L'Hydre et l'Académie

    Ce que je crois

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    Johnathan R. Razorback
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    Ce que je crois

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 21 Juin - 16:42

    "L'état d'urgence n'est ni une augmentation des moyens ou des effectifs de police (ce qui passerait par un texte budgétaire) ni un degré de déploiement ultime des forces de sécurité (comme l'échelon maximal du plan Vigipirate par exemple). C'est un état d'exception, une suspension de l'ordre légal pouvant être déclaré sur tout ou partie du territoire "soit en cas de péril imminent résultant d'atteintes graves à l'ordre public, soit en cas d'événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique." (les détails intéressants ici: https://www.legifran...EXT000006068145)." (15/04/2016, cf: https://www.liberaux.org/index.php/topic/53407-aujourdhui-en-france/page-2#entry1391420 ).

    "Le rôle d'un Etat c'est de garantir la protection des libertés individuelles de ses citoyens (et idéalement des étrangers présents sur son territoire).

    Dès l'instant où on autorise un Etat a violer la souveraineté d'un autre et d'aller faire joujou sur son territoire, malgré toutes les bonnes raisons humanitaires du monde, il en résulte des catastrophes. L'humanitarisme est à la politique étrangère ce que le socialisme est à la politique intérieure.

    L'Irak, la Lybie et la Syrie sont des démonstrations grandeur nature que la tyrannie est souvent bien moins terrible que le retour brutal à l'état de nature. Ce n'est pas une raison pour préférer la tyrannie à la liberté, mais c'est une raison pour réfléchir à deux fois avant d'attaquer un ordre établi, fût-il mauvais.
    " (21 juin 2016, cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/53597-lislamophobie-et-le-liberalisme-sont-ils-compatibles-spoiler-non-spoiler/page-4#entry1420364 ).

    "La souveraineté a un caractère général, public, politique. Elle peut se rapporter à l'Etat, on parlera alors d'un Etat souverain, c'est-à-dire d'un Etat qui ne dépend que lui-même pour prendre ses propres décisions (à l'inverse d'une colonie, ou d'un Etat membre d'une Fédération, qui limite son champ d'action). La souveraineté peut aussi se rapporter à la Nation, elle exprime alors le caractère démocratique du régime, par opposition à une monarchie." (21 juin 2016, cf: https://www.liberaux.org/index.php/topic/53597-lislamophobie-et-le-liberalisme-sont-ils-compatibles-spoiler-non-spoiler/page-11#entry1420732 ).

    "Dans le monde social, un individu est toujours contraint de prendre en compte autrui lorsqu'il fait des choix. Il n'y a aucun moyen de supprimer la pression sociale, tout groupe fonctionne en définissant un intérieur et un extérieur, en imposant certaines normes, plus ou moins contraignantes, à ses membres. La pression de la communauté peut certainement être anti-individualiste, mais elle n'est pas antilibérale du moment qu'elle n'est pas sanctionnée par la loi ou permise par l'incapacité de l'Etat a assurer la sécurité des citoyens. La liberté de l'individu ne peut pas être pensée en termes d'absence de pression sociale, car une telle situation est impossible." (21 juin 2016, cf: https://www.liberaux.org/index.php/topic/53597-lislamophobie-et-le-liberalisme-sont-ils-compatibles-spoiler-non-spoiler/page-11#entry1420732 ).

    "Le libéralisme est une doctrine politique qui concerne les droits individuels, l'intolérance sociale vis-à-vis de la liberté de mœurs est un autre problème, plus culturel que politique." (21 juin 2016, cf: https://www.liberaux.org/index.php/topic/53597-lislamophobie-et-le-liberalisme-sont-ils-compatibles-spoiler-non-spoiler/page-11#entry1420748 ).

    "On va encore me dire (et ce n'est pas inexact) que je cultive une nostalgie coupable, mais il me semble que le triomphe de l'écologisme à gauche marque un vrai déclin intellectuel, une chute qualitative par rapport au marxisme des années 50-70.
     
    Marx, suivant en cela le cartésianisme et les Lumières, donnait au communisme la tâche "d'humaniser la nature" ; l'écologisme nous dit maintenant que c'est à la Nature d'humaniser l'homme.
     
    Le marxisme se voulait une pensée scientifique et rationnelle ; on dit nous maintenant qu'il faut s'ouvrir à une "pensée sans raison" (de type mystique donc), que "tout passe par les sens et non par la raison" (à ceux qui ne voient pas le problème, je rappelle que les sens nous assurent que c'est le Soleil qui tourne autour de la Terre...).

    Le côté anti-moderne de l'écologisme ressort bien de son opposition à toutes les idéologies nées de la modernité. Je cite "prendre le relais des grands discours de la modernité – libéralisme, socialisme, anarchisme, communisme, etc)."

    Je me dit souvent que ce discours sur la culpabilité et l'orgueil immodéré de l'homme moderne joue un rôle analogue à la doctrine chrétienne du péché ("plaç[er] au centre du débat la finitude de notre planète et la nécessité absolue de lutter contre la part sombre de l’homme, le désir de toute-puissance que les Grecs nommaient hubris").
    " (21 juin 2016, cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/51437-ces-phrases-qui-vous-ont-fait-littéralement-hérisser-le-poil-2/page-657#entry1420789 ).

    "L'attitude que je recommande serait un "pessimisme méthodologique". Il est plus sage de rester méfiant et attentif aux risques, même improbables, et de ne surtout pas tomber dans l'illusion moderne selon laquelle l'avancée radieuse du progrès est inévitable. N'oublions pas, ainsi que le soulignait Aron, le fait que l'histoire est tragique." (22 juin 2016, cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/53599-france-apaisée-mais-risque-de-guerre-civile-en-fin-de-journée/?p=1420987 ).

    "Les droits n'existent qu'en vertu de leurs conditions de possibilité, dont on peut soutenir que tous un chacun a le devoir de les maintenir, sous peine de sanctions en cas de manquement.

    Prenons un exemple concret: la mobilisation des citoyens en cas de guerre. A première vue, ça ne semble guère libéral: l'Etat exige des individus un comportement positif (actif) qui excède la seule exigence de ne pas violer les droits d'autrui. Mais si on y réfléchit bien, continuer à avoir des droits égaux en cas de défaite militaire n'est pas certain. La défaite d'une communauté politique peut se traduire par son démantèlement, la perte de sa souveraineté, et l'imposition d'un statut vassalisé aux survivants (pour prendre des exemples consensuels, pensons aux guerres coloniales ou à l'Europe de l'Est sous domination nazie puis communiste). Comme dirait Arendt, le premier des droits est d'avoir des droits, et on voit mal comment cela est possible à celui qui ne dispose pas d'une communauté politique autonome (dans la modernité: un Etat souverain).

    Par conséquent, un Etat est selon moi fondé à déchoir de sa nationalité un individu qui refuse de le défendre en cas de guerre, car la situation inverse serait une situation asymétrique où un individu exigerait d'autrui un comportement en sa faveur (la défense de ses droits), sans assurer la réciproque. Dans les termes de Rand, on peut dire que ce passager clandestin exige qu'autrui se sacrifie pour lui. Une communauté politique soucieuse de survivre ne peut pas accepter ce genre de choses ; l'exclusion me semble donc raisonnable. En revanche l'emprisonnement ou l'exécution sommaire façon 1914 sont clairement despotiques, puisque l'individu n'est pas simplement exclu politiquement, mais attaqué dans ses droits, que l'Etat, à défaut de défendre, n'a pas à violer sur les étrangers (ou apatrides) présents sur son territoire
    ."

