L'Hydre et l'Académie

    Véronique Auzépy-Chavagnac, La Jeune Droite Catholique (années 1930 et 1940) : histoire d'une différence

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    Johnathan R. Razorback
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    Véronique Auzépy-Chavagnac, La Jeune Droite Catholique (années 1930 et 1940) : histoire d'une différence

    Message par Johnathan R. Razorback le Ven 19 Oct - 17:36

    https://www.persee.fr/doc/mcm_1146-1225_1995_num_13_1_1133


    "[Combat] se veut un organe de dialogue social permettant "la reconquête du prolétariat": il mêle les références au thomisme et au catholicisme social de La Tour du Pin à la nostalgie de l'expérience du Cercle Proudhon qui, en 1911, avait tenté d'accorder le nationalisme de Maurras, le socialisme de Proudhon et le syndicalisme révolutionnaire de Sorel." (p.93)

    "Pour Maulnier l'objectif semble avoir été plus simplement de développer la propagande nationaliste face aux dangers des dictatures pour les démocraties dont il déplore la débilité. [...]
    Pourtant, en juin 936, Fabrègues a adhéré au Parti Populaire Français de Jacques Doriot dont certains chercheurs, comme Plumyène et Lasierra, pensent qu'il fut "le seul parti fasciste authentique que la France ait produit"
    ." (p.94-95)

    "Une nouvelle dissension entre la Jeune Droite et la Jeune Droite Catholique surgit en 1937-1938 à propos de l’œuvre de Louis-Ferdinand Céline: René Vincent, rédacteur en chef de Combat, s'oppose violemment à l'apologie de Bagatelles pour un massacre dressée par Robert Brasillach dans Je suis partout. C'est donc la question de l'antisémitisme qui est en jeu dans cette querelle. Le thème est alors plus politique (gouvernement de Léon Blum -dénonciations de la mainmise juive sur le pays) que racial et c'est précisément le passage à un discours de caractère raciste qui choque Vincent dans les romans de Céline. Combat s'est toujours abstenu de ce type de langage, même sous la plume de Brasillach. Mais derrière l'antisémitisme, c'est déjà l'appréciation du national-socialisme qui est en cause: Fabrègues s'insurge contre cette "mystique matérialiste", la traitant de "caserne de l'esprit" et Brasillach s'indigne du "libéralisme" de la rédaction de Combat. Son dernier article dans la revue paraît en avril 1937. En juin, il est nommé rédacteur en chef de Je suis partout où il rejoint Lucien Rebat dont Fabrègues et Vincent avaient constamment refusé la collaboration." (p.95)

    "La plupart des membres de la Jeune Droite suivent Maxence et Maulnier qui co-dirigent l'Insurgé durant sa brève existence, de janvier à octobre 1937. Ils y retrouvent des journalistes écrivant à Je suis partout (Maurice-Yvan Sicard, Jean Fontenoy), le caricaturiste Ralph Soupault, Henri Lauridan de la Solidarité Française, quelques corporatistes de droite comme André Voisin et Max Richard, le tout composant un milieu nettement plus marqué à l'extrême droite que celui de Combat. L'Insurgé ayant été financé par Jacques Lemaigre-Dubreuil, patron des Huiles Lesieur, fut même soupçonné de collusion avec l'OSAR (Organisation Secrète d'Action Révolutionnaire, autrement dit La Cagoule). Il est indiscutable, en tout cas, que la revue pratiquait un discours antisémite et favorable à des mouvements fascisants. Rien de tel dans Civilisation mensuel crée par Fabrègues en avril 1938." (p.96)
    -Véronique Auzépy-Chavagnac, La Jeune Droite Catholique (années 1930 et 1940) : histoire d'une différence, Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle (Cahiers Georges Sorel), Année 1995, 13, pp. 81-102.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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