L'Hydre et l'Académie

    Gilles Deleuze & Félix Guattari, L'Anti-Œdipe + Mille plateaux & autres oeuvres

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    Johnathan R. Razorback
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    Gilles Deleuze & Félix Guattari, L'Anti-Œdipe + Mille plateaux & autres oeuvres

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 10 Oct - 20:44

    http://www.cequisecret.net/sites/secret/public/pdf/Deleuze_Gilles_Guattari_Felix_LAnti-Oedipe.pdf

    http://www.cequisecret.net/sites/secret/public/pdf/Mille-Plateaux-Gilles_Deleuze.pdf

    http://material-forces.blogspot.fr/2014/03/deleuze-guattari-textes-bibliographie.html

    http://1libertaire.free.fr/DeleuzeStructuralisme.html

    "La philosophie est l'art de former, d'inventer, de fabriquer des concepts."

    "Si le philosophe est l'ami ou l'amant de la sagesse, n'est-ce pas parce qu'il y prétend, s'y efforçant en puissance plutôt que la possédant en acte ?"

    "[La philosophie] n'est pas la réflexion, parce que personne n'a besoin de philosophie pour réfléchir sur quoi que ce soit: on croit beaucoup donner à la philosophie en en faisant l'art de la réflexion, mais on lui retire tout."

    "Si la philosophie a une origine grecque autant qu'on veut bien le dire, c'est parce que la cité, à la différence des empires ou des États, invente l'agôn comme règle d'une société des "amis", la communauté des hommes libres en tant que rivaux (citoyens)."

    "Il n'y a pas de concept simple. Tout concept a des composantes, et se définit par elles. [...] Tout concept renvoie à un problème [...] Tout concept à une histoire. [...] Chaque concept renvoie à d'autres concepts."

    "Un philosophe ne cesse pas de remanier ses concepts, et même d'en changer."

    "Un concept a toujours des composantes qui peuvent empêcher l'apparition d'un autre concept, ou au contraire qui ne peuvent elles-mêmes apparaître qu'au prix de l'évanouissement d'autres concepts."

    "Celui qui savait pleinement que l'immanence n'était qu'à soi-même, et ainsi qu'elle était un plan parcouru par les mouvements de l'infini, rempli par les ordonnées intensives, c'est Spinoza. Aussi est-il le prince des philosophes. Peut-être le seul à n'avoir passé aucun compromis avec la transcendance, à l'avoir pourchassé partout. [...] Il atteint des vitesses inouïes, des raccourcis si fulgurants qu'on ne peut plus parler que de musique, de tornade, de vent et de cordes."

    "On ne peut pas réduire la philosophie à sa propre histoire, parce que la philosophie ne cesse de s'arracher à cette histoire pour créer de nouveaux concepts qui retombent dans l'histoire, mais n'en viennent pas. Comment quelque chose viendrait-il de l'histoire ?"

    "On ne peut pas dire que le capitalisme à travers le Moyen Age soit la suite de la cité grecque. [...] Sous des raisons toujours contingentes, le capitalisme entraîne l'Europe dans une fantastique déterritorialisation relative."

    "C'est avec l'utopie que la philosophie devient politique, et mène au plus au point la critique de son époque."

    "Distinction dans l'action même entre les facteurs historiques et "la nué non-historique", entre l'état de choses et l'événement."

    "La philosophie moderne se reterritorialise sur la Grèce comme un rapport personnel. Ce sont les philosophes allemands surtout qui ont vécu le rapport avec la Grèce dans un rapport personnel. Mais justement ils se vivaient comme l'envers ou le contraire des Grecs, le symétrique inverse: les Grecs tenaient bien le plan d'immanence qu'ils construisaient dans l'enthousiasme de l'ivresse, mais ils devaient chercher avec quels concepts le remplir, pour ne pas retomber dans les figures d'Orient ; tandis que nous, nous avons des concepts, nous croyons les avoir, après tant de siècles de pensée occidentale, mais nous ne savons guère où les mettre, parce que nous manquons d'un véritable plan, distrait que nous sommes par la transcendance chrétienne."