    "Un apatride ne peut compter sur aucun Etat pour garantir même ses droits fondamentaux (vie, sécurité, etc.). Il est purement exclu et abandonné à son sort (une "vie nue" comme disait Arendt). Ce qui prouve bien que les droits sont conditionnés de facto à leurs conditions d'effectivité.

    A partir de là, ça ne me semble pas antilibéral d'exiger des citoyens le comportement minimum nécessaire à la défense de leur liberté (donc des devoirs), sous peine d'exclusion. L'exclusion n'est pas antilibérale, puisqu'aucun droit n'est violé. Ils cessent simplement d'être protégés par la force publique, c'est-à-dire la puissance d'une collectivité donnée
    ."

    "Je n'ai pas prétendu que droits et devoirs se répondaient symétriquement, termes à termes. Je pense que pour voir ses droits (en bloc) assurés, il faut (en bloc) accepter comme devoirs ce qui rend possible l'effectivité de ses droits. Après, le problème est de clarifier le contenu de ce "ce qui rend possible". L'exemple de la mobilisation militaire ci-dessus me paraît un bon point de départ, suffisant au moins pour expliquer pourquoi je crois erroné de dire que les droits existent sans contreparties. Soutenir l'inverse révèle une volonté de parasitisme.

    Ce n'est peut-être pas très évident au niveau macro où se situait mon premier exemple. Mais imaginons une situation sans Etat, disons un groupe de trois individus explorant une île déserte, agressés par une tribu locale. Diriez-vous que les membres du groupe violent les droits de leur compère, s'ils décident de se séparer de lui après qu'ils leur aient signifiés son intention ne pas les soutenir en cas d'agression ? Non n'est-ce-pas (ce serait re-légitimer le délit de non-assistance à personne en danger...). Par conséquent il n'y a rien d'antilibéral et d'injuste à ce qu'une communauté (politique), exclue les individus qui ne se plient pas aux règles nécessaires à sa survie. Et la Cité (communauté de communautés comme dirait Aristote) ou l'Etat-Nation sont parfaitement légitimes d'agir de même si un individu ne se plient pas à ses devoirs (au sens où j'ai défini le terme).

    C'est du contractualisme élémentaire au fond: si on ne veut pas défendre le Léviathan, il ne faut pas se plaindre d'être rejeté dans l'état de nature. Tout bien réfléchit, il me semble que ça devrait paraître acceptable même du point de vue libertarien
    ."
    (2 septembre 2016, cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/51437-ces-phrases-qui-vous-ont-fait-littéralement-hérisser-le-poil-2/page-678#entry1453993 ).

    "Je pense tout d’abord que les Républiques sont intrinsèquement supérieures à toutes les autres communautés politiques. Elles sont territorialisées, fondées sur un ancrage territorial qui assure une certaine homogénéité (mais sans être closes comme les tribus) ; caractéristiques qui les distinguent des Empires qui sont par définition expansionnistes (ils n’ont pas tant des frontières que des lignes de front) et par voie de conséquence à cheval sur plusieurs peuples (d’où une instabilité inhérente).

    Les monarchies n’étant pas sujettes à la fuite en avant caractéristiques des Empires, elles peuvent sembler de bonnes candidates pour rivaliser avec les républiques comme formes institutionnelles pour un Etat libéral. La méfiance générale des libéraux vis-à-vis de la démocratie (qui n’est pas la même chose que la République, comme on le verra plus bas), fait dire à certains que :
     
    « L'Etat capitaliste est aristocratique parce que distant, avec cependant une tonalité suffisamment bourgeoise pour évoquer les gouvernements de la Monarchie de Juillet. De toute manière, un tel Etat n'a que fort peu de chances d'être républicain. » (Anthony de Jasay, L’Etat – La logique du pouvoir politique, Les Belles Lettres, coll. Laissez faire, 1994 (1985 pour la première édition anglaise), 500 pages, p.45)
     
    Je pense qu’un tel point de vue sous-estime le degré de libéralisme (étant entendu qu’aucun régime politique ne peut se prétendre un modèle pur), de plusieurs républiques à travers l’histoire : par exemple, la République de Venise ou la République des Provinces-Unies. Tout comme il sous-estime la Première République française (pré-jacobine s’entend), ou la Troisième République évoquée ici-même (régime assez libéral dans l’Hexagone, si on met entre parenthèses le fait qu’il était en même temps un Empire colonial…).
     
    Mais à défaut de prouver directement qu’un libéral devrait être républicain, je peux essayer de montrer pourquoi il ne devrait pas être monarchiste.
     
    Le libéralisme, dans sa branche dominante qui est relève de l’École des Droits naturels (je mets de côté les libéraux « utilitaristes »), s’est construit autour de l’idée que chaque individu doit se voir reconnu des libertés fondamentales qui découle de sa nature (et « précède » donc le politique, lequel n’est juste qu’à condition de servir de garant audits droits naturels). Or, si chaque individu dispose des mêmes droits, cela signifie bien qu’ils « naissent et demeurent libres et égaux en droits » (article 1er de la DDHC, 1789).
     
    Or la même idée est apparue longtemps avant la formation du libéralisme, dans le républicanisme romain (à ceci près qu’elle qualifiait les relations entre citoyens, et non entre tous les hommes). Cicéron écrit ainsi : « il n'y a plus de droits ni de règles dans une société dont les membres ne sont pas égaux. Si l'on ne veut point admettre l'égalité des fortunes, s'il faut avouer que celle des esprits est impossible, au moins doit-on établir l'égalité des droits entre tous les citoyens d'une même république. » (De Republica: http://oratio-obscur...-celuiqui.html)
     
    Je n’ai pas assez étudié les travaux de Quentin Skinner pour me former un avis, mais il semblerait qu’il y est eu une influence de ce républicanisme romain sur la formation du libéralisme britannique, via le rôle de passeur qu’a joué Machiavel sur Hobbes.

    Toujours est-il que pour la tradition républicaine, il n’y a pas de liberté sans égalité des droits, ce qu’admets également le libéralisme jusnaturaliste (Locke est même tellement égalitaire qu’il envisage des limitations du droit de propriété). Or cette égalité juridique des citoyens ne peut pas être pleinement compatible avec l’institution monarchique, qui appartient à un univers mental tout à fait distinct. Il suffit de se rappeler de l’antagonisme entre la philosophie des Lumières et l’Ancien Régime pour s’en convaincre. Ou encore de juger du degré de libéralisme des régimes de la Restauration.

    Et même dans le cas d’une monarchie constitutionnelle (donc dans une certaine mesure libérale-démocratique), l’égalité en droits ne peut jamais être réalisé du fait de la différence légale qui persiste entre le Souverain et ses sujets. Comme dit un bon représentant français du courant libéral-républicain :

    « L'hérédité n'est-elle pas une sorte d'apothéose, ne met-elle pas entre deux êtres nés avec les mêmes facultés et les mêmes droits une distance que la nature condamne. Si le trône est héréditaire, n'étendez-vous pas cette apothéose à une famille entière. Ne vaudrait-il pas mieux choisir un Roi par le sort comme Davius ou Saül. N'est-ce pas outrager au peuple que de lui dire le hasard est préférable à votre jugement. Et vous êtes si ignorants et si corrompus, vous êtes tellement indignes de choisir ceux qui vous gouvernent qu'il vaut mieux pour vous laisser au hasard le droit de désigner celui qui les choisira (plutôt) que de vous en charger. J'avoue que ce mépris du peuple, renfermé dans toute [...] d'hérédité, a toujours naturellement révolté mon âme amie de l'égalité. » (Condorcet, Lettre à Sieyès)

    Par conséquent, si un tel régime est libéral, ce sera en dépit de la monarchie plutôt que grâce à elle.

