L'Hydre et l'Académie

    Pascal Melka, Victor Hugo, un combat pour les opprimés. Étude de son évolution politique

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    Johnathan R. Razorback
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    Pascal Melka, Victor Hugo, un combat pour les opprimés. Étude de son évolution politique

    Message par Johnathan R. Razorback le Ven 14 Sep - 11:29

    https://books.google.fr/books?id=BFEnsY_kUmIC&pg=PA200&lpg=PA200&dq=Victor+Hugo+lib%C3%A9ralisme&source=bl&ots=amP2P36o7g&sig=UF8nwfkVQrjF7tOYUc9RXQ_OxWs&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwik_sLQprrdAhUR4YUKHQeVBw0Q6AEwCHoECAMQAQ#v=onepage&q=Victor%20Hugo%20lib%C3%A9ralisme&f=false

    "Des solutions libérales rejetées par la bourgeoise [...]

    Victor Hugo [...] prône la suppression des droits de douane car il voit dans le libre-échange un facteur d'amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière. En effet, il espère que l'ouverture des entreprises françaises à la concurrence entraînera une baisse des prix des produits à la consommation et, partant, une augmentation du salaire réel des ouvriers. C'est pourquoi il dit: "Savez-vous ce qui sort de vos lois protectionnistes ... ? La misère !"
    Cependant, la baisse des prix liées à l'augmentation de la production et à l'ouverture sur la concurrence ne peut entraîner une augmentation des salaires réels que si elle ne provoque pas une baisse des salaires nominaux.
    Pour ce faire, Victor Hugo est favorable à la suppression de la fiscalité indirecte, qui touche à la consommation. "Abolissez en outre ces impôts de consommation". En effet, la suppression des impôts sur la consommation crée pour les entreprises une marge supplémentaire qui leur permet de conserver le même niveau de profits malgré une baisse des prix non compensée par la baisse des salaires des ouvriers.
    La suppression des impôts indirects nécessite évidemment la suppression de certaines dépenses publiques, ce qui, aux yeux de Victor Hugo, implique une réduction des budgets militaires par la suppression des armées de métier et leur remplacement par des milices populaires chargées uniquement de défendre le territoire. [...]
    Pour réduire les dépenses publiques inutiles, Victor Hugo prône aussi la séparation de l'Eglise et de l'Etat. "Vous pourriez, comme les Etats-Unis d'Amérique, laisser rétribuer chaque culte par ses fidèles".
    Ainsi, Victor Hugo dénonce la mauvaise gestion des budgets publics comme source de misère et de pauvreté
    ." (p.194-195)

    "Si aujourd'hui, on peut s'étonner de voir un homme de gauche défendre des solutions libérales, la question ne se posait pas du tout dans les mêmes termes au dix-neuvième siècle.
    A l'époque de Victor Hugo, le libéralisme, tant politique qu'économique, entendu comme volonté de limiter l'emprise de l'Etat, se situe avant tout à gauche. Même l'évolution droitière des orléanistes à partir de 1830 ne remet pas en cause l'orientation à gauche du libéralisme. En effet, l'orléanisme n'est pas tout le libéralisme: il en représente seulement la frange la plus conservatrice. [...] à gauche, les républicains se battent pour ces idées libérales que sont la liberté de la presse, le droit syndical et le droit de grève
    ." (p.198-199)

    "Hugo voit dans le capitalisme le seul système qui permet de produire efficacement les richesses." (p.200)

    "On a rarement vu, dans toute la littérature française, un tel éloge de l'entreprise. M. Madeleine, c'est le self-made man qui réalise le rêve américain. C'est celui qui, parti de rien, réussit à fonder un empire qui lui permet de gagner des millions et qui profite à l'ensemble de la société.
    Beaucoup de commentateurs des
    Misérables ont écrit que Jean Valjean réussit à surpasser le niveau moral de son mentor, l'évêque de Digne. En effet, ce dernier ne crée pas la richesse: il se contente de la redistribuer. Valjean, lui, crée la richesse et la redistribue. Son entreprise a pu créer une dynamique de croissance qui lui permis de multiplier les sommes à redistribuer en gagnant beaucoup d'argent.
    Ici, il y a une différence capitale entre l'extrême-gauche et Victor Hugo. En effet, à ses yeux, la redistribution, qui est nécessaire, ne doit pas être comprise comme le point de départ d'une volonté de nivellement social et de confiscation de la propriété des riches. [...]
    Défense de l'esprit d'entreprise, apologie de l'innovation, réhabilitation du profit comme instrument nécessaire à une croissance sans laquelle aucune lutte contre la misère n'est possible, ce sont là autant de thèmes du libéralisme économique
    ." (p.204)
    -Pascal Melka, Victor Hugo, un combat pour les opprimés. Étude de son évolution politique, La Compagnie Littéraire, 2008, 543 pages.






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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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