    "Quel social-démocratie n'a pas donné l'ordre de tirer quand la misère sort de son territoire ou ghetto ?"

    "Les droits de l'homme ne disent rien sur les modes d'existence immanents de l'homme pourvu de droits. Et la honte [...] nous ne l'éprouvons pas seulement dans les situations extrêmes décrites par Primo Levi, mais dans des conditions insignifiantes, devant la bassesse et la vulgarité d'existence qui hante les démocraties, devant la propagation de ces modes d'existence et de pensée-pour-le-marché, devant les valeurs, les idéaux et les opinions de notre époque. [...] Nous ne sentons pas hors de notre époque, au contraire nous ne cessons de passer avec elle des compromis honteux."

    "Nous demandons seulement un peu d'ordre pour nous protéger du chaos."
    -Gilles Deleuze & Félix Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Les éditions de Minuit (coll. « Critique »), Paris, 1991, 206 pages.

    "Une phrase en nie d'autres, en empêche d'autres, contredit ou refoule d'autres phrases ; si bien que chaque phrase est encore engrossée de tout ce qu'elle ne dit pas, d'un contenu virtuel ou latent qui en multiplie le sens, et qui s'offre à l'interprétation, formant un "discours caché", véritable richesse en droit." (p.12)

    "Il se peut que Foucault, dans cette archéologie, fasse moins un discours de sa méthode que le poème de son œuvre précédente, et atteigne au point où la philosophie est nécessairement poésie." (p.27)

    "Science et poésie sont également savoir." (p.29)

    "Foucault n'a jamais pris l'écriture comme un but, comme une fin. C'est même cela qui en fait un grand écrivain, et qui met une joie de plus en plus grande dans ce qu'il écrit, un rire de plus en plus évident. [...] Il suffit que la haine soit assez vivante, pour qu'on puisse en tirer quelque chose, une grande joie, non pas d'ambivalence, non pas la joie de haïr, mais la joie de vouloir détruire ce qui mutile la vie." (p.31)