    Ceci étant exposé, je vais maintenant parler du rapport entre démocratie, république et libéralisme.

    Il faut commencer par dire que, contrairement à une caricature fréquente, les libéraux ne sont pas par principe contre la démocratie. J’ai cité Condorcet, mais on pourrait aussi se souvenir des positions d’Aron, de Mises (cf ma signature), de Gobetti, ou encore du fait que Tocqueville a pris parti pour la République et contre Louis Bonaparte. Ce que les libéraux redoutent, ce n’est pas la démocratie en soi, mais les excès démagogiques, clientélistes et liberticides dans lesquels elle peut sombrer. Mais cette approche sobre n’est pas incompatible avec le fait de prendre position en faveur de gouvernement du peuple (cf la citation de Machiavel dans ma signature). Et c’est d’ailleurs dans cette prudence que réside en partie la différence entre démocratie et République. Comme disait Régis Debray, la République, c’est la démocratie plus quelque chose. Et ce quelque chose en plus, ce sont notamment des garde-fous constitutionnels et institutionnels pour éviter, limiter, freiner, les tentations égalitaristes et liberticides que Tocqueville associait aux « temps démocratiques ». Comme dit Cicéron : « Il n'est pas d'État à qui je refuse plus péremptoirement le nom de république, qu'à celui où la multitude est la souveraine maîtresse. ». Et encore : « la démocratie sans frein nous donne le triste spectacle d'une multitude qui s'emporte aux derniers excès de la fureur ». Pour moi, une République, c’est cela : une démocratie qui a des freins.

    Cela implique également qu’une République doit se caractériser par la laïcité de l’Etat (et non de la société, aberration contemporaine promue à gauche comme à droite). Là où la monarchie est tentée par l’alliance du trône et l’autel (car comment justifier le statut d’exception du Souverain, sinon par une conception religieuse de l’Etat ?), une République doit être laïque, comme l’était la Turquie jusqu’à une date récente. Mais cela signifie seulement que ses agents, qui agissent au nom de la collectivité, ne manifestent pas leurs appartenances religieuses, pour éviter d’être accusés de partialité. L’espace public peut quant à lui être traversé par une pluralité religieuse, parce que l’homogénéité que j’évoquais plus haut est liée au territoire, à la volonté de vivre sous les mêmes lois, aux droits communs des citoyens, pas aux mœurs (religieuses ou non). La République n’a pas à produire ou à exiger une homogénéisation culturelle ou confessionnelle, celle-ci se produira (ou pas) dans la société civile. Et si la dynamique d’évolution de la société pousse une partie des citoyens au désir de faire sécession, hé bien, c’est malheureux, mais l’Etat n’a pas à conserver sa population par la force (comme l’a tenté la monarchie britannique face à la jeune république américaine, soit dit en passant). Le principe selon lequel « La République est une et indivisible » est seulement un principe d’intégrité territoriale face aux autres Etats : aucune partie du territoire ne peut être occupée, conquise, ou cédé contre paiement.

    En ce qui concerne le débat « centralisme versus décentralisation », je serais plutôt partisan de ne pas aller contre l’histoire propre à chaque pays. Je saisis mal l’enthousiasme « girondin » de certains libéraux. Comme si le fait de renforcer les échelons locaux ne se traduisait pas par une croissance accélérée de leurs administrations (regardez la réforme territoriale de Hollande) ! Et ce, pour une inefficacité toujours croissante…

    Quand je lis les discussions, j’ai l’impression de retrouver un schéma de pensée courant dans la gauche radicale : on pense les institutions comme quelque chose de purement extérieur, d’inaccessible, que l’on ne pourra jamais occuper pour réformer, et donc, tout espoir électoral étant implicitement rejeté, on se demande comment paralyser au maximum les institutions pour em….. les autres forces politiques. Ainsi Rincevent nous transforme le principe de séparation des pouvoirs en une recherche de la meilleure façon dont les institutions pourront « se paralyser »… Puisque le pouvoir est un mal en soi, ou en tout cas un outil à jamais hors de portée… Ce que j’appellerais un « défaitisme méthodologique », qui a sa cohérence, mais qu’on peut ne pas partager… Au contraire, si on pense que les institutions ont pour but de garantir les droits, il faut qu’elles fonctionnent. Et si on croit possible de les diriger pour réformer, il faut également que gouverner soit possible. On ne peut pas à la fois vouloir un bouleversement radical à la Thatcher et un Etat faible et paralysé…

    Dans cette optique, la Vème république, dans sa forme actuelle qui rend la cohabitation quasi-impossible, me semble parfaitement capable de permettre de gouverner. Et beaucoup plus stable et cohérente, beaucoup plus capable de surmonter une situation de crise que ne l’étaient les 3ème et 4ème République. De ce point de vue, même si on n’aime pas la politique économico-sociale de De Gaulle, je trouve que les institutions qu’il a fondé sont efficaces et pérennes.

    Donc, au risque de choquer à nouveau, le régime républicain de la France contemporaine me semble, à peu de choses près, aussi parfait qu’il soit possible de l’être. Le battage médiatique de la gauche radicale autour de la « sixième république » est un non-sens. Les problèmes politiques de notre pays ne sont pas d’origine institutionnelle. Ils tiennent soit au problème de la souveraineté, soit aux contenus concrets des politiques menées
    ." (3 septembre, http://www.liberaux.org/index.php/topic/53818-quelle-république/#entry1454297 )

    "La définition de la droite et de la gauche est un vieux casse-tête dans la mesure où elles sont plurielles toutes deux. Ce sont des notions assez flous. Néanmoins on peut convenir selon moi du critérium suivant:
     
    Tendent vers l'aile droite du spectre politique les forces politiques qui privilégient l'inégalité ; vers l'aile gauche celle qui privilégient l'égalité.

    Selon les domaines considérés, ça nous donne en gros cette schématisation (avec des frontières fluides entre chaque type):

    -Extrême-droite: inégalité raciale/religieuse (Nazisme, fascisme, etc.) et juridique (dimension contre-révolutionnaire = hostilité à l'égalité juridique défendue par la Révolution française) et matérielle (anti-socialisme ; anticommunisme) ;

    -Droite: inégalité uniquement matérielle (anti-socialisme ; anti-communisme) ;

    -Gauche: égalitarisme modéré (social-démocratie au sens large) ;

    -Extrême-gauche: égalitarisme radical (communisme).

    Sachant qu'on peut rajouter comme critère la plus grande acceptation, voire la justification ouverte de la violence, par les extrêmes.
     
    Le PS n'est pas socialiste au sens marxiste du terme, mais ça ne l'empêche pas de revendiquer un discours "égalitariste modéré", centré autour, non du renversement du capitalisme, mais de thématiques du genre "réduction des inégalités [sous-entendu: de richesses]", lutte contre "l'exclusion", égalité des chances", "promotion des femmes & minorités au postes de pouvoir", etc.. Quand au NPA, c'est un parti trotskyste, donc "égalitarisme radical", anticapitalisme, hostile à la division du travail, etc. Ce sont des partis de gauche et d'extrême-gauche. Ce souci de lutte contre l'inégalité n'est pas revendiqué par le FN, quelque soient ses lubies sur l'étatisation de tel secteur ou sur le protectionnisme. Les mesures peuvent éventuellement se recouper, pas les justifications.

