L'Hydre et l'Académie

    Charles-Ange Laisant, Pourquoi et comment je suis boulangiste + L’Éducation de demain

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    Johnathan R. Razorback
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    Charles-Ange Laisant, Pourquoi et comment je suis boulangiste + L’Éducation de demain

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 10 Mar - 17:11

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Ange_Laisant

    https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%89ducation_de_demain

    "On pourrait croire que la bourgeoisie gouvernante s’est dirigée dans les voies de la réaction avec une résolution plus accentuée, à juger superficiellement les choses. Ce serait une erreur. La bourgeoisie a toujours été farouchement réactionnaire. Mais elle tentait de masquer son jeu. Aujourd’hui, elle est forcée de se montrer telle qu’elle est ; c’est un signe de faiblesse.

    Contre elle se dressent toutes les consciences. Contre elle doivent se liguer tous les amis de l’éducation.
    "

    "Le grand problème de l’éducation, ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, se pose de la façon suivante dans toute son ampleur :

    Étant donné un être humain venu au monde, développer harmonieusement, toutes ses facultés, de manière à porter au maximum son activité, dans une direction utile à lui-même et à ses semblables." (p.5)

    "Tout esprit libre est un agent de révolte. Par suite, chaque progrès vers la solution du problème de l’éducation marque un recul de la puissance des gouvernants, d’ordre religieux ou laïque, soutiens naturels de la discipline des cerveaux et des consciences. Éducation veut dire libération ; gouvernement veut dire soumission à une autorité." (p.6)

    "La vérité, c’est que les établissements d’enseignement secondaire sont réservés aux enfants de la bourgeoisie, les écoles primaires aux enfants du peuple.

    C’est une coupure sociale, et pas autre chose.

    Il faudrait être aveugle pour se refuser à la voir. Et cela s’explique par ce fait que les divers gouvernements qui ont sévi sur notre pays depuis la Révolution n’ont été que des syndicats d’intérêts bourgeois, ayant pour but d’assurer la prédominance de la classe dirigeante, sa puissance d’exploitation, la conservation de ses privilèges. Il importait donc de réserver aux petits bourgeois le monopole d’un enseignement d’ordre plus élevé, en laissant aux petits prolétaires la connaissance rudimentaire du français et de quelques règles d’arithmétique, bien suffisante à de futurs exploités.
    " (p.Cool

    "Et tous les efforts n’y sauraient rien faire ; malgré la valeur des maîtres, malgré les sacrifices d’argent, la bourgeoisie dirigeante, dans son horreur du prolétariat, recevra de plus en plus une éducation fausse, artificielle, anti-humaine et deviendra de plus en plus incapable de rien diriger." (p.9)

    "Arriver à posséder sa langue maternelle, à la manier par la parole ou par l’écriture, s’exercer à exprimer sa pensée le plus clairement et le plus élégamment possible, tel est le premier point." (p.13)

    "Mais quel que soit l’instant où l’élève quittera les bancs de l’école, il faut que l’ensemble des connaissances acquises représente pour lui un bagage intellectuel effectif, utile, devant lui servir dans la vie." (p.18)

    "Il est en effet très remarquable et très étonnant que l’horrible enseignement actuel soit donné par un corps de professeurs instruits, éclairés, consciencieux, désireux de bien faire, et dont beaucoup ont le dégoût du métier qu’on leur impose." (p.19)

    "Quand on rentre au logis le soir après une journée d’extrême fatigue, quand on se dit qu’il faudra être debout le lendemain de bonne heure, on n’a guère le cœur à sortir pour aller entendre un cours, pour augmenter le champ de son activité intellectuelle. Le repos, le repos physique seul, s’impose impérieusement, et il faut un certain courage pour s’assujettir à une simple lecture ; pour travailler, pour méditer, il faut un véritable héroïsme dont bien peu sont capables.

    Hâtons-nous d’ajouter que sur l’autre versant social, le tableau n’est pas plus brillant. Les dirigeants, les possédants, les pourvus, les satisfaits, arrivent à la vie avec toutes les idées fausses, toutes les erreurs, tous les préjugés qu’entraîne l’éducation classique, fortifiés par l’influence du milieu social où ils sont nés. L’égoïsme, l’ambition, la vanité, les frappe d’un irrémédiable aveuglement, et leur existence entière s’écoulera, pour la plupart d’entre eux, sans qu’ils soupçonnent même l’existence du monde qui les entoure, le jeu des forces qui animent ce monde. Beaucoup, parmi ces privilégiés, arrivent à perdre totalement le goût du travail, à ne poursuivre que les plaisirs les plus futiles ou la satisfaction des plus bas instincts ; d’autres consacrent entièrement l’énergie qui leur reste à écraser leurs concurrents pour arriver plus vite, à se perfectionner dans l’intrigue, dans la ruse, dans la perfidie.
    " (p.21)

    "Lorsque l’intelligence n’a pu s’exercer de façon continue, lorsque les années ont passé, que certaines idées se sont incrustées, le nombre est bien faible de ceux qui peuvent encore avoir la capacité d’écouter, de raisonner et de critiquer. La conséquence, c’est qu’en matière d’éducation populaire, c’est sur la jeunesse, sur l’adolescence exclusivement qu’il faut faire porter l’effort." (p.25)

    "L’ignorant est un danger perpétuel, pour lui-même et pour les autres, par cela seul qu’il ne sait pas. Même avec de bonnes intentions, il est capable de tout."
    -Charles-Ange Laisant, L’Éducation de demain, Les Temps nouveaux, 1913 (2ème édition), 30 pages.




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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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