    "Qu'est-ce que le Pouvoir ? La définition de Foucault semble très simple, le pouvoir est un rapport de forces, ou plutôt tout rapport de forces est un "rapport de pouvoir". Comprenons d'abord que le pouvoir n'est pas une forme, par exemple la forme-Etat ; et que le rapport de pouvoir n'est pas entre deux formes, comme le savoir. En second lieu, la force n'est jamais au singulier, il lui appartient essentiellement d'être en rapport avec d'autres forces, si bien que toute force est déjà rapport, c'est-à-dire pouvoir: la force n'a pas d'autre objet ni sujet que la force. On n'y verra pas un retour au droit naturel, parce que le droit pour son compte est une forme d'expression, la Nature est forme de visibilité, et la violence un concomitant ou un conséquent de la force, mais non un constituant. Foucault est plus proche de Nietzsche (et de Marx aussi), pour qui le rapport de forces excède singulièrement la violence, et ne peut se définir par elle. C'est que la violence porte sur des corps, des objets ou des êtres déterminés dont elle détruit ou change la forme, tandis que la force n'a pas d'autre objet que d'autres forces, pas d'autre être que le rapport: c'est "une action sur l'action, sur des actions éventuelles, ou actuelles, futures ou présentes", c'est "un ensemble d'actions sur des actions possibles". On peut donc concevoir une liste, nécessairement ouverte, de variables exprimant un rapport de forces ou de pouvoir, constituant des actions sur actions: inciter, induire, détourner, rendre facile ou difficile, élargir ou limiter, rendre plus ou moins probable... . Telles sont les catégories de pouvoir. [...] Les grandes thèses de Foucault sur le pouvoir, telles que nous les avons vues précédemment, se développent en trois rubriques: le pouvoir n'est pas essentiellement répressif (puisqu'il "incite, suscite, produit") ; il s'exerce avant de se posséder (puisqu'il ne se possède que sous une forme déterminable, classe, et déterminée, Etat) ; il passe par les dominés non moins que par les dominants (puisqu'il passe par toutes les forces en rapport). Un profond nietzschéisme.
    On ne demande pas "qu'est-ce que le pouvoir ? et d'où vient-il ?", mais: comment s'exerce-t-il ? Un exercice de pouvoir apparaît comme un affect, puisque la force se définit elle-même par son pouvoir d'affecter d'autres forces (avec lesquelles elle est en rapport), et d'être affectée par d'autres forces. Inciter, susciter, produire (ou bien tous les termes de listes analogues) constituent des affects actifs, et être incité, être suscité, être déterminé à produire, avoir un effet "utile", des affects réactifs. Ceux-ci ne sont pas simplement le "contrecoup" ou l' "envers passif" de ceux-là, mais plutôt l' "irréductible vis-à-vis", surtout si l'on considère que la force affectée n'est pas sans une capacité de résistance. A la fois, c'est chaque force qui a un pouvoir d'affecter (d'autres) et d'être affecté (par d'autres encore), si bien que chaque force implique des rapports de pouvoir ; et c'est tout champ de forces qui répartit les forces en fonction de ces rapports et de leurs variations. [...]
    Le pouvoir d'être affecté est comme une matière de la force, et le pour d'affecter est comme une fonction de la force. Seulement, il s'agit d'une pure fonction, c'est-à-dire d'une fonction non-formalisée, saisie indépendamment des formes concrètes où elle s'incarne, des buts qu'elle sert et des moyens qu'elle emploie: physique de l'action, c'est une physique de l'action abstraite. Et il s'agit d'une pure matière, non-formée, prise indépendamment des substances formées, des êtres ou des objets qualifiés dans lesquels elle entrera: c'est une physique de la matière première ou nue. Les catégories de pouvoir sont donc les déterminations propres à des actions considérées comme "quelconques", et à des supports quelconques. Ainsi Surveiller et punir définit le Panoptique par la pure fonction d'imposer une tâche ou une conduite quelconques, sous la seule condition que la multiplicité soit peu nombreuse, et l'espace limité, peu étendu. On ne considère ni les formes qui donnent des buts et des moyens à la fonction (éduquer, soigner, châtier, faire produire), ni les substances formées sur lesquelles portent la fonction ("prisonniers, malades, écoliers, fous, ouvriers, soldats"...). Et en effet le Panoptique, à la fin du XVIIIème siècle, traverse toutes ces formes et s'applique à toutes ces substances: c'est en ce sens qu'il est une catégorie de pouvoir, pure fonction disciplinaire. Foucault le nommera donc diagramme, fonction qu'on "doit détacher de tout usage spécifique", comme de toute substance spécifiée. Et La Volonté de savoir considérera une autre fonction qui émerge en même temps: gérer et contrôler la vie dans une multiplicité quelconque, à condition que la multiplicité soit nombreuse (population), et l'espace étendu ou ouvert. C'est là que "rendre probable" prend son sens, parmi les catégories de pouvoir, et que s'introduisent les méthodes probabilitaires. Bref, les deux fonctions pures dans les sociétés modernes seront l' "anatomo-politique" et la "bio-politique", et les deux matières nues, un corps quelconque, une population quelconque. On pourra donc définir le diagramme de plusieurs façons qui s'enchaînent: c'est la présentation des rapports de forces propres à une formation ; c'est la répartition des pouvoirs d'affecter et des pouvoirs d'être affecté ; c'est le brassage des pures fonctions non-formalisées et des pures matières non-formées.
    Entre les rapports de forces qui constituent le Pouvoir et les relations de formes qui constituent le Savoir, ne faut-il pas dire ce que nous disions pour les deux formes, les deux éléments formels du savoir ? Entre le pouvoir et le savoir, il y a différence de nature, hétérogénéité ; mais il y a aussi présupposition réciproque, et captures mutuelles ; et il y a enfin primat de l'un sur l'autre. D'abord différence le pouvoir ne passe pas par des formes, mais seulement par des forces. Le savoir concerne des matières formées (substances) et des fonctions formalisées, réparties segment par segment sous les deux grandes conditions formelles, voir et parler, lumière et langage: il est donc stratifié, archivé, doué d'une segmentarité relativement dure. Le pouvoir, au contraire, est diagrammatique: il mobilise des matières et des fonctions non-stratifiées, et procède avec une segmentarité très souple. En effet, il ne passe pas par des formes, mais par des points, points singuliers qui marquent chaque fois l'application d'une force, l'action ou la réaction d'une force par rapport à d'autres, c'est-à-dire un affect comme "état de pouvoir toujours local et instable". D'où une quatrième définition du diagramme: c'est une émission, une distribution d'une singularités. A la fois locaux, instables et diffus, les rapports de pouvoir n'émanent pas d'un point central ou d'un foyer unique de souveraineté, mais vont à chaque instant "d'un point à un autre" dans un champ de forces, marquant des inflexions, des rebroussements, des retournements, des tournoiements, des changements de direction, des résistances. C'est pourquoi ils ne sont pas "localisables" dans telle ou telle instance. Ils constituent une stratégie, comme exercice du non-stratifié, et "les stratégies anonymes" sont presque muettes et aveugles, puisqu'elles échappent aux formes stables du visible et de l'énonçable." (p.77-80)