    Autre critère plus difficile à manier, les partis de droite ou d'extrême-droite inclus beaucoup plus volontiers dans leurs discours (sinon dans leurs politiques publiques) un marqueur religieux, alors que les partis de gauche sont plus souvent laïcs voire porteur d'une critique de la religion (athéisme d'Etat dans le communisme). On ne verra jamais une personnalité politique de gauche dire quelque chose du genre
    « Qui n'a pas vibré au souvenir du sacre de Reims [...] n'est pas vraiment Français. » (Marion Maréchal-Le Pen, cf: http://www.lefigaro....-francais.php)."

    "Les fascismes sont antilibéraux et par voie de suite anticapitalistes (ils n'autorisent pas un usage de la propriété échappant au pouvoir de l'Etat), mais ils n'étaient pas socialistes, ils ne prétendaient pas mettre en place une société où les hommes seraient égaux (le fascisme n'est pas non plus universaliste: il ne prétendait pas tendre vers une révolution mondiale intégrant tous les peuples dans l'égalité et le bonheur, il ne prétend pas que ce qui vaut pour un homme vaut pour un autre homme, etc.). Ils font au contraire ouvertement l'éloge de la hiérarchie (naturalisée), entre les "races", les groupes humains, les individus, etc. Les points communs entre fascisme et bolchevisme sont bien réels, mais ils ne sont pas identiques. On pourrait définir le premier comme la tentative d'abolir l'égalité, et le second comme la tentative d'abolir les différences. Ni l'une ni l'autre n'étant réalisables en pratique, la violence totalitaire est obligée de suivre une fuite en avant perpétuelle."
    (13 septembre, cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/53788-le-burkini-sa-vie-son-oeuvre/page-24#entry1458107 ).

    "C'était un lieu commun longtemps avant l'apparition de la sociologie.

    "La Pauvreté est Mère du Crime."
    -Cassiodore, écrivain chrétien latin.

    La pauvreté (qui est par définition relative à autrui, à celui qui ne l'est pas ou moins), pousse facilement à l'envie, la jalousie, l'agressivité, etc. Particulièrement dans une société qui te bombarde de publicités toute la journée, qui te culpabilise de n'avoir pas "réussi".

    Mais je suis évident d'accord lorsque tu dis qu' "Être pauvre n'est pas une excuse pour mettre le feu à un véhicule". On peut constater des régularités statistiques entre pauvreté et criminalité, ça n'a jamais empêcher de sanctionner. J'aimerais bien que notre société sorte de l'aporie entre dédain des causes sociales d'une part, et "culture de l'excuse" à l'autre bord
    ." (19 octobre 2016, cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/53915-deux-policiers-sérieusement-blessés-par-des-cocktails-molotov/page-12#entry1472562 ).

    "Est pauvre l'individu qui dispose d'un niveau de richesses (bien matériels) et de signes monétaires significativement inférieur à la moyenne de la société dans laquelle il vit." (19 octobre, cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/53915-deux-policiers-sérieusement-blessés-par-des-cocktails-molotov/page-13#entry1472671 ).

    "Le problème de certains libéraux, c'est qu'ils confondent extension et puissance. Un Etat peut à la fois être faible (décision incohérente, corruption étendue, incapacité à assurer le régalien, subordination à un Etat étranger, etc.) et étendu (intrusif).

    C'est comme une supernova. Le "cœur" s'effondre mais l'étoile s'étend dans toutes les directions.

    La grande question est de savoir si on peut lutter contre cette extension sans en passer par un renforcement du cœur
    ."
    (26 octobre, cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/53965-lien-de-cause-à-effet-entre-la-faiblesse-du-pouvoir-politique-et-le-développement-économique/#entry1475389 ).

    "Le FN devient chaque jour un peu plus un parti de droite plutôt que d'extrême-droite. Suffit de lire la facho-sphère pour voir que ce parti les inspire de moins en moins (dirigé par un femme qui ne soutient pas la Manif pour Tous, le numéro deux est gay, y a des francs-maçons qui se baladent dedans, Marine tape sur l'islamisme plutôt que sur l'Islam, etc.).

    Sans compter les nostalgiques de l'Algérie française qui détestent le tournant gaulliste amené par Florian Philippot.

    Le FN se social-démocratise pour devenir présidentiable. Mais je pense que ça ne va pas être efficace au-delà d'un certain seuil, vu que ce qu'il prend d'électeurs à la droite, il risque de le perdre à l'extrême-droite. Il n'est d'ailleurs pas impossible que des partis à la droite du FN émergent ultérieurement
    ." (3 novembre, cf: https://www.liberaux.org/index.php/topic/53471-primaires-chez-les-répoublicains/page-23#entry1478207 ).

    "L' "interdiction du moindre déficit" (souvent appelée "règle d'or") n'est pas souhaitable, ne serait-ce parce que tous les Etats de l'Histoire subissent des déficits massifs en période de guerre (et on peut étendre cette nécessité à divers situations exceptionnelles). Donc l'absence de déficits doit être un souci (un choix partisan) dans la façon dont les politiques publiques sont menées, mais pas une obligation constitutionnelle (faute de quoi il faudrait la violer en certaines circonstances, et il est mauvais de créer des lois dont on peut être sûr qu'elles ne pourront pas être respectées).
     
    Ensuite sur la limitation de tous les mandats à une seule mandature. Il ne faut pas oublier que les mandats politiques sont revendiqués par des individus qui sont soutenus par des partis, habituellement ce sont des militants ou des cadres desdits partis. Lesquels doivent, dès qu'on arrive à un certain niveau (en gros au-delà du niveau municipal), faire de la politique à plein temps pour obtenir le soutien de leurs partisans, puis des électeurs. Ce qui entraîne une insécurité professionnelle pour tout candidat non-fonctionnaire. Si on veut réserver les mandats politiques aux fonctionnaires (et aux rentiers) en leur retirant toute possibilité d'être une voie de professionnalisation, la limitation à un mandat est effectivement le moyen approprié... Mais on exclu d'entrée de jeu la très grande majorité des citoyens. Le moyen est donc en contradiction avec l'objectif de "renouveler le corps politique".
     
    Sans parler du fait que les affaires publiques, n'en déplaise au spontanéisme des nuit-de-boutistes, sont complexes, et qu'un minimum d'expérience (et donc de familiarité) est indispensable pour comprendre ce qu'on y fait (ce qui est une condition non suffisante mais néanmoins nécessaire pour mener une bonne politique).
    " (20 novembre 2013, cf: http://www.institutcoppet.org/wp-content/uploads/2011/11/Essai-sur-les-limites-de-laction-de-lEtat.pdf ).

    "Je suis pas sûr que tous les individus marqués par le mode de production féodal veuillent de la propriété privée. Dans une société caractérisée par le poids des traditions et rétive au changement, ce n'est pas évident d'imaginer quelque chose qui n'a jamais eu lieu.

    Mais admettons que ce soit le cas, il n'en reste pas moins que l'ordre légal imposé par l'Etat est nécessaire pour réaliser ce désir. L'individualisme libéral a besoin de la médiation de l'Etat pour repousser le collectivisme communautaire et le parasitisme seigneurial (ce n'est pas un hasard si ce sont les paysans qui soutiennent, dès Saint Louis, la centralisation étatique, la mise en place de tribunaux royaux, contre leurs seigneurs locaux. Et on les retrouvera en soutien de la Révolution et de l'Empire, qui garantissent l'abolition des droits féodaux). Et donc la relation d'antériorité posée par Bastiat est fausse: au moins dans ce cas précis, c'est l'Etat qui précède la propriété privée
    ." (21 novembre, cf: https://www.liberaux.org/index.php/topic/53896-les-vidéos-de-lecole-de-la-liberté-bastiat-say-toqueville-ricardo-etc/?p=1486204 ).

