L'Hydre et l'Académie

    Alain Damasio, Œuvre

    Johnathan R. Razorback
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    alain - Alain Damasio, Œuvre  Empty Alain Damasio, Œuvre

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 10 Avr - 7:51

    « -Ils ne peuvent rien contre nous, de toute façon. Ce qu’on fait n’est pas illégal.
    -Illégal, non. Simplement anormal. Ce qui est bien pire. »
    « En moins de cinq ans, les « points de sécurité » -en fait des sas, des seuils, des bornes, des portes et des portiques- avaient coupé un peu partout tout trajet un peu fluide, un peu libre, toute errance éclairée. »
    « Un cadavre de plus rendra-t-il notre humanité meilleure ? »
    « Au lieu d’exciter leur révolte, d’exacerber leurs désirs les plus fous à partir du jeu, ils les épuisaient dans le jeu. »
    « Laisser tranquillement l’individualisme triompher, le corps social s’atomiser, les anciens liens collectifs se défaire jusqu’à ce que chacun finisse seul face à son écran, dans un tête-à-tête dont le pouvoir savait devoir toujours sortir vainqueur… »
    « Ils auraient pu tuer pour leur confort. »
    « J’aimais les gens que côtoyait Slift : ces hommes et ces femmes sans Carte, ces âmes absoutes du Clastre, ces corps déliés des dix mètres carrès de surface habitables, déliés des sourires-minutes et des ongles codebarrés, qui ne demandaient rien qu’un peu de fric pour leur brocante, pour leurs bouts de fer soudés qu’ils baptisaient chaise et qu’on leur donnait, moins par compassion que pour cette obscure estime qui nous venait de ce qu’ils étaient hommes, hommes pleinement, qu’ils sentaient la sueur et la boue sèche et qu’ils vieillissaient bien. »
    « S’il faut se battre, c’est contre ça : contre la coalition des pouvoirs qui dévitalisent le corps et qui de toute évidente se servent de cette dévitalisation, même s’ils n’ont pu ou su l’orchestrer intégralement, pour nous maintenir dans les existences ou sécurité, simplicité, facilité et constance forment les pratiques cardinales de la décadence des instincts. […] Le confort est un danger. Le bien-être un piège. Les facilités nous détruisent. Les chairs grasses, les idées grasses et repues ne sont plus le privilège des bourgeois. »
    « Le Clastre…Tout le monde en parlait déjà depuis trois mois. Tous les deux ans, les mêmes rituels de conjurations, de revendications pour des critères plus justes et d’espoirs d’être bien noté se répétaient. Avant le classement final, le travail gagnait, comme par magie, plusieurs points de productivité. Les notations que vous attribuaient votre chef et vos collègues et vos subordonnés –et que vous leur attribuiez vous-même-, les tests techniques et les contrôles de connaissance, le BPA (Bilan Personnel d’Activité), l’examen médical, les entretiens de groupe, les analyses psychologiques, tout cela se précipitait pendant un mois, de sorte que la ville ressemblait à cette période à une immense université au moment des examens de fin d’année, avec ses cortèges d’anxieux déclarés, de faux fiers et de figures rongées par le doute qui, dans l’espoir d’échapper à l’Apocalyspe, se ridiculisaient en lècheries d’anus et soudaines sympathies, lesquelles les enfonçaient plus encore qu’elles ne les sauvaient.
    Le fait que le classement, hormis les retraités et les enfants de moins de douze ans, hormis bien sûr ceux qui, en jetant leur Carte, s’étaient sortis eux-mêmes du système, et que le gouvernement, qui ne pouvait se résoudre à ne pas les classer, rangeait dans la catégorie la plus dangereuse de toutes, des hors-clastrés, n’épargnait personne ; le fait que les chômeurs même s’y voyaient assigner une place sur sept millions d’individus, les femmes au foyer, les désactifs comme les artistes, plongeait la ville entière dans une hystérie d’examens, à laquelle les esprits les plus indépendants auraient été bien en peine de résister. On n’échappait pas au Clastre. Le voulait-on, les gens vous le renvoyaient par leurs yeux et leur bouche déformée par la laideur des sourires qu’on fait malgré soi. Il faisait de nous les dieux du Jugement dernier. Mais un jugement sans cesse repris, repesé, un Jugement dernier qui n’en finissait pas de juger, chaque jour, tous le monde et sans pitié, tout en nous offrant de répondre, à notre tour, dans l’anonymat du terminora.
