L'Hydre et l'Académie

    Friedrich Engels, Dialectique de la nature

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    Johnathan R. Razorback
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    Friedrich Engels, Dialectique de la nature

    Message par Johnathan R. Razorback le Mer 24 Oct - 16:19

    https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf

    "C'est dans un cycle éternel que là matière se meut: cycle qui certes n'accomplit sa révolution que dans des durées pour lesquelles notre année terrestre n'est pas une unité de mesure suffisante, cycle dans lequel l'heure du suprême développement, l'heure de la vie organique, et plus encore celle où vivent des êtres ayant conscience d'eux-mêmes et de la nature, est mesurée avec autant de parcimonie que l'espace dans lequel existent la vie et la conscience de soi ; cycle ans lequel tout mode fini d'existence de la matière, - fût-il soleil ou nébuleuse, animal singulier ou genre d'animaux, combinaison ou dissociation chimiques,- est également transitoire, et où il n'est rien d'éternel sinon la matière en éternel changement, en éternel mouvement, et les lois selon lesquelles elle se meut et elle change. Mais, quelle que soit la fréquence et quelle que soit l'inexorable rigueur avec lesquelles ce cycle s'accomplit dans le temps et dans l'espace ; quel que soit le nombre des millions de soleils et de terres qui naissent et périssent ; si longtemps qu'il faille pour que, dans un système solaire, les conditions de la vie organique s'établissent, ne fût-ce que sur une seule planète ; si innombrables les êtres organiques qui doivent d'abord apparaître et périr avant qu'il sorte de leur sein des animaux avec un cerveau capable de penser et qu'ils trouvent pour un court laps de temps des conditions propres à leur vie, pour être ensuite exterminés eux aussi sans merci, -nous avons la certitude que, dans toutes ses transformations, la matière reste éternellement la même, qu'aucun de ses attributs ne peut jamais se perdre et que, par conséquent, si elle doit sur terre exterminer un jour, avec une  nécessite d'airain, sa floraison suprême, l'esprit pensant, il faut avec la même nécessité que quelque part ailleurs et à une autre heure elle le reproduise." (p.36)

    "François Bacon, demande que sa nouvelle méthode empirique et inductive soit appliquée pour réaliser avant tout les fins suivantes: prolonger la vie, rajeunir jusqu'à un certain point, modifier la stature et les traits, métamorphoser des corps en d'autres corps, créer des espèces nouvelles, dominer l'air et provoquer les orages ; il se plaint que les recherches de ce genre aient été abandonnées, et, dans son histoire de la nature, il donne des recettes en bonne et due forme pour fabriquer de l'or et accomplir toutes sortes de miracles." (p.43)

    "Identité abstraite (a = a ; et sous la forme négative : a ne peut être à la fois égal à a et différent de a), également inapplicable dans la nature organique. La plante, l'animal, chaque cellule à chaque instant de leur vie sont identiques à eux-mêmes et pourtant se différencient d'eux-mêmes, du fait de l'assimilation et de l'élimination de substances, de la respiration, de la formation et du dépérissement des cellules, du processus de circulation qui se produit, bref du fait d'une somme de modifications moléculaires incessantes qui constituent la vie et dont les résultats d'ensemble apparaissent de façon évidente dans les phases de celle-ci : vie embryonnaire, jeunesse, maturité sexuelle, processus de reproduction, vieillesse, mort. Plus la physiologie se développe, plus ces modifications incessantes, infiniment petites, prennent de l'importance à ses yeux, plus il devient donc également important pour elle de tenir compte de la différence à l'intérieur de l'identité, et le vieux point de vue abstraitement formel de l'identité qui veut qu'un être organique soit traité comme quelque chose de simplement identique à lui-même, comme constant, apparaît périmé. Malgré cela le mode de pensée fondé sur ce point de vue persiste, avec ses catégories. Mais même dans la nature inorganique, l'identité en tant que telle n'existe pas en réalité. Tout corps est continuellement soumis à des actions mécaniques, physiques, chimiques, qui constamment effectuent en lui des changements, modifient son identité. Il n'y a que dans les mathématiques, - science abstraite qui opère avec des objets idéaux (même si ce sont des décalques de la réalité), -que l'identité abstraite et son antithèse avec la différence soient à leur place, et, dans ce domaine lui-même, elle est constamment levée." (p.172)
    -Friedrich Engels, Dialectique de la nature, 1883, "Les classiques des sciences sociales", 290 pages.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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