    "Ce que les libéraux défendent comme étant "la propriété privée", c'est la propriété au sens plein, au sens romain. C'est un absolu: soit on est maître de son bien, soit on ne l'est pas.
     
    Ou alors on laisse les socialistes définir la propriété privée, mais alors il ne faut pas se plaindre (entre autres) du contrôle des loyers, après tout "ce n'est pas vraiment une remise en cause de la propriété privée" (et ils clignent de l'œil)
    ." (22 novembre, cf: https://www.liberaux.org/index.php/topic/53896-les-vidéos-de-lecole-de-la-liberté-bastiat-say-toqueville-ricardo-etc/page-2#entry1486269 ).

    "Une démocratie est grande lorsque ses citoyens débattent et tranchent souverainement entre des alternatives politiques claires et substantielles.

    En démocratie représentative, la création de telles alternatives reposent sur des partis militants qui déterminent le meilleur programme pour appliquer une doctrine déterminée. Les questions de personnalités sont secondaires.

    Avec la fin des idéologies vient une indétermination croissante entre droite et gauche (et au sein de chacune d'elle). Les primaires consacrent la fin des partis militants héritées des deux derniers siècles. Elles ôtent aux militants la seule motivation "désintéressée" qui pouvait justifier leur engagement quotidien: la possibilité de déterminer leur programme, de choisir leur candidat. Désormais cette possibilité est donnée au premier venu. Il ne faut alors pas s'étonner que les partis voient le nombre de leurs adhérents disparaître, que l'abstention grimpe, etc. De même qu'il ne faut pas s'étonner que l'égo-cratie, la médiocrité s'installe: les candidats ne sont de plus en plus que les défenseurs de petits intérêts sectoriels, les "militants" restant, des gens moins intéressés par un projet pour le pays que par des gains individuels (postes municipaux, élus locaux, etc.).

    J'ai dis le premier venu, ce n'est pas exact. Les électeurs des primaires ouvertes sont plus représentatifs du corps électoral général que le corps des militant. D'où une tendance à tirer vers le centre le résultat de ces primaires. Les électeurs de gauche vote aux primaires de la droite (sans doute l'une des causes de l'élimination de Sarkozy), tout comme certains non-socialistes (et certains ici même), se tâtent pour voter aux primaires du PS. Ce qui ne fait qu'accentuer l'indétermination des politiques retenues.

    De là un désintérêt croissant pour la politique et le sentiment que seul un vote vraiment extrême peut changer quelque chose
    ." (5 décembre cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/54077-primaire-de-la-belle-alliance-populaire/page-1 ).

    "Mettons que la morale soit "le code de valeurs qui convient à l’homme pour [...] lui donner le moyen d’atteindre le bonheur." (Ayn Rand, L'Éthique Objectiviste, 1961).

    Même une fois posé que la morale est moralement supérieurement à la loi, ce n'est pas évident que le non-respect d'une loi injuste soit nécessairement moral (c.à.d, soit un comportement non-contradictoire avec la possibilité d'atteindre le bonheur). Antigone finit quand même sacrément mal..."

    "Le problème ce n'est pas la répression, le problème c'est le chaos. C'est toujours par rapport à lui qu'il faut se demander si, quand et de quelle manière il peut être rationnel de résister à un pouvoir injuste."
    (9 décembre. Cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/53407-aujourdhui-en-france/page-103#entry1493940 ).

    "Vu que je suis moi-même passé de l'anarchisme au libéralisme, je pense être bien placé pour répondre.

    Le problème de l'anarchisme, c'est qu'il est erroné sur les deux objets de réflexion les plus importants (ou au nombre des plus importants) en politique, à savoir l'Etat et l'économie.

    Les anarchistes sont antihiérarchiques, ils ne veulent pas obéir à une quelconque loi. Le problème, et ça vaut y compris pour l'individualisme de Stirner, c'est que ça finit en dilemme de sécurité, si aucun individu n'est engagé à rien vis-à-vis de ses semblables, alors il ne peut y avoir aucune sécurité, aucune confiance sociale, on s'en retourne à l'état de nature. Les anarchistes qualifient les prisons de structures répressives, mais ils sont incapables de penser la régulation de la violence. Dans le meilleur des cas ils évoquent des communautés autogérées, sans voir qu'être le juge de son voisin est beaucoup plus problématique pour faire respecter l'autorité de la loi (et éviter les vendettas) que de la déléguer à un arbitre étranger au conflit en présence (Lordon lui-même est de ce point de vue plus lucide que son public: http://hydre-les-cah...anarchiste.html). D'où le risque permanent de finir dans un climat sectaire où chacun surveille la conformité idéologique de son voisin. Ce n'est guère vivable et la plupart des communautés anarcho-communistes n'ont pas résisté à l'épreuve du temps.

    Ensuite sur l'économie, Lancelot l'a déjà un peu dit, si tu définis le salariat comme de l'oppression, évidemment que ça commence mal... Mais les anarchistes devraient se demander pourquoi les associations économiques de type coopératives sont si peu nombreuses. Ce n'est pas que le commun des mortels se compose d'aliénés qui adorent l'autorité. C'est simplement que les contraintes des organisations de type SCOOP sont souvent pires, elles ne sont pas ou guère rentables et il faut travailler énormément pour les maintenir à flou. De plus le groupe doit exercer un contrôle intense sur chacun de ses membres, ce qui détériore aisément les relations entre des gens auparavant unis par des relations amicales, familiales, ou par une proximité idéologique.

    Tout ceci montre que l'anarchisme n'est pas viable, surtout pour un individualiste. Stirner s'est gouré. Il aurait dû voir qu'il y a des conditions sociales et institutionnelles pour former des individus, lesquelles impliquent d'accepter un minimum de normes, non de "baser sa cause sur rien
    "." (12 décembre. Cf: http://www.liberaux.org/index.php/topic/54096-quest-ce-qui-sépare-lanarchie-du-libéralisme/?p=1494769 ).

    "Je voulais dire que dans les usages que j'ai constaté, lesdits anti-spécistes utilisent le terme de "spéciste" comme une accusation analogue à "raciste". Or cette analogie est infondée, non pas en raison de simples différences objectives (il y a aussi des différences objectives entre groupes humains, typiquement la couleur de peau, ou, curiosité génétique plus rare, la capacité pulmonaire supérieure des populations de hautes-montagnes, comme les Tibétains par exemple), mais parce qu'à la différence de l'humanité, il est factuellement exact de dire que le genre animal se divise en "races" (au sens d'espèces). Par conséquent on ne peut accepter les professions de foi du genre "combattre le racisme, l'islamophobie et le spécisme", parce que ce dernier élément n'est  pas du même ordre que les autres. Le raciste, avant d'avoir éventuellement politiquement et/ou moralement tort, a scientifiquement tort de distinguer des races. Mais pas le "spéciste".

