L'Hydre et l'Académie

    Jean-Jacques Rosa, Le renouveau de la tradition libérale, démocratique, et d'indépendance des nations

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    Johnathan R. Razorback
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    Jean-Jacques Rosa, Le renouveau de la tradition libérale, démocratique, et d'indépendance des nations

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 12 Nov 2016 - 23:15

    http://jeanjacques.rosa.pagesperso-orange.fr/RFL-juin99.pdf

    "1. D'un côté, les partisans des Etats-nations indépendants (contre les Etats supranationaux et
    les empires) souhaitent réaffirmer l'autorité de ces Etats et s'inquiètent de l'affaiblissement de
    leur emprise sur l'économie nationale en raison de l'ouverture, du libre-échange et de la
    mondialisation.

    Modernes dans leur combat pour l'indépendance des nations et leur droit à disposer d'un Etat autonome, ils sont restés conservateurs dans leur vision de l'économie et de la politique économique. Parce que les grands Etats du vingtième siècle ont adopté une politique dirigiste et enserré l'économie dans un réseau étroit de contraintes, ils croient que la gestion bureaucratique est inséparable de la grandeur de l'Etat, confondant fiscalisme, dimension géographique et indépendance, Etat lourd et Etat fort.

    Pourtant, personne ne contestera que les Etats "légers" du XIXème siècle, la France, l'Angleterre, l'Autriche, les Etats-Unis, dont l'appareil bureaucratique se nourrissait de peu d'impôt, aient été des grandes nations indépendantes et souveraines, alors même que régnaient le libéralisme et le libre-échange. Les souverainistes dirigistes se trompent par conséquent lorsqu'ils font d'une politique économique étatiste et protectionniste la condition indispensable de l'indépendance nationale et de la souveraineté des Etats. C'est, au contraire, l'existence de marchés mondiaux qui permet aujourd'hui aux Etats de plus petite dimension d'exister en se développant économiquement par l'exportation et l'importation. Le libre-échange est la condition de survie des petits et moyens Etats. Un grand marché national n'est plus la condition indispensable de la souveraineté.

    2. Les libéraux de leur côté pensent que tout ce qui affaiblit l'Etat (nécessairement interventionniste et fiscaliste selon eux) est bon pour l'économie et les libertés individuelles. Ils en viennent à souhaiter la quasi-dissolution du pouvoir des Etats dans de grands marchés planétaires, et par suite, la disparition de la politique.

    Moyennant quoi beaucoup d'entre eux adoptent sans s'en rendre compte la politique de Gribouille: ils favorisent la construction d'un Très Grand Etat supranational dans l'espoir d'affaiblir l'Etat-nation. Ils tombent de Charybde en Scylla ! Et cela parce qu'ils désespèrent d'obtenir une réforme libérale de la société française, la plus fonctionnarisée et la plus fiscalisée de toutes les sociétés occidentales développées.
    Mais ils ont tort: Le super-Etat européen viendra s'ajouter à l'Etat national sans réduire son importance, tout comme la réforme régionale a ajouté un échelon politico-administratif à ceux déjà en place sans en abolir aucun. D'autre part, la réforme libérale a commencé en France, avec les privatisations. Elle est insuffisante, beaucoup trop lente, mais elle s'accélèrera demain si les libéraux expliquent qu'un Etat plus léger sera plus fort et font - logiquement - alliance avec les souverainistes
    ."
    -Jean-Jacques Rosa, Le renouveau de la tradition libérale, démocratique, et d'indépendance des nations, Colloque "Les libéraux et l'Etat-Nation", Juin 1999.


    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point." -Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie : Chapitre VI, 1840.


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