L'Hydre et l'Académie

    Jean-Jacques Rousseau, Oeuvres complètes

    Johnathan R. Razorback
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    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 3 Mar - 17:23

    http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&adv=1&tri=&t_relation=cb312571198&q=Oeuvres+compl%C3%A8tes+de+J+J+Rousseau+

    http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&adv=1&tri=&t_relation=cb300594925&q=Oeuvres+compl%C3%A8tes+de+J+J+Rousseau+

    http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&adv=1&tri=&t_relation=cb39019420q&q=Oeuvres+compl%C3%A8tes+de+J+J+Rousseau+

    "Le public est aujourd’hui si indisposé contre tout ce qui s’appelle nouveauté  ; si rebuté de systèmes et de projets [...] qu’il n’est plus guère possible de lui rien offrir en ce genre sans s’exposer à l’effet de ses premiers mouvements, c’est-à-dire, à se voir condamné sans être entendu."

    "N’avoir que la raison pour soi, ce n’est pas combattre à armes égales, les préjugés sont presque toujours sûrs d’en triompher, et je ne connais que le seul intérêt capable de les vaincre à son tour."

    "Pour détruire un système établi, il faut que celui qu’on veut substituer lui soit préférable, non seulement en les considérant chacun en soi-même et par ce qu’il a de propre, mais encore en joignant au premier toutes les raisons d’ancienneté et tous les préjugés qui le fortifient."

    "Les maîtres ne doivent pas craindre de redevenir écoliers."

    "Il parait étonnant que les signes de la musique étant restés aussi longtemps dans l’état d’imperfection où nous les voyons encore aujourd’hui, la difficulté de l’apprendre n’ait pas averti le public que c’était la faute des caractères et non pas celle de l’art, ou, que s’en était aperçu, on n’ait pas daigné y remédier."

    "Le raisonnement nous mène encore jusqu’à connaître sensiblement que la musique dépendant des nombres elle devrait avoir la même expression qu’eux : nécessité qui ne naît pas seulement d’une certaine convenance générale, mais du fond même des principes physiques de cet art."

    "J’entreprends de justifier la musique des torts dont on l’accuse, et de montrer qu’on peut, par des routes plus courtes et plus faciles, parvenir à la posséder plus parfaitement et avec plus d’intelligence que par la méthode ordinaire."

    "C’est en examinant les progrès de la musique que nous pourrons trouver le remède à ces défauts. Il y a deux cents ans que cet art était encore extrêmement grossier."
    -Jean-Jacques Rousseau, Dissertation sur la musique moderne (1743).

    "Je prévois qu'on me pardonnera difficilement le parti que j'ai osé prendre."

    "Je ne me soucie de plaire ni aux beaux esprits ni aux gens à la mode. [...] Il ne faut point écrire pour de tels lecteurs, quand on veut vivre au-delà de son siècle."

    "Après avoir soutenu, selon ma lumière naturelle, le parti de la vérité, quel que soit mon succès, il est un prix qui ne peut me manquer, je le trouverai dans le fond de mon cœur."

    "C'est un grand et beau spectacle de voir l'homme sortir en quelque manière du néant par ses propres efforts ; dissiper, par les lumières de sa raison, les ténèbres dans lesquelles la nature l'avait enveloppé ; s'élever au-dessus de lui-même ; s'élancer par l'esprit jusque dans les régions célestes ; parcourir à pas de géant, ainsi que le soleil, la vaste étendue de l'univers ; et, ce qui encore plus grand et plus difficile, rentrer en soi pour y étudier l'homme et connaître sa nature, ses devoirs et sa fin. Toutes ces merveilles se sont renouvelées depuis peu de générations."

    "Il règne dans nos mœurs une vile et trompeuse uniformité, et tous les esprits semblent avoir été jetés dans un même moule: sans cesse la politesse exige, la bienséance ordonne ; sans cesse on suit des usages, jamais son propre génie. On n'est plus paraître ce qu'on est ; et, dans cette contrainte perpétuelle, les hommes qui forment ce troupeau qu'on appelle la société, placés dans les mêmes circonstances, feront tous les mêmes choses si dans motifs plus puissants ne les en détournent [...] Les soupçons, les ombrages, les craintes, la froideur, la réserve, la haine, la trahison, se cacheront sans cesse sous ce voile uniforme et perfide de politesse, sous cette urbanité si vantée que nous devons aux lumières de notre siècle. [...] Il y aura des excès proscrits, des vices déshonorés ; mais d'autres seront décorés du nom de vertus ; il faudra ou les avoir ou les affecter.."

    "Nos âmes se sont corrompues à mesure que nos sciences et nos arts se sont avancés à la perfection. Dira-t-on que c'est un malheur particulier à notre âge ? Non, messieurs ; les maux causés par notre vaine curiosité sont aussi vieux que le monde."

    "Les hommes sont pervers ; ils seraient pires encore, s'ils avaient eu le malheur de naître savants."

    "Le faux est susceptible d'une infinité de combinaisons ; mais la vérité n'a qu'une manière d'être."