    Une fois qu'on a bien distingué ce point, on peut passer à la question de la discrimination comme problème moral. On peut déjà faire remarquer que le racisme est irrationnel parce que, faute de correspondre à la réalité, il ne fait que masquer un arbitraire politique (ce qu'un dignitaire nazi a un jour avoué avec beaucoup de cynisme: "c'est nous qui décidons de qui est Aryen ou pas"). Mais est-ce que le fait que les représentations racistes soient factuellement erronées est suffisant pour juger qu'elles le sont moralement ? Ici on en revient à ma proposition que la moralité (à distinguer de l'éthique, mais en parlera peut-être plus tard), doit se définir en termes de droits naturels (les libéraux utilitaristes refusent la notion mais je veux pas alourdir le débat). Le racisme pose un problème moral lorsqu'il devient un principe qui régit l'ordre légal (c'est-à-dire quand l'autorité politique, au prétexte de la mythique "race", viole les droits de certains individus), parce qu'il nie l'égalité en droits des individus, hors de laquelle la vie sociale n'est plus que guerre civile larvée (esclaves contre esclavagistes, colonisés contre colons, serfs vs seigneurs, etc.). En revanche il n'est pas évidemment que le racisme soit un problème moral lorsqu'il régit des comportements privés non-immoraux (au sens définis précédemment). Je t'ai expliquée ma conception eudémonisme de la morale, hé bien, je ne trouve pas évident que le raciste qui boycotte tel quartier / pays / produit / personne se fasse du tort à lui-même. Il y a certes une perception erronée de la réalité, mais ça ne va l'empêcher qu'à la marge d'être heureux, du coup le racisme privé ne me semble condamnable que du point de vie éthique (mener une vie bonne au sens le plus extensif, la manière d'être, l'ethos), et non du point de vue moral (qui est très général, compatible avec des façons d'être pluralistes et jusqu'à un certain point contradictoires).

    Ceci suggère (sous les conditions que je viens de préciser) que la discrimination raciste n'est pas un problème moral (pour le néophyte cette phrase est choquante mais elle me semble cohérente avec toutes mes prémices). Plus généralement, la connotation péjorative du terme de discrimination est problématique car ce n'est jamais qu'un synonyme de sélection, choix, donc un corolaire de la liberté. A ce titre le libéralisme ne s'oppose pas à la discrimination, vu que ça impliquerait de contrôler le comportement d'autrui au-delà de la sanction de la violation des droits naturels (cf: http://www.wikiberal.org/wiki/Discrimination ).

    Si on admet qu'il n'y a pas de problème moral a exprimer des préférences subjectives (fussent-elles racistes), j'ai du mal à voir comment on peut condamner la préférence anthropocentrique dans des dilemmes moraux. Un individu rationnel choisi ce qui a le plus de valeur pour lui (ce qu'il estime être le plus à même de lui apporter le bonheur), s'il est confronté à un dilemme moral et qu'il préfère son voisin à son chat (ou le contraire), je ne vois pas où est le problème (de même, à la limite, que celui qui préfère un individu racisé comme "Aryen" à un individu racisé "Juif". C'est à lui que se pose le dilemme moral, c'est à lui de choisir. Et le but de la philosophie moral doite être de dégager les principes que doit suivre l'individu pour atteindre sa fin, son télos -le bonheur. Cela suppose bien qu'à un moment il émette une préférence quelconque. S'il préfère son chat à son voisin, c'est son droit le plus strict, et personne ne devrait le traiter d' "animaliste" comme s'il avait fait quelque chose de honteux).

    Donc pour conclure, mon sentiment est que cette histoire de spécisme, est (au moins pour les dilemmes moraux), un faux-problème. Et qu'encore une fois, la plupart des gens ne l'utilisent pas en s'élevant au niveau d'abstraction qui précède, mais comme un simple étiquette infâmante, tel le maoïste passant sa journée à pester contre les "déviationnistes de droite" et autres "révisionnistes petits-bourgeois ultraréactionnaires". C'est juste une insulte unilatérale
    ." (conversation personnelle, 17 décembre)

    "Le tirage au sort pose deux problèmes distincts: 1): risque d'impossibilité à former un gouvernement ; 2): si un gouvernement est formé, risque d'irresponsabilité élevée, les gouvernants n'ayant aucun intérêt particulier à être efficaces (de surcroît, si la composition des tirés au sort reflète, comme c'est sensé être sa vertu, la composition de la société, on aura comme dirigeants le même pourcentage d'analphabètes, de non-bacheliers, de repris de justice, etc., que leur poids social. De quoi nous faire trouver les dirigeants actuels remarquablement compétents et intègres)." (19 janvier 2017, cf: http://forum.liberaux.org/index.php/topic/52876-emmanuel-macron-le-poison-davril/page-79#entry1507906 ).

    "On pourrait résoudre ces deux problèmes (empêcher les (ex)-politiciens de siéger au Conseil constitutionnel ; y nommer des individus compétents) en s'inspirant du Tribunal constitutionnel fédéral allemand ( https://fr.wikipedia...tionnel_fédéral), où ce sont des juges qui siègent. Mais plutôt que de les élire, un système de sélection au sort sur une liste de magistrats en fin de carrière me semble le plus apte pour limiter la corruption partisane." (20 vendredi 2017, cf: https://forum.liberaux.org/index.php/topic/54191-effets-et-fonctionnement-de-la-démocratie/page-3#entry1508205 ).

    "Le centre c'est surtout la frilosité, le "ça m'suffit", le refus de l'idéologie au nom du pragmatisme, le culte du compromis et du dialogue pour ne se mettre à dos personne et ne jamais assumer un choix tranché, l'immobilisme et la ligne de moindre résistance. Ce que certains appelleraient l'esprit bourgeois.

    Le centre c'est Hollande. C'est la médiocrité, qu'Alain Deneault définit comme l'absence de principes dans l'action
    ." (21 janvier cf: http://forum.liberaux.org/index.php/topic/52876-emmanuel-macron-ministre-puis-candidat/page-79#entry1508531 ).

    "J'aime bien Émile Armand mais il est victime de l'utopisme classique des anarchistes. C'est à dire qu'au lieu de résoudre la question de la préservation de la liberté, ils suppriment le problème: dans un monde post-étatique, l'humanité (postulent-ils) sera qualitativement supérieure ("les revendications individualistes ne sont réalisable qu'à la condition que soit courante dans le genre humain une certaine mentalité - sans qu'une conception de la vie autre que celle qui domine actuellement ne soit devenue une habitude, un acquis, une caractéristique de l'humanité" -Tiens, l'Homme Nouveau à la vie dure...), les individus agiront de manière équitables et réciproques, donc le gendarme et la prison ne seront plus nécessaires, précisément parce qu'on les aura supprimés... Ce n'est pas sérieux." (28 janvier 2017, https://forum.liberaux.org/index.php/topic/54206-présentation-frenchfrye/page-6#entry1511600 ).

    "Le libéralisme aurait besoin d'un zeste de passion romantique pour réchauffer les eaux glacées de son rationalisme analytique."
    (3 février 2017, cf: http://forum.liberaux.org/index.php/topic/53407-aujourdhui-en-france/page-117#entry1514335 )

    "Le seul moyen de définir objectivement (et non relativement à une partition politique contingente) l'extrémisme politique, c'est l'acceptation de la violence, de la violence offensive, insurrectionnelle et/ou impérialiste. Le bolchevisme est d'extrême gauche parce qu'antidémocrate (coup d'Etat contre les républiques "bourgeoises") et belliciste (exporter la révolution mondiale). L'Action française était un royalisme d'extrême-droite parce que favorable au "coup de force" (titre d'un ouvrage de Maurras), sans oublier son soutien à l'impérialisme fasciste." (12 février, http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/54270-lextr%C3%AAme-droite-cest-quoi/&page=2#comment-1517900 ).