    Les gens attendaient du Clastre quelque chose qu’aucun ami, ni père ni mère, ni le miroir que parfois on se tend, n’étaient capables d’apporter : une vérité de soi-même. En hiérarchisant […], le Clastre donnait une réponse magique –réponse douteuse certainement, controversée toujours, mais réponse tout de même, à cette étrange question qui apparemment hantait tout le monde et que l’on devait à mon sens à quelque obsession quantitative du capitalisme : qu’est-ce que je vaux ? Et la réponse était, plus qu’un chiffre, un déchiffrage de soi. Plus qu’un rang : une place dans l’ordre social. La réponse, c’était cette suite absurde de lettres, C-A-P-T-P qui indiquait que j’étais, en déclinant les lettres sagement, dans l’ordre alphabétique, le 1 437 205e citoyen de cette société débile.
    Tous les deux ans, la même ineptie se produisait : les citoyens dociles, puisqu’ils acceptaient de changer de place, changeaient de nom. Mais les mêmes noms demeuraient pour désigner les mêmes places. Notre proviseur changeait de visage et de corps…mais il s’appelait toujours Tolg. Et la directrice de la sociopathie scolaire, blonde ou brune, jeune ou vieille, chaleureuse ou non, c’était Ammpn, « Maman » pour les étudiants. En un sens, c’était simple : il fallait s’en tenir, non aux êtres, mais aux fonctions qui elles restaient immuables. La fonction définissait l’être, mieux que sa personnalité. Quand aux amis, le surnom les sauvait du broyage…
    Pour le reste, le Terminor réactualisait automatiquement les changements administratifs. Sans contrôle possible, il affectait votre nouveau nom à l’ensemble de ces « pièces » d’identités par lesquelles, dans notre démocratie, un individu est assigné à être ce qu’on veut qu’il soit : des coordonnés. « Donnez-moi vos coordonnés… » (Toutefois n’était-ce pas pour vous fixer qu’on vous les demandait, surtout pas. Tacitement, un honnête Cerclonnien se devait au contraire de bouger, de passer sans cesse d’un lieu à un autre, d’être, bien qu’immobile dans son glisseur, en déplacement. Celui qui, à l’injonction « circulez ! », demeurait sur place, devenait de facto un vagabond. Le vagabond, c’était celui qui ne bougeait pas. Il était probable par ailleurs qu’une telle exigence venait de la ville même, qui comme toute ville était d’abord une prison, si bien qu’y circuler sans cesse conjurait l’oppression de la clôture et procurait une sensation de liberté qui la rendait supportable. En fait, en vous demandant vos coordonnées, on vous demandait en fait, à la manière d’un vaisseau, la formule de votre trajectoire –et moins pour la suivre que pour l’intercepter, moins pour vous bloquer que pour vous situer.)
    […] Toutes ces données, le Clastre les unifiait dans le miracle d’une note, dont il faisait un rang, puis un petit tas de lettres. Simple : cinq lettres, jamais plus ! Pour les meilleurs : quatre lettres, parfois trois, deux –et même une pour l’élite de cette société : les vingt-cinq ministres et le président, A.
    Toutes ces données en un petit tas de lettres…Qu’est-ce que ça voulait dire ? Que tout ce qui faisait ma vie, partout où j’étais, j’allais, ce que je disais, montrais, l’espace qu’occupait mon corps, que tous les lambeaux de moi-même par les pouvoirs découpés pour être par les savoirs analysés, tout cela m’avait été pris pour m’être redonné. Le Clastre nous déstructurait, mais c’était pour mieux nous co-ordonner ensuite. Merci, le Clastre ! Il suscitait d’innombrables questions, le Clastre, il en posait des milliards en un mois. Et lui se contentait d’une réponse, d’une seule, une véritable fulguration : Qu’est-ce que je suis ? C-A-P-T-P. Sans doute aurait-elle moins ébloui, cette fulguration, si elle s’était contentée d’un éclair blanc, si elle n’avait, dans l’épaisseur de sa lumière, concentrée les éclairages de tous ceux qui nous avaient jaugés, écoutés et « compris ». Le nom qui nous échoyait avait de fait un poids : le lestaient nos aptitudes, l’analyse des psychologues et le jugement de ceux qui quotidiennement nous côyoyaient. Nul arbitraire dans tout cela. Rien qui n’émanait, à la source, de soi-même. On chipoter sur la justesse des critères, dénoncer la crauté des collègues. Bien sûr. Mais la fulguration demeurait : le nom qui sortait du Terminor, qu’on l’acceptât ou non, incarnait une vérité issue de nous-mêmes. »          
