L'Hydre et l'Académie

    André Rauch, Luxure. Une histoire entre péché et jouissance

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    Johnathan R. Razorback
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    André Rauch, Luxure. Une histoire entre péché et jouissance

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 29 Mai - 14:46

    "Comme le signale l'étymologie du mot, la luxure consiste en surabondance. Elle s'apparente à la notion grecque d' "hybris", absence de mesure, de modération. C'est une forme de provocation insolente face au divin. Luxuriance ou somptuosité, son éclat frappe les sens." (p.9-10)

    "La luxure entretient un lien étroit avec la rêverie." (p.14)

    "Dans l'Antiquité, l'idéal de virginité avait été prôné par les Stoïciens. Leur défiance à l'égard de l'hédonisme les avait conduits à préférer le mariage à des relations sexuelles dispersées. Ils déclaraient cependant que le renoncement complet au plaisir physique restait supérieur au mariage. Célibat et abstinence l'emportaient sur tout. Le thème est repris par saint Paul, qui y voit un remède utile aux chrétiens incapables de supporter une cure aussi radicale: "S'ils manque de continence, qu'ils se marient, car mieux vaut se marier que brûler" écrit-il. En faisant baisser une fièvre dévorante, le mariage atténue la morsure de la concupiscence, sans guérir pour autant le mal.
    Le mariage doit donc servir d'appareil défensif contre les violences de l'élan sexuel
    ." (p.33)

    "Croître, multiplier et remplir la terre en application de la bénédiction divine est le véritable don du mariage. Dans ses Stromates, Clément (150-220), évêque d'Alexandrie et fondateur de sa célèbre École de théologie, recommande, à celui qui a pris femme en vue d'avoir des enfants, de pratiquer la continence, sans chercher le plaisir avec son épouse, "qu'il se doit d'aimer, mais n'ayant, dans un désir honorable et modéré, qu'une seule idée: les enfants" (III, 7). Hors procréation, le désir sexuel expose à outrepasser la prescription et entraîne l'excès et ses débordements, c'est-à-dire la luxure." (p.35)

    "Des formules célèbres du Lévitique Torah (Pentateuque)] ont condamné les conduites homosexuelles: "Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme, c'est une abomination" (XVIII, 22)." (p.44)

    "La nature du plaisir dans Histoire de ma vie diffère profondément des romans libertins de son époque: on n'y trouve pas ces pôles habituels que sont les perversions sexuelles ou les cruautés mondaines, ni les fausses pudeurs ou les séquences en trompe-l'œil. [...] Casanova prêche la bonne humeur: à l'opposé des amours fatales, il tient à son plaisir." (p.130)

    "Les romans libertins avaient accoutumé leurs lecteurs à une action lente qui cultivait l'attente et le crescendo. Alors que dialogues ambigus, atermoiements malicieux, tergiversations coquines, durée imposée à la manifestation du désir, faisaient leur charme, ces artifices sont ici réduits a minima: les images vont tout de suite à la conclusion. Les obscénités recherchées de Gorge profonde se concentrent sur les organes sexués. La fiction ne nécessite aucune trame narrative: elle affiche et décrit la montée et l'éclosion de l'orgasme. Réduite à une épure d'érotisme, la pornographie nécessite donc des séquences-choc, qui visent à mobiliser immédiatement le spectateur. Les approches amoureuses deviennent des temps creux." (p.211)
    -André Rauch, Luxure. Une histoire entre péché et jouissance, Armand Colin, Malakoff, 2016, 239 pages.


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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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