    "Ce qu'il ne faut pas confondre, c'est que reconnaître le droit à un groupe de personnes de former une nouvelle communauté politique ("si une longue suite d'abus" l'y pousse, comme dirait la Déclaration d'Indépendance américaine), n'implique pas de soutenir tel ou tel tentative réellement existante. C'est le principe que défendent les libéraux: on n'a pas le droit de l'interdire, mais ça ne veut pas dire pour autant que c'est une chose à faire. C'est une liberté, pas une obligation. Le libéralisme n'est pas un sécessionnisme."
    (21 février, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/54121-les-droitards-quelle-plaie/&page=22#comment-1520566 ).

    "Le -isme, dans une doctrine, vise à affirmer la valeur, l'importance de ce qui précède. Le féminisme n'est étymologiquement pas conditionné à être égalitaire, vu que la valorisation de la femme en tant que telle n'a pas de raison particulière de s'arrêter à une (difficilement définissable) égalité hommes-femmes (le fameux quota de 50% dans tout et n'importe quoi) ; ça peut hypothétiquement enfler jusqu'au matriarcat absolu sans cesser d'être du féminisme.

    Ce qui, tout bien réfléchi, me paraît être une raison valable de ne pas se définir comme féministe. Humaniste suffit, on n'a pas besoin de se dire contre les violences / discriminations, etc. faites aux femmes, on peut être contre les violences faites aux humains sans distinctions." (8 mars, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/35655-le-f%C3%A9minimse-who-cares/&page=404#comment-1525912 ).

    "Je suis très déçu, c'est creux, il n'y pratiquement aucune phrase à sauver de cette tribune, pas de références historiques (ou même contemporaines sérieuses), pas le début d'un nouveau projet collectif, mais des contradictions (la culture française existe / n'existe pas / mais en fait si, elle existe) et des erreurs pures et simples, comme lorsqu'il dit que le français est ce qui fait de nous une communauté (en oubliant que c'est la langue officielle de 29 pays, une langue parlée sur tous les continents, et donc au mieux un trait secondaire de l'identité nationale). On comprend surtout que Macron a une approche complètement anti-assimilationniste de la nationalité: si chaque personne au monde "devrait pouvoir s'inscrire" dans la communauté nationale, ça signifie ni plus ni moins que cette dernière n'a aucune espèce d'exigence à avoir, qu'elle n'a qu'un devoir d'accueil et d'ouverture, et, à la limite, Macron est contradictoire avec sa propre position en ne proposant pas la naturalisation immédiate de tous les étrangers présents sur le territoire national.

    (A la limite, le concept d'étranger ne veut plus rien dire, vu que ce n'est plus qu'un français en puissance pas encore accueilli. Il y a là un paradoxe à creuser).

    Il a beau dire l'évidence, c.a.d qu'un peuple est davantage qu'une juxtaposition d'individus qui "coexistent passivement", il ne sait pas en quoi consiste ce supplément d'âme (pour paraphraser Bergson). Je ne sais pas, s'il voulait absolument éviter les difficultés que pose la notion d'identité culturelle, il pouvait se rabattre sur une conception traditionnelle à gauche de la Nation comme communauté civique. Mais non, même pas. Son discours est totalement vide et impolitique. C'est le discours qu'attendent les centristes démocrates-chrétiens et autres zélotes de la construction européenne (en finir avec le "fantasme de la France grande Nation", pour citer le macroniste Daniel Cohn-Bendit).  

    MLP et Fillon vont le bouffer, il n'y a rien dans son discours qui serait le début d'un commencement de réponse au problème de l' "insécurité culturelle".
    " (17 mars, http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/52876-emmanuel-macron-ministre-candide-puis-candidat-sinistre/&page=79#comment-1529544 ).

    "Si le libéralisme enfantait de bons tacticiens, ça se saurait (coucou le PLD).

    Quand tu vois un Hollande accéder à la magistrature suprême et une Rama Yade ne pas avoir 500 parrainages, tu commences à te poser des questions. A un moment donné, on ne peut pas tout mettre sur le dos des électeurs français drogués à l'étatisme
    ." (26 mars, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/54360-gr%C3%A8ve-g%C3%A9n%C3%A9rale-en-guyane/&page=2 ).

    "Pour paraphraser Lordon sur la liberté d'expression, la défense de la liberté d'autrui n'implique pas qu'on approuve les usages qu'autrui fait de sa liberté." (12 avril 2017, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/35655-le-f%C3%A9minimse-who-cares/&page=407#comment-1538346 ).

    "Depuis les années 2000, "on" a commencé à penser la République non plus comme un régime politique (démocratie représentative), un mode de résolution des conflits politiques, mais comme un projet commun fait de valeurs. "On" a ensuite fait un glissement supplémentaire en disant que la laïcité était une des "valeurs de la République" (plutôt que l'une de ses lois, la loi de 1905, aussi contingente et discutable que n'importe quelle loi). Et "on" a ajouté un glissement supplémentaire en redéfinissant la laïcité comme un athéisme implicite, un athéisme pratique (porter des signes religieux dans l'espace public devient un blasphème contre la laïcité, etc.). C'est la ligne "laïciste" d'une partie du PS (Valls, Peillon), et de LR (Sarkozy, etc.). Ligne reprise par le FN. Et "on" s'étonne ensuite que le FN monte inexorablement, alors que ce sont nos dirigeants qui, depuis 10 ans, ont, principalement à des fins électoralistes, et au nom d'une redéfinition antilibérale de la laïcité, progressivement diffusé l'idée que l'islam était un problème ?" (16 avril 2017, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/52684-front-national/&page=39#comment-1539917 ).

    "L'être humain à une part de non-rationnel en lui (ce qui n'est pas la même chose que l'irrationalisme, qui consiste à mettre le non-rationnel à la place du rationnel), il s'ensuit que la totalité des comportements et des jugements de valeurs ne peut pas être rationnalisable. Par exemple, ça me semble quasiment impossible de prouver qu'un jugement de valeur esthétique est meilleur qu'un autre, et que ceux qui préfèrent le rouge au vert ont tort de le faire.  

    Pour autant il est possible que les êtres humains, parce qu'ils partagent une nature commune (ce qui suppose de ne pas jeter aux orties, avec Marx ou Sartre, le concept de nature humaine), ne puisse réaliser leur finalité dernière (c.a.d le bonheur, cf les observations d'Aristote et Pascal que j'ai cités précédemment) que grâce à un même mode de vie (ce que les Grecs appelaient la vie bonne). La tâche de la philosophie morale est de trouver en quoi consiste ce mode de vie. On peut la subdiviser entre la morale proprement dite, qui dégage des principes très généraux acceptables par des individus qui divergent encore sur leur genre de vie, mais qui cherchent à cohabiter sans se nuire (et là on ne peut pas ne pas retomber sur quelque chose comme les droits individuels), et l'éthique, qui s'intéresse à l'ethos, la manière d'être, les genres de vie différents qui peuvent exister au sein du cadre moral précédent. L'éthique a donc un domaine de recherche vaste et complexe. C'est elle qui cherche à savoir si, par exemple, il est bon, mauvais, ou indifférent de se prostituer, de faire des promesses difficilement tenables, de mentir ou encore de pratiquer une religion, un sport, etc.., etc.

    Ultimement, la recherche éthique (à supposer qu'elle ne soit pas éternelle, de nouvelles situations se formant continuellement) peut parvenir à démontrer la supériorité d'un mode de vie sur tous ceux qui se concurrencent pacifiquement, mais il ne faut pas entendre par là quelque chose de trop précis, trop particulier. Il est improbable qu'elle aboutisse à des propositions du genre "N'épouses qu'une femme brune de moins de trente ans" ou "Deviens astronaute" ou "Meuble ta maison de la liste de choses suivante...". Il est plus probable qu'elle parvienne à démontrer la validité de propositions d'un niveau intermédiaire de généralité, du genre "Épouses une femme que tu aimes plutôt que celle qui plait le plus à tes parents" ou "Évite les sports dangereux".
    " (16 avril cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/35655-le-f%C3%A9minimse-who-cares/&page=422#comment-1539951 ).