    « Refuser de bouger lorsqu’on obligeait tous à le faire, c’était, par inertie, résister.[…] La résistance est une question de tempo. »
    « Bien sûr le salaire de chacun était directement proportionnel au classement ; bien sûr l’entourage vous jugeait d’après votre rang. […] N’avions-nous chassé le confesseur que pour trouver le psychologue à la place, à nous accoucher de nos péchés d’improductivité ? »
    « La force de Foucault est d’avoir montré à quel point les pouvoirs, bien loin de se borner à des fonctions négatives de répressions, produisent. »
    « C’est pourtant devenu une loi dans nos sociétés : plus un pouvoir se veut efficase, moins il se manifeste comme pouvoir. »
    « A force de s’adresser à elle [la population], on la présente comme le vrai peuple. Et ce, aux yeux du peuple lui-même qui finit par croire : nous sommes ceci et cela, et qui l’accepte d’autant plus facilement qu’aucun moyen, contrairement à la manipulation individuelle, n’est à sa disposition, sinon son intuition, pour rétablir une certaine véracité sur ce qu’est la collectivité au sein de laquelle il évolue. »
    « Pourquoi une action assez peu politique finalement, plutôt légère, qui toucha à peine trois mille foyers pendant moins d’une semaine fit-elle l’effet d’une bombe ? Personne à la Volte ne le comprit vraiment. Peut-être les victimes de nos piratages se sentirent-elles attaquées au cœur de leur vie privée, là où elles se croyaient pour toujours hors d’atteinte, qu’en un éclair avait surgi en la vision panique d’un monde sans télévision, d’un monde où la liberté fondamentale du citoyen, celle de zapper, était menacée ? »  
    « Ils essaient de créer une scission, de faire de nous des stars ou des héros, isolés du reste de la Volte. Ils dépossèdent les militants de leur fierté. Ils les ravalent au rang de soldats. »
    « Je veux aller les frapper à la source même de leur démission d’être homme. »
    « Pourquoi en moi y avait-il toujours ce sentiment d’une mission, cette conviction que j’avais quelque chose à faire ici, sur ce sol, quelque chose que personne d’autre ne pourrait faire à ma place, et qui, si je ne la faisais pas, serait perdu pour toujours ? »
    « L’autre action à laquelle je pense, c’est l’attaque de la tour de télévision. L’attaquer pour couper toute diffussion de manière définitive. »
    « On pense avec le corps, les amis. Bien mieux et bien plus profondément qu’avec la conscience, même éclairée et aux aguets. Lorsque le corps est pris en main, la cervelle pense sous contrôle. »
    « Je suis venu vous parler avec des mots secs. Avec ma chaleur aussi. »
    « Je vais vous posez une deuxième question. Vous n’arrêtez pas de dire : « on nous manipule, on nous contrôle, on passe par nos yeux et cetera. Mais qui est ce « on » ?
    -Vous.
    -Moi ?
    -Vous tous, moi, nous. Tous les citoyens.
    -Vous avez parlez à un moment des médias, des publicitaires, des ministres…
    -Parce que certaines personnes ou certains groupes, de par leur fonction et leur position stratégique dans le réseau social, impulsent plus facilement ce contrôle que d’autres. Mais elles le subissent aussi.
    -Alors pourquoi les accuser, elles, si tous le monde est responsable de ce qui se passe ? Ce phénomène que vous dénoncez, il est démocratique ! Vous ne pouvez pas le condamner !
    -Parce que, pour vous, ce qui résulte d’une volonté démocratique n’est jamais condamnable ?
    -Bien sûr que non.
