L'Hydre et l'Académie

    Jean-Marie Donegani & Marc Sadoun, Qu'est-ce que la politique ?

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    Johnathan R. Razorback
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    Jean-Marie Donegani & Marc Sadoun, Qu'est-ce que la politique ?

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 4 Sep - 17:52

    "Après la chute du communisme, le républicanisme offre une alternative à un libéralisme qu'on croyait désormais sans concurrence. A un moment où les signes d'une désertion civique paraissent converger, il présente le visage rassurant d'une doctrine qui, dans le respect des libertés publiques, permet d'assurer une meilleure implication du citoyen dans les affaires de la cité. En quelque sorte l'expression d'une modernité débarrassée de l'infirmité du libéralisme et protégée du risque du totalitarisme." (p.51)

    "La loi n'a pas, dans ce cadre, le sens que, dans la continuité de Hobbes et de Locke, les libéraux lui attribuent. Il ne suffit pas de préserver l'autonomie de l'individu de l'emprise des autres, elle doit assurer la place de ce dernier dans la cité. Volontairement vague, l'expression peut prendre plusieurs acceptions. Elle peut, dans un sens mineur, rappeler le caractère social de l'individu, à la fois libre de satisfaire ses désirs -dans la mesure du moins où ils ne rencontrent pas d’objection- et contraint de ne pas interférer dans les actions des autres. Elle peut signifier, selon une certaine interprétation, plus contraignante, de Machiavel, que la loi oblige directement chacun à agir dans un sens déterminé, à se départir en somme de ses comportements égoïstes. Elle peut enfin, pour ceux qui voient dans le républicanisme une doctrine de la liberté positive, réserver à la loi un rôle encore plus étendu, non pas seulement garantir la conciliation de l'intérêt particulier et de l'intérêt général, mais assurer une juste distinction entre les désirs authentiques et ceux qui ne le sont pas: dans cette conception, l'individu n'est pas le seul juge de la hiérarchie des désirs, sa liberté est nécessairement contrainte." (p.56-57)

    "La république est exigeante, elle attend du citoyen qu'il s'intègre et s'identifie à la cité, au besoin en renonçant à ses attaches particulières et à son confort personnel. [...]
    [Elle] ne se contente pas d'une définition procédurale de la démocratie, elle n'exige pas seulement le respect des règles de droit et des mécanismes de délibération, elle veut autre chose, une conception partagée du vivre-ensemble.
    " (p.58)
    -Jean-Marie Donegani & Marc Sadoun, Qu'est-ce que la politique ?, Gallimard, coll. Folio.essais, 2007, 589 pages.


    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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