    "Le syndrome du "et en même temps" est toujours actif. On peut être député encarté PS, et en même temps il faut construire une majorité claire pour incarner le renouveau.

    Macron, ou la politique à l'état liquide. Le triomphe du marchandage permanent. On revient vers des formes de parlementarismes des 1ère, 2ème et 3ème républiques, où les partis sont faibles ou inexistants, contrôlent peu leurs députés, les laissent faire et défaire des majorités selon des combinaisons instables. Le spectacle va être au rendez-vous.

    Pourvu qu'ils ne touchent pas aux institutions
    ." (5 mai 2017, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/52876-macron-ministre-candide-candidat-sinistre-futur-pr%C3%A9sident-de-la-fra%C3%B4nce/&page=113#comment-1548348 ).

    "Personnellement je considère que la catégorie de populisme n'a aucune pertinence conceptuelle. Elle a un sens comme catégorie de la pratique, comme discours de delégitimation utilisé par certains politiciens et intellectuels divers, mais c'est une catégorie purement formelle, sans contenu substantiel.

    L'attitude qui consiste à flatter le peuple pour s'attirer ses faveurs (alors même que les conséquences sont funestes) se nomme démagogie ; c'est une perversion de la démocratie aussi vieille que la démocratie elle-même. Il faut imposer son emploi contre la catégorie de populisme, car cette dernière n'éclaire rien (tandis qu'on peut toujours argumenter, sur un point précis, du caractère démagogique de telle proposition. Le "populisme" du dirigeant honni, lui, s'éclipse dans le brouillard de l'hostilité partisane, dans la généralité d'un personnage ou d'un collectif, et reste à jamais vide de sens, de contenu concret, indémontrable)
    ." (23 mai, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/52876-macron-ministre-candidat-pr%C3%A9sident/&page=147#comment-1554132 ).

    "On ne peut pas définir la liberté (politique) par la capacité à faire des choix. L'esclave aussi fait des choix, contraint le plus souvent, mais ça reste des choix. Et il n'est pas libre, même s'il se révolte. Il ne peut être libre que si le reste de la société finie par accepter qu'il soit libre ; autrement dit il faut définir la liberté comme un état de fait qui présuppose une reconnaissance mutuelle de liberté, un désir mutuel, collectif, de vivre libres." (3 juin 2017, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/54416-principes-du-lib%C3%A9ralisme-ab%C3%A9c%C3%A9daire-%C3%A0-l%E2%80%99usage-des-militants-et-des-curieux/&page=6#comment-1558135 ).

    "Faillite mentale de ceux qui voient quelque chose de totalitaire dans la social-démocratie française. Les totalitarismes n'ont jamais fait de l'individu, de son plaisir, de son "bien-être" ; bref de son caprice, un principe. La social-démocratie peut pervertir la démocratie libérale uniquement parce que le libéralisme affirme préalablement la valeur de l'individu. Il suffit de renverser les termes pour que tout ce que l'individu valorise puisse être susceptible d'obtenir une reconnaissance politique (hier le ministère de la qualité de vie, aujourd'hui le ministère de l'écologie et de l'égalité réelle, à quand ceux du jeu vidéo et des raton laveurs ?).

    Ce n'est donc pas un hasard si la social-démocratie est le "projet" politique (à vrai dire plutôt une politisation de l'intime, des lubies personnelles) d'antilibéraux mous et opportunistes, plutôt que de collectivistes décidés. Seuls les premiers peuvent ériger un hédonisme hygiéniste, "libertaire" et narcissique en principe.
    " (7 juin 2017, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/53407-aujourdhui-en-france/&page=96#comment-1559048 ).

    "Je complète mon message d'hier en disant que si on voulait vraiment, dans une visée principalement rhétorique et tribunicienne, faire un parallèle entre social-démocratie et totalitarisme, on pourrait dire que la première à quelque chose d'un renversement du second (le renversement des termes implique donc qu'ils ne sont pas radicalement hétérogènes).

    Le totalitarisme impliquait l'absorption de la sphère privée dans la sphère publique (je ne dis pas sphère politique, la politique étant le monopole du parti unique dans ce système). La social-démocratie donne plutôt l'impression d'une extension ou d'une projection de la sphère privée dans la sphère publique (ce que j'ai appelé la politisation de l'intime). "Le privé est politique", mot d'ordre du gauchisme culturel, exprime bien cette dimension: http://oratio-obscura.blogspot.fr/2016/09/le-gauchisme-culturel-des-origines-au.html

    Cette thèse permettrait également de contribuer à expliquer la tendance néo-tribaliste contemporaine ("des candidats qui vous ressemblent !"). La sphère intime, de l'immédiat, des gens "comme nous", s'étend dans la sphère publique où le même (le concitoyen, qui est l'altérité, non au sens politique mais au regard de l'originel) est repoussé au profit du Même le plus primitif (identité de "race", de sexe, de confession).
    " (8 juin 2017, cf:
    http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/53407-aujourdhui-en-france/&page=96#comment-1559048 ).

    "C'est important de tenir compte de la légalité: 1): lorsque les règles légales sont moralement légitimes ; 2): même lorsqu'elles ne le sont pas, il faut en tenir compte dans les calculs moraux ne serait-ce que par prudence (leur violation, légitime, étant susceptible d'entraîner des réactions violentes).

    L'action militaire est pour moi légitime lorsque:

    1): Un pays tiers envahit notre territoire, on se défend.

    2): Un pays tiers auquel nous sommes liés par un alliance militaire publique est attaqué ; sa défense est alors une extension de notre défense nationale.

    3): Un pays tiers non lié par une alliance nous demande de l'aide et nous considérons qu'y consentir est nécessaire pour protéger nos ressortissants sur place et/ou pour assurer notre sécurité à plus long terme. L'intervention française au Mali pourrait être une illustration de ce point.

    4): Une résolution du conseil de sécurité de l'ONU condamne un pays belligérant et autorise les autres Etats membres à engager des forces pour le repousser sur son territoire et la France estime pertinent de participer à ladite coalition. C'est en gros une variante du point précédent
    ." (16 juin, cf: http://forum.liberaux.org/index.php?/topic/52826-lessiver-l%C3%A9tat-islamique/&page=21 ).

    "L'approche anti-substantialiste de l'axe droite/gauche (leurs éléments ne seraient que contingents, l'inverse des éléments de l'autre moitiés de l'axe, échangeables historiquement) est intéressante, mais je reste attaché à un substantialisme "minimal", avec l'idée que l'axe fonctionne selon une logique inégalité - égalité. Il faudrait également le soumettre à une analyse du rapport au temps, et notamment au futur. Les gens n'ont pas le même selon qu'ils soient de droite ou de gauche (bien sûr il faudrait affiner encore selon les droites et les gauches)."
    (2 août 2017, cf: https://forum.liberaux.org/index.php?/topic/53110-vid%C3%A9os-du-youtute-gauchiste-propagande-socialiste-gr%C3%A2ce-au-capitalimse/&page=28#comment-1571673 ).


    _________________
    «You'll have to think harder than you've ever done before, because you will be on your own -relying on your own judgment and the logic of the arguments you hear or consider, rejecting all authorities and all bromides, and taking nothing on faith. »  
    -Ayn Rand.



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