L'Hydre et l'Académie

    Willeime, L'Amour de la Raison Universelle

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    Johnathan R. Razorback
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    Willeime, L'Amour de la Raison Universelle

    Message par Johnathan R. Razorback le Mer 21 Oct - 22:12

    http://www.willeime.com/index.htm

    "La réalité n’ayant été conçue ni pour moi, ni pour l’espèce humaine, ni même pour n’importe quel but ou chose particulière, je suis ignoré par l’ordre naturel, et donc constamment confronté à un océan de souhaits irréalisés. Face à cette condition, l’esprit peut abandonner son Désir, le refouler, le condamner et même le nier jusqu’à tendre à redevenir une pierre, ou à l’opposé il peut le vivre héroïquement, comme Epicure, dans “la joie mêlée de larmes”, ce sentiment de puissance qui envahit celui qui, bien que pleinement conscient de sa condition, l’a surmonté par une joie plus forte, venue du plus profond de son être.

    Renoncer à son Désir, c’est renoncer à soi-même et se laisser détruire complètement. Tenir fermement à son Désir, c’est exister réellement. Par ce simple raisonnement, l’homme libéré connaît sa supériorité sur les cœurs qui gémissent, renoncent, ou fuient devant le réel. Comprenant sa condition d’être singulier dans un univers aveugle, l’homme libéré réalise l’origine de sa souffrance. Il voit qu’elle est le prix des belles choses qu’il a dans son cœur. Grâce à cette vision, sa tristesse n’est plus aliénante. Elle produit même une gloire existentielle qui l’invite à mener une vie héroïque. “Va ton chemin en indestructible”10 lançait Epicure à son disciple Colotès. L’homme libéré sait que le sens de sa vie n’existe qu’à travers l’accomplissement de ses raisons intimes et meurt avec sa soumission au monde. Par conséquent, se contenter de ses instincts primaires et des normes de son temps, ou prendre peur et s’enfuir dans une fable, ce serait laisser son être disparaître et mourir de son vivant. Pour l’esprit animé par la complète sincérité, l’ignorance, la confusion et les fables mensongères ne sont d’aucun réconfort. Tout ce qui le détourne de son Désir est une menace à sa seule chance d’exister véritablement. Dans le cœur dur et sensible de l’homme libéré, la faiblesse et le mensonge seront bannis, tandis que la vérité devra être recherchée, et comprise à n’importe quel prix. Il en va de son existence.

    [...] L’homme libéré s’est levé pour regarder l’horizon au loin, et a osé proclamer que défier le destin sera son mode d’existence. Désormais, ses plus beaux rêves, mêmes irréalisés, ne peuvent plus le détruire ni le hanter, car ils sont les émanations secondaires d’une puissance d’être devenue invincible. A tout désir particulier et fluctuant s’est désormais associée à une joie permanente d’exister, qui elle ne s’épuise pas, et transparaît en retour dans chaque désir et amour singulier. Porté par son héroïsme existentiel, l’homme libéré a découvert le miracle qui sommeillait en lui. La vraie sagesse, ce n’est pas renoncer à son Désir, se contenir ou se réprimer, mais au contraire de s’exalter afin d’accomplir des chefs-d’œuvre.

    Le cœur du sage est animé par l’amour le plus pur, le plus sincère et le plus puissant qu’un esprit puisse avoir pour lui-même ; un sentiment de gloire intérieure à l’opposé de l’humilité, mais qui ne doit pas non plus être confondu avec la fougue irrationnelle de la jeunesse, l’arrogance des sots et des malpolis, et est même le contraire de la vanité et autres parures superficielles venant du mensonge envers soi. Cet amour, cette force capable de résister à l’adversité, et d’imposer le produit de sa conscience au monde défini notre liberté.
    "

    "Le sage aura bien plus d’estime et de sympathie pour les cœurs libres avec lesquels il aura eu des désaccords clairs et assumés, qu’avec tous ceux qui, sous l’influence des codes sociaux dictés par les âmes impuissantes, croient se rendre agréables par la pratique de ce mensonge qu’ils appellent tolérance ou politesse."


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    « Et comment peut-il être bon, lui qui n’a pas même de sévérité contre les méchants ! »  
    -Archélaos de Sparte.


    « Agir par vertu n’est autre chose en nous qu’agir et vivre, conduits par la raison, et conserver son être, et d’après ce fondement de la vertu qu’il faut rechercher sa propre utilité. »
    -Spinoza, Éthique, IV, 24, 1677.


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