politique du baron + Utility contra utilitarianism: Holbach's international ethics

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    Johnathan R. Razorback
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    Charles Devellennes, D’HOLBACH RADICAL: contrat social et éthocratie dans la pensée politique du baron + Utility contra utilitarianism: Holbach's international ethics

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 27 Oct - 11:44

    http://www.academia.edu/31676173/DHOLBACH_RADICAL_contrat_social_et_%C3%A9thocratie_dans_la_pens%C3%A9e_politique_du_baron

    "Dans sa Politique Naturelle, d'Holbach attaque la notion d'égalité. "Cessons donc de supposer une prétendue égalité que l'on croit avoir originellement subsisté entre les hommes. Ils furent toujours inégaux" [Holbach, La Politique Naturelle [1773], dans Œuvres Philosophiques, tome III, Édition Alive, Paris, 2001, p.354]. Il semble difficile de défendre, comme le fait Israel, une conception de l'égalité dans la pensée du baron, car ce dernier nous affirme très clairement qu'une inégalité naturelle persiste, aussi bien en termes physiques qu'intellectuels, résultant en une "inégalité dans les propriétés et dans les possessions". Mais ce serait lire d'Holbach hors de son  contexte et hors de sa polémique sur la conception de l'égalité chez Rousseau (qu'il a vigoureusement combattu) que de s'arrêter là. Car l'inégalité pour d'Holbach, à l'encontre de l'interprétation du philosophe de Genève, est "la vrai base de [la] félicité" chez les individus. C'est en raison de nos inégalités naturelles que la société nous force à nous entraider. L'individu ici ne peut pas être conçu comme un atome isolé du reste de ses semblables, mais bien comme un être social dont les intérêts particuliers ne peuvent être isolés de l'intérêt commun. Malgré nos inégalités naturelles, le matérialisme du baron le force à conclure que notre biologie commune nous donne tous les mêmes besoins." (p.4)

    "Si l’on ne peut conclure en faveur d’un gouvernement en particulier, c’est parce que le jugement ne dépend pas du nombre de personnes investies de l’autorité politique, mais bien de la manière dont elle est exercée." p.6)

    "La politique radicale du baron d'Holbach n'est pas une politique démocrate, mais bien une politique républicaine. Il demeure des inégalités, même en termes de droits politiques, qui sont réservés aux citoyens qui possèdent des terres. Il tente d'élargir la définition de citoyenneté, et de trouver un mode de gouvernement qui résiste le mieux aux corruptions de la morale. Le gouvernement républicain n'est pas une solution définitive ; d'Holbach, lecteur de Machiavel, sait bien que le danger du despotisme, ou de la corruption, est bel et bien présent dans toutes les républiques. Mais celles-ci offrent les meilleures conditions pour une politique du peuple souverain et pour minimiser les inégalités sociales." (p.7)

    "David Hume, que d’Holbach connaissait personnellement." (p.10)

    "D'Holbach suit Aristote et Épicure, deux penseurs grecs qu'il admire beaucoup, et qui affirmaient que l'être humain cherche toujours son propre bonheur." (p.11)

    "L'utilitarisme dit "classique" de Bentham, qui consiste en un calcul des plaisirs et des peines, est entièrement absent de la pensée du baron. [...] D'Holbach préfère d'ailleurs parler d'intérêts que de plaisirs, et de bonheur dans une perspective eudémoniste, c'est-à-dire en faisant référence à un état de sérénité permanent. Il faut donc mieux minimiser les peines que tenter de maximiser les plaisirs. Le bonheur eudémoniste n'est pas favorisé par une quête des plaisirs et nos intérêts résident dans une prudence plus proche de la phronesis d'Aristote que de l'utilitarisme de Bentham." (p.12)

    "C'est l'un des champs de bataille entre modérés et radicaux, nous dit Israel, que de voir l'opposition entre la tolérance limitée des uns (celle de Locke, par exemple, qui exclut les athées et les catholiques), et la tolérance absolue des autres, qui veulent permettre toute expression de croyance. D'Holbach se place fermement dans le camp des radicaux. Il ne demande pas simplement la tolérance de l'athéisme -même un athée intolérant l'aurait demandée à l'époque- mais bien une tolérance de toutes les croyances. Seuls les actes politiques, qui violent les lois de la chose publique, peuvent être sanctionnés, mais non les opinions et leur expression." (p.13-14)

    "Si la métaphore du contrat est acceptée par le baron, il n'accepte pas celle de l'état de nature. Hobbes et Locke avaient admis la possibilité de l'existence historique de cet état de nature, et bien que Rousseau reste sceptique, la note J de son Discours sur les origines de l'inégalité montre qu'il n'avait pas tranché sur le sujet. Mais d'Holbach est fermement attaché à une vision du contrat sans état de nature. Il ne faut pas spéculer sur les origines de l'humanité pour établir la liste des devoirs et des droits en société." (p.14-15)

    "Si d'Holbach veut un abandon complet de l'idée de Dieu, elle doit aussi être purgée de la politique. Son athéisme, en particulier, le pousse vers un questionnement du concept des lois de la nature. [...] Ce n'est pas Dieu, mais bien la sociabilité des hommes qui les pousse vers des devoirs communs. C'est le même raisonnement qui pousse d'Holbach à se différencier de la théorie de la propriété chez Locke. Non seulement, pour d'Holbach, la propriété est considérée comme une propriété terrienne, et non seulement comme le fruit du labeur humain, mais elle ne peut être justifiée comme le fait Locke -ou rejetée comme le fait Rousseau. Si nous avons un droit à jouir du fruit de notre labeur, ce que d'Holbach concède à Locke, ce n'est pas parce que nous possédons notre propre personne. La propriété est avant tout sociale -Rousseau l'avait dit avant lui- elle est une forme d'exclusion. Si l'on possède une terre, on prive les autres de ses fruits. C'est donc bien une relation sociale, et non une relation entre les hommes et Dieu, qui est à la source de la propriété." (p.16)

    "La vision de d’Holbach reste très "bourgeoise", c'est notamment la critique de Marx et Engels à son sujet." (p.17)
    -Charles Devellennes, D’HOLBACH RADICAL: contrat social et éthocratie dans la pensée politique du baron.

    http://www.academia.edu/5778474/Utility_contra_utilitarianism_Holbachs_international_ethics

    2 tilit# contra utilitarianism : Holbach’s international ethics", journal of International Political Theory, vol.10, 2014.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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