    "Les anciens politiques parlaient sans cesse de mœurs et de vertu ; les nôtres ne parlent que de commerce et d'argent."

    "L'empire romain, à son tour, après avoir englouti toutes les richesses de l'univers, fut la proie des gens qui ne savaient pas même ce que c'était que richesse."

    "Si la culture des sciences est nuisible aux qualités guerrières, elle l'est encore plus aux qualités morales."

    "Les récompenses sont prodiguées au bel esprit, et la vertu reste sans honneurs."

    "Grâce aux caractères typographiques et à l'usage que nous en faisons, les dangereuses rêveries des Hobbes et des Spinoza resteront à jamais."

    "A quoi bon chercher notre bonheur dans l'opinion d'autrui, si nous pouvons le trouver en nous-mêmes ?" (p.49)
    -Jean-Jacques Rousseau, Discours sur les sciences et les arts (1750), in Œuvres Complètes, Tome I.


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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.

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    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 30 Déc - 13:05

    https://fr.wikisource.org/wiki/%C3%80_Christophe_de_Beaumont

    "Après mon premier discours, j’étois un homme à paradoxes, qui se faisoit un jeu de prouver ce qu’il ne pensoit pas : après ma lettre sur la Musique françoise, j’étois l’ennemi déclaré de la Nation ; il s’en faloit peu qu’on ne m’y traitât en conspirateur ; on eût dit que le sort de la Monarchie étoit attaché à la gloire de l’Opéra : après mon Discours sur l’inégalité, j’étois athée & misanthrope : après la lettre à M. D’Alembert, j’étois le défenseur de la morale chrétienne : après l’Héloïse, j’étois tendre & doucereux ; maintenant je suis un impie ; bientôt peut-être serai-je un dévot.

    Ainsi va flottant le sot public sur mon compte, sachant aussi peu pourquoi il m’abhorre, que pourquoi il m’aimoit auparavant. Pour moi, je suis toujours demeuré le même ; plus ardent qu’éclairé dans mes recherches, mais sincere en tout, même contre moi ; simple & bon, mais sensible & foible ; faisant souvent le mal & toujours aimant le bien ; lié par l’amitié, jamais par les choses, & tenant plus à mes sentimens qu’à mes intérêts ; n’exigeant rien des hommes & n’en voulant point dépendre, ne cédant pas plus à leurs préjugés qu’à leurs volontés, & gardant la mienne aussi libre que ma raison : craignant Dieu sans peur de l’enfer, raisonnant sur la Religion sans libertinage, n’aimant ni l’impiété ni le fanatisme, mais haïssant les intolérans encore plus que les esprits-forts ; ne voulant cacher mes façons de penser à personne, sans fard, sans artifice en toute chose, disant mes fautes à mes amis, mes sentimens à tout le monde, au public ses vérités sans flatterie & sans fiel, & me souciant tout aussi peu de le fâcher que de lui plaire. Voilà mes crimes, & voilà mes vertus.
    " (p.7-8 )

    "Un Genevois fait imprimer un Livre en Hollande, & par arrêt du Parlement de Paris ce Livre est brûlé sans respect pour le Souverain dont il porte le privilege. Un Protestant propose en pays protestant des objections contre l’Eglise Romaine, & il est décrété par le Parlement de Paris. Un Républicain fait dans une République des objections contre l’Etat monarchique, & il est décrété par le Parlement de Paris. Il faut que le Parlement de Paris ait d’étranges idées de son empire, & qu’il se croie le légitime juge du genre humain." (p.8-9)

    "L’Athée Spinoza enseignoit paisiblement sa doctrine ; il faisoit sans obstacle imprimer ses Livres, on les débitoit publiquement ; il vint en France, & il y fut bien reçu ; tous les Etats lui étoient ouverts, par-tout il trouvoit protection ou du moins sûreté ; les Princes lui rendoient des honneurs, lui offroient des chaires ; il vécut & mourut tranquille, & même considéré. Aujourd’hui, dans le siecle tant célébré de la philosophie, de la raison, de l’humanité ; pour avoir proposé avec circonspection, même avec respect & pour l’amour du genre humain, quelques doutes fondés sur la gloire même de l’Etre suprême, le défenseur de la cause de Dieu, flétri, proscrit, poursuivi d’Etat en Etat, d’asyle en asyle, sans égard pour son indigence, sans pitié pour ses infirmités, avec un acharnement que n’éprouva jamais aucun malfaiteur & qui seroit barbare, même contre un homme en santé, se voit interdire le feu & l’eau dans l’Europe presque entiere ; on le chasse du milieu des bois ; il faut toute la fermeté d’un Protecteur illustre & toute la bonté d’un Prince éclairé pour le laisser en paix au sein des montagnes." (p.11)

    -Jean-Jacques Rousseau, Lettre à Christophe de Beaumont, 18 Novembre 1762, in Collection complète des œuvres de J. J. Rousseau, 1782 (Tome 6 : Mélanges (1), pp. 3-118).



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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