L'Hydre et l'Académie

    Anticapitalisme catholique (Etienne Cabet, Charles Péguy, Emmanuel Mounier, Gilbert Chesterton)

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    Johnathan R. Razorback
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    Anticapitalisme catholique (Etienne Cabet, Charles Péguy, Emmanuel Mounier, Gilbert Chesterton)

    Message par Johnathan R. Razorback le Dim 9 Avr - 15:00

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Anticapitalisme#Certains_courants_chr.C3.A9tiens

    « On trouvera dans le Catéchisme officiel de l'Église (§ 2424) une explication de ce profond rejet à travers une critique du système capitaliste que Marx aurait pu signer des deux mains : « Une théorie qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime de l'activité économique est moralement inacceptable ». Ce n'est évidemment pas l'argent en soi, a fortiori son partage qui sont condamnés, mais ce glissement inexorable par lequel il devient fin plus que moyen, signant ainsi le passage d'une logique de l'être à une logique de l'avoir. »  Luc Ferry, « Sur la religion catholique », in Le Figaro, jeudi 23 août 2012, page 19.

    « Peu d'écrivains socialistes ont élaboré une critique plus approfondie, radicale et corrosive de la société bourgeoise moderne, de l'esprit d'accumulation capitaliste et de la logique impersonnelle de l'argent que Charles Péguy. Il fonda une tradition spécifiquement française d'anticapitalisme progressiste chrétien. » -Michael Löwy, La cage d'acier: Max Weber et le marxisme wébérien, Paris, Éditions Stock, coll. « Un ordre d'idées », 2013.

    "Principe métaphysique de l’optimisme libéral ; laissées à elles-mêmes, les libertés humaines, pense-t-on, établissent spontanément l’harmonie. L’expérience a montré au contraire que la liberté sans discipline laisse le champ aux déterminismes du mal, où les plus forts dépossèdent et oppriment les plus faibles."

    "Ce n’est pas l’économie qui y est au service de l’homme, c’est l’homme qui y est au service de l’économie. En d’autres termes, on ne règle pas la production sur la consommation et celle-ci sur une éthique des besoins de la vie humaine, - mais la consommation, et à travers elle l’éthique des besoins et de la vie sur une production effrénée. L’économie devient un système clos, avec son jeu propre, et l’homme doit y soumettre son mode et ses principes même de vie. Il n’y a plus de choses dès lors, pour lui, il n’y a que des marchandises, plus de besoins, mais seulement un marché, plus de valeurs aimées, mais seulement des prix."

    "Le souci du profit, à la limite purement mécanique, et déshumanisé, expulse ou dévie progressivement toutes les valeurs humaines : amour du travail et de sa matière, sens du service social et de la communauté humaine, sens poétique du monde, vie privée, vie intérieure, religion."

    "La hiérarchie industrielle n’est plus que le masque de la puissance des banques et de la bourse. – Enfin cette même puissance s’est soumise l’organisme politique : représentation et autorité publique (corruption parlementaire, administrative, policière, judiciaire, etc.) ; opinion (domination occulte de la presse par subventions, agences d’informations et de publicité, etc.). La démocratie politique n’est plus que le masque d’une oligarchie économique."

    "L’homme étant partiellement corrompu, la liberté matérielle intégrale, quand elle dispose de moyens aussi puissants que ceux de l’ère industrielle et financière, aboutit fatalement, non pas à l’harmonie, mais à la guerre et à la tyrannie. C’est le libéralisme qui est utopie. Le réalisme c’est d’encadrer cette liberté par des institutions qui en préviennent les tentations. Le capitalisme défend l’initiative et la liberté de quelques-uns par l’asservissement de la majorité. Nous voulons pour tous la contrainte matérielle des institutions nécessaires afin d’assurer à tous une liberté matérielle sans danger."

    "Les techniciens pourront alors substituer une économie dirigée ou mieux orientée, avec toute la souplesse nécessaire, sur le canon des besoins, à l’économie anarchique et productiviste dirigée par le profit et l’intérêt particulier, et résorber le parasitisme des intermédiaires par leur réduction à l’espace minimum nécessaire aux échanges.

    Toutes ces mesures supposent une éducation parallèle des hommes ; pour arracher de leur cœur, en même temps que de leurs appareils sociaux le règne de l’argent, de ses cupidités, de ses violences, de ses petitesses, et de la médiocrité où il abaisse toute vie spirituelle
    ."
    -Emmanuel Mounier, Révolution personnaliste et communautaire, 1934, Chapitre VI : Anticapitalime, p.117-122.

    « L'avenir dira si l'authentique élan anticapitaliste qui anime au moins une fraction active du monde fasciste a l'importance et l'efficacité que nous lui souhaitons. » -Emmanuel Mounier, Esprit, N° 33, juin 1935, p.474-480. Repris in Œuvres, tome 4, Paris 1963, p.844.



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