L'Hydre et l'Académie

    Épicure, Œuvre

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    Johnathan R. Razorback
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    Épicure, Œuvre

    Message par Johnathan R. Razorback le Mer 28 Sep - 21:59

    "Épicure est né en -341 (ou en -342) à Samos. Son père Néoclès est un clérouque à Samos, c'est-à-dire un colon athénien envoyé en poste avancé pour renforcer la cité mère, avec pour récompense un petit lot de terre (klèros). Natif de Samos, Épicure est donc resté citoyen d'Athènes où il arrive en -321. C'est l'année de la mort d'Alexandre ; l'année suivante Aristote meurt à Chalcis en Eubée. S'ouvre à ce moment une période de troubles et de dissensions. La domination d'Alexandre avait consacré la fin de l'autonomie des cités. Ses généraux se disputent maintenant son empire. [...] Le monde clos s'est ouvert, laisse l'individu seul et sans doute désemparé." (p.XIII)

    "Épicure aurait dès l'âge de 14 ans, à Samos, suivi les leçons du platonicien Pamphilos, qui ne lui plurent pas. Il vient à Athènes à 18 ans faire le service des éphèbe, et aurait alors eu des rapports avec l'Académie où enseignait Xénocrate, successeur de Speusippe, lui-même successeur de Platon. Il constitue son système contre Aristote -celui des "dialogues perdus", très platonicien alors- et contre Platon. Il revient à Athènes en -307/306. Il y occupe une maison étroite (trop petite pour le nombre de ses amis, dit Cicéron), et surtout le Jardin, où il enseigne. Pendant les quarante-six années qu'il lui reste à vivre, guerres et émeutes se succèdent. Il meurt en -271. L'homme est attachant ; le sage est fascinant: il peut aussi exaspérer par l'orgueil dont on l'accuse et par ses paradoxes. Épicure, par exemple, dit de lui-même qu'il n'a été le disciple que de lui-même. Orgueil, passion folle d'Épicure pour la gloire, qui lui fait récuser ses maîtres, diront ses ennemis. Il est au centre de sa philosophie. L'épicurisme est la philosophie d'Épicure. Quel truisme ! Mais le stoïcisme, fondé par Zénon de Citium à la même époque, ne s'appelle pas le "zénonisme". Et si l'on parle de platonisme ou d'aristotélisme ce n'est pas que Platon ni Aristote se fussent mis au centre et comme sujet de leur philosophie. C'est ce que fit Épicure ; et pour cela il fut calomnié, raillé, insulté. On ne peut pas ne pas commencer par l'homme, dans sa vie, son comportement, sa santé même. Il faisait pitié physiquement, au point que, pendant de nombreuses années, il ne put se lever de son lit. Il dépensait quotidiennement un rien pour se nourrir. Il ne pouvait regarder le soleil ni le feu, ni supporter un manteau jeté sur ses épaules, nous dit la Souda. Malgré tout il vécut jusqu'à 72 ans." (p.XIII-XIV)

    "Ce serait aussi pour sauver la liberté humaine de la nécessité démocritéenne qu'Épicure aurait introduit le clinamen." (p.XVIII)

    "La forme humaine des dieux [...] fait vraiment partie du dogme épicurien." (p.XXV)

    "Non, de fait, je ne saurai, pour ma part, concevoir ce qu'est le bien si je retranche les plaisirs des saveurs d'un côté, et celles du sexe, des concerts et de la beauté, de l'autre.", écrit Épicure dans son traité La Fin" (p.XXXVII)

    "Lucrèce parle de la vénérable pensée de Démocrite." (p.XL)

    "Épicure introduit le temps, l'avenir dans la problématique du plaisir, dans le calcul des plaisirs et la prévision des conséquences." (p.XLI)

    "Certes il n'y a pas de système de plaisir chez La Fontaine, mais une compréhension profonde d'un épicurisme vécu d'élégante manière, qui sait se référer à des problèmes posés par Épicure, et renvoyer à Lucrèce." (p.XLIX)

    "Casanova connaît à fond la doctrine d'Épicure. Il la connaît comme un disciple." (p.XLIX)
    -Daniel Delattre & Jackie Pigeaud, préface à Daniel Delattre & Jackie Pigeaud (éds), Les Épicuriens, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 2010, 1481 pages.

    "Il faut en outre garder en mémoire que le futur n'est pas sous notre gouverne et qu'il n'y échappe pas non plus tout à fait, afin que nous ne nous attendions pas à ce qu'il advienne tout à coup, et que nous ne désespérions pas le voir jamais advenir.
    Il faut en outre prendre en compte que, parmi les désirs, les uns sont naturels et les autres sans fondement ; que parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires et les autres seulement naturels ; et que, parmi les désirs nécessaires, les uns sont nécessaires au bonheur, d'autres à l'absence de tourments corporels, et d'autres à la vie elle-même. En effet, une observation rigoureuse des désirs sait rapporter tout choix et tout rejet à la santé du corps et à l'absence de trouble de l'âme, puisque c'est là la fin de la vie bienheureuse. {De fait, ce pour quoi nous faisons tout, c'est pour éviter la douleur et l'effroi. D'ailleurs, une fois que cet état nous advient, toute la tempête de l'âme se dissipe, le vivant n'ayant pas à se mettre en marche vers quelque chose qui lui manquerait ni à rechercher quelque autre chose, grâce à laquelle le bien de l'âme et du corps atteindrait à sa plénitude (de fait, c'est quand l'absence du plaisir nous cause de la douleur que nous avons besoin du plaisir): nous n'avons plus besoin du plaisir.}
    Voilà justement pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse
    ." (p.47)
    -Épicure, Lettre à Ménécée, in Daniel Delattre & Jackie Pigeaud (éds), Les Épicuriens, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 2010, 1481.


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