    -Alors je vais préciser deux choses. Premièrement, une société de contrôle, de flicage de tous par tous, aussi splendidement démocratique serait-elle, je la vomis. Et je la vomis pour des valeurs qui sont autrement vitales que ce triomphe à la regulière du conformisme, de la docilité et de la peur, que vous cautionnez parce qu’une majorité. Ja la vomis pour la liberté. Pour que la vie siffle dans nos viscères, comme un ruisseau ardent. Je la vomis pour un espoir : que l’homme vaut mieux que ce qu’il est aujourd’hui. »
    « Individu, nous ne sommes qu’une goutte d’eau pour un système aussi cohérent et aussi global que le Clastre. Mettez cette goutte d’eau dans un ordinateur : il est détruit. »
    « Faites l’amour et la guerre. »
    « Qui n’a rêvé pour sa vie d’un but simple et clair qui lui épargne l’angoisse de chercher ? »
    « Beauté et vitalité ne sont plus des heureux dons de la nature, ce sont des horizons à atteindre. Et qui, en tant qu’horizons, ne cesseront jamais de reculer à mesure que nous avancerons, jamais atteints, donc justifiant tout. »
    « Ils paraissaient heureux, heureux comme peuvent l’être ces gens qui n’ont d’émotions fortes ni dans la joie ni dans la tristesse. »      
    « Certains hurlent « Vive la Volte ! » et restent debout, bras en V, poings fermés, pour que la balle qui va les figer les fige là, au sommet d’une certaine idée de la vie. »
    « Les politiciens n’ont plus qu’un rôle véritablement sérieux à tenir aujourd’hui : masquer qu’ils sont inutiles, que la politique est morte parce qu’elle n’est plus le lieu du pouvoir. Et ne croyez pas que ce soit un rôle facile à tenir. C’est un vrai métier, éprouvant, exigeant, que de paraître maîtriser des processus qui nous échappent presque complètement. D’aucuns s’attristent de voir les fonctions politiques accaparées par les comédiens. Nous devrions au contraire nous en réjouir : c’est une chance de pérennité pour le métier, une clause de survie. »
    « Gouverner, c’est gérer des résistances. »
    « Toujours est-il que notre jouissance ne se repaît du sadisme des supplices. Notre jouissance, ce serait plutôt quelque chose comme un dé qu’on jette et qui retombe, jet après jet, avec une insolence toujours plus étrange, sur la même face…Quelque chose comme la liberté rendue prévisible. Savoir qu’augmenter les caméras de 5% fera baisser la criminalité de 3 points avec une probabilité de 85%, et que la marge d’inexactitude par rapport à cette prévision majeure est de 2 points, c’est un plaisir de démiurge, une volupté abstraite et terrible. […] Votre dissidence elle-même est prévue. Nous avons un taux pour cela : 7% -on ne sait pas pourquoi, mais c’est ainsi. Mes services ont même calculé que la décapitation de la Volte, dont vous êtes responsable, la fera passer sous le seuil critique des 5%. Seuil en deçà duquel on parle de dissidence marginale. Oh, rassurez-vous, ce n’est pas certain. C’est seulement probable, fortement probable et ça nous suffit. Entendez bien que nous n’avons aucunement l’intention d’être des prophètes ou d’odieux savants déterministes se vantant d’anticiper chacune de vos réactions. Chacun de vous est libre, et le choix final de Capt nous restera à jamais une énigme, enfouie dans les tréfonds de votre conscience. Ce que je veux dire, très simplement, est que la liberté de chacun de nous est indifférente puisque globalement la masse est aliénée. Nous ne gérons pas des individus, aucun pouvoir ne peut se le permettre, nous gérons des fractions statistiques, des « dividuels » comme le dit Drakf. Et c’est passionant. Passionnant à condition que nous ne cherchions pas à supprimer l’aléa, à éradiquer tout ce qui, dans nos constructions, relève de l’incertain et du précaire, et que nous acceptions ces charmantes sueurs dont le hasard sait pimenter la décision politique comme autant d’opportunités de jouir. Nous ne fixons, nous ne figeons rien, au contraire, nous ne cessons d’encourager la dynamique profonde des flux –les flux d’argent, les flux d’hommes, d’affects, de marchandises, d’idées- et c’est cette dynamique, cette agitation perpétuelle qui nous stimule et nous ravit. […] Comprenez-vous cela ? »    
    « Comprenez-vous que l’homme n’a même pas commencé à être un homme ? »
    « Les enfants n’ont aucun pouvoir, mais ils ont la puissance ! Ils savent qu’ils ne gagneront pas seuls. Ils savent qu’ils vont rester debout ce soir, dans la nuit et dans le désert, avec toutes les autres bandes d’enfants qui se sont levés dans tous les corps de tous les adultes qui sont là, que vous êtes et qui m’écoutez. « Nous voulons vivre ! » disent les enfants. »
    « Personne n’est aliéné, ce n’est pas vrai. Il n’y a pas d’aliénation ! Ce n’est pas le critère qui décide de la valeur des vies qu’on mène. Le vrai critère, c’est la vitalité. »
    « Au-dehors ! »
    « Tout cela me réconfortait dans mon intuition, souvent moquée par mes amis, que l’homme était fondamentalement bon –à condition d’être en rapport direct et vital avec d’autres hommes. Impersonnel, un système social écarte l’homme de l’homme. Dans la lézarde ainsi creusée, la plante du ressentiment pousse et nourrit la fraude, le parasitisme et l’abus –puisqu’on ne voit jamais qui paie ni qui souffre de nos abus. »
    « Et vous ne devinerez jamais de quel rire s’éclaire le visage d’un Hornaute qui, après avoir tourné trente ans dans votre cage ronde, ouvre grand la porte du cosmos et devient capable d’aimer la vie, qu’avec son propre courage, il s’offre. »
    « Ça fait mal, d’être libre. »
    -Alain Damasio, La Zone du Dehors.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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