    "Les sciences de l'homme ne sont pas séparables des rapports de pouvoir qui les rendent possibles." (p.81)

    "Il faudrait confronter la pensée de Foucault et la sociologie des "stratégies" de Pierre Bourdieu: en quel sens celle-ci constitue une micro-sociologie. Peut-être faudrait-il rapporter les deux à la micro-sociologie de Tarde." (p.81)

    "La lutte pour une subjectivité moderne passe par une résistance aux deux formes actuelles d'assujettissement, l'une qui consiste à nous individuer d'après les exigences du pouvoir, l'autre qui consiste à attacher chaque individu à une identité sue et connue, bien déterminée une fois pour toutes. La lutte pour la subjectivité se présente alors comme droit à la différence, et droit à la variation, à la métamorphose." (p.113)

    "Que toute forme soit précaire est évident, puisqu'elle dépend des rapports de forces et de leurs mutations." (p.138)
    -Gilles Deleuze, Foucault, Les éditions de Minuit (coll. « Critique »), Paris, 1986.


    Dernière édition par Johnathan R. Razorback le Mar 18 Juil - 7:57, édité 1 fois


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    Re: Gilles Deleuze & Félix Guattari, L'Anti-Œdipe + Mille plateaux & autres oeuvres

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 1 Juil - 21:03



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    Re: Gilles Deleuze & Félix Guattari, L'Anti-Œdipe + Mille plateaux & autres oeuvres

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 31 Juil - 19:22

    « La théorie de la répétition historique de Marx, telle qu'elle apparaît notamment dans le Dix-huit Brumaire, tourne autour du principe suivant qui ne semble pas avoir été suffisamment compris par les historiens : que la répétition en histoire n'est pas une analogie ou un concept de la réflexion de l'historien, mais d'abord une condition de l'action historique elle-même. Dans de très belles pages, Harold Rosenberg a mis ce point en lumière : les acteurs, les agents de l'histoire ne peuvent créer qu'à condition de s'identifier à des figures du passé ; c'est en ce sens que l'histoire est un théâtre. » (p.125)
    -Gilles Deleuze, Différence et répétition, PUF, coll. Épiméthée, 1993 (1968 pour la première édition), 409 pages.



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