L'Hydre et l'Académie

    Patrick Le Roux, Le Haut-Empire romain en Occident d'Auguste aux Sévères

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    Johnathan R. Razorback
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    Patrick Le Roux, Le Haut-Empire romain en Occident d'Auguste aux Sévères

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 2 Déc - 21:21


    "Auguste établit sans hâte et par touches successives le nouveau régime. La durée (41 ans) fut l'auxiliaire de son succès. Toutefois, ce n'est qu'à la mort de Nerva en 98 apr. J.C. que s'acheva la mise en place du système impérial." (p.91)

    "Les pouvoirs institutionnels sont au nombre de quatre. L'imperium, évoqué par le prénom et marqué par les acclamations des soldats sur le champ de bataille après une victoire digne du triomphe, permet d'agir partout dans l'Empire, y compris à Rome alors qu'il est proconsulaire, et de commander aux armées. Le consulat et la puissance tribunicienne forment la base successive des relations avec les citoyens romains ; sans être tribun de la plèbe, le princeps jouit des mêmes pouvoirs que les 10 membres du collège et échappe ainsi à leur veto ; il exerce l'autorité sur la plèbe constituée de la grande majorité du peuple, et cette puissance ancre solidement son pouvoir dans la res publica. Depuis 23 av. J.C., il renouvelle même fictivement sa potestas chaque 25 ou 26 juin et date ainsi ses années de règne. Le grand pontificat, recueilli par élection après la mort de Lépide le 6 mars 12 av. J.C., fait de l'empereur le maître du calendrier et de la religion officielle. Le nom d'Auguste met en exergue le caractère moral et religieux de la personne impériale en attestant son auctoritas, sa supériorité créatrice. Celle-ci échappe aux règles habituelles de limitation des pouvoirs, qu'il s'agisse de l'annualité et de la collégialité ou des exceptions romaines et italiennes à l'exercice de l'imperium." (p.93-94)

    "Le mot plèbe appartient au vocabulaire de la société et recouvre les citoyens qui ne sont pas nobles (ni sénateurs ni chevaliers). Le peuple relève d'une notion juridico-politique et désigne le corps civique différencié ou non du Sénat. Les sénateurs sont membres du populus." (note 6 p.94)

    "Le Sénat ne délibérait que sous le contrôle du prince et ne pouvait se passer de ses avis. [...] Il restait ce qu'il fallait de façade institutionnelle pour paraître perpétuer la res publica." (p.96)
    -Patrick Le Roux, Le Haut-Empire romain en Occident d'Auguste aux Sévères, Nouvelle Histoire de l'Antiquité tome 8, Paris, Éditions du Seuil, coll. Points, 1998, 510 pages.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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