L'Hydre et l'Académie

    Georges Bataille, oeuvres

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    Johnathan R. Razorback
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    Georges Bataille, oeuvres

    Message par Johnathan R. Razorback le Mer 16 Aoû - 20:57

    "En mars 1872, les sections italiennes de la Ire Internationale, réunies à Bologne en congrès régional, adoptèrent le nom de Fasci operai, Faisceaux ouvriers (à cette époque l'ensemble des révolutionnaires en Italie appuyait les thèses anarchistes de Bakounine, la doctrine autoritaire de Marx, qui s'opposait à ces thèses, apparaissait comme "la négation du sentiment révolutionnaire du prolétariat italien").
    A la fin du XIXè siècle, sous le roi Humbert, la misère accrue par la centralisation poussait la Sicile au désespoir et à la révolte. Vers 1891 les socialistes, afin d'organiser l'insurrection, formèrent les Faisceaux siciliens. Ces nouveaux
    Fasci révolutionnaires, en grande partie paysans, ont reçu l'impulsion décisive de Garibaldi Bosco, ouvrier de Palerme qui, ayant travaillé à Paris, avait étudié là non seulement l'organisation des Bourses du Travail mais celle de la Ligue des Patriotes: Bosco s'inspira de ces deux formations. Les Fasci eurent un rôle historique et créèrent en Sicile au début de 93 une situation insurrectionnelle: assauts de mairies, incendies et pillage qui bientôt furent réprimés sauvagement. Il y eut de nombreux morts, de nombreuses condamnations. Les Fasci furent dissous, Bosco condamné à 14 ans de prison. Les troubles socialistes commencés en Sicile se prolongèrent dans l'ensemble de l'Italie (il y eut 80 morts le 6 mai 99 à Milan sous les fusils du général Bava Baccaris) ; ils ne s'apaisèrent qu'à la mort du roi Humbert assasiné à Monza par l'anarchiste Bresci [note en bas de page: Benito Mussolini protestait contre ceux des socialistes qui désavouent Bresci]." (p.205)

    "En janvier 1915, exclu du parti socialiste et chassé de la direction de l'Avanti, Mussolini, devenu favorable à l'intervention aux côtés de l'Entente, fonda les Fasci d'azione revoluzionaria. Ceux-ci ne doivent pas être confondus avec les Fasci interventisti, fondés par d'anciens socialistes de droite et des syndicalistes (Bissolati, Corridoni), qui présent en commun avec les premiers le fait d'être issus du mouvement ouvrier et d'être, cependant, nationalistes.
    C'est seulement le 23 mars 1919 que fut fondée à Milan sous le nom de
    Fasci Italiani di combattimento l'association dont procède le parti fasciste actuel." (p.206)

    "Le fascisme est le régime dans lequel la souveraineté appartient (en fait sinon en droit) à un parti militarisé qui délègue à vie cette souveraineté à son chef. [...]
    Ce régime implique la suppression de toute activité politique -et même, à certains égards, intellectuelle et religieuse- autre que celle des fascistes ; il exige la soumission sans réserve de chaque personne, sous peine de violences effrénées
    ." (p.206-207)

    "Si le communisme et le fascisme présentent un grand nombre de caractères communs, cette similitude est due en premier lieu au fait que les fascistes italiens se sont appropriés l'acquit de l'expérience bolchéviste. L'Etat mussolinien n'est que la réédition de l'Etat développé (malgré lui) par Lénine. Les Russes ont en quelques sorte montré aux Italiens avec quelle légèreté le chef d'un parti d'hommes bien organisés et violents peut traiter une représentation élue." (p.207)
    -Georges Bataille, "Le fascisme en France", 1934, repris dans Œuvres complètes, tome II, Gallimard, NRF, 1970, 461 pages.


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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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