L'Hydre et l'Académie

    Gilles Lipovetsky, Oeuvres

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    Johnathan R. Razorback
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    Gilles Lipovetsky, Oeuvres

    Message par Johnathan R. Razorback le Ven 26 Déc - 23:50

    https://books.google.fr/books?id=dZ_3qN3MVH8C&pg=PT437&dq=Gilles+Lipovetsky&hl=fr&sa=X&ei=2vOdVMetGoWX7Aa36IGACg&ved=0CGEQ6AEwCA#v=onepage&q=Gilles%20Lipovetsky&f=false

    https://books.google.fr/books?id=-8Hp9UaafusC&printsec=frontcover&dq=Gilles+Lipovetsky&hl=fr&sa=X&ei=2vOdVMetGoWX7Aa36IGACg&ved=0CE0Q6AEwBQ#v=onepage&q=Gilles%20Lipovetsky&f=false

    https://books.google.fr/books?id=kLKFTOuao7QC&printsec=frontcover&dq=Gilles+Lipovetsky&hl=fr&sa=X&ei=2vOdVMetGoWX7Aa36IGACg&ved=0CEIQ6AEwAw#v=onepage&q=Gilles%20Lipovetsky&f=false

    "Une nouvelle modernité est née: elle coïncide avec la "civilisation du désir" qui s'est construite au cours de la seconde moitié du XXe siècle. [...]
    En quelques décennies, l'
    affluent society a bouleversé les genres de vie et les mœurs, elle a entraîné une nouvelle hiérarchie des fins ainsi qu'un nouveau rapport aux choses et au temps, à soi et aux autres. La vie au présent a remplacé les attentes du futur historique et l'hédonisme, les militantismes politiques ; la fièvre du confort s'est substituée aux passions nationalistes et les loisirs à la révolution." (p.10)

    "Quant à la croissance de l'économie mondiale, la voici qui repose en grande partie sur la consommation américaine, laquelle représente un peu moins de 70% du PIB des États-Unis et près de 20% de l'activité mondiale. La société d'hyper-consommation coïncide avec un état de l'économie marqué par la centralité du consommateur." (p.11)

    "Le matérialisme de la première société de consommation est passé de mode: nous assistons à l'expansion du marché de l'âme et de sa transformation, de l'équilibre et de l'estime de soi alors même que prolifèrent les pharmacies du bonheur. Dans une époque où la souffrance est vide de tout sens, où les grands référentiels traditionnels et historiques sont épuisés, la question du bonheur intérieur "refait surface", devenant un segment commercial, un objet de marketing que l'hyperconsommateur veut pouvoir se procurer clés en main, sans effort, tout de suite et par tous les moyens." (p.14)

    "On vit plus vieux, en meilleure forme et en bénéficiant de meilleures conditions matérielles. Chacun est reconnu maître dans la conduite de sa vie ; les naissances sont choisies ; les comportements sexuels sont laissés aux libres inclinations des hommes et des femmes. La part du temps non travaillé représente dans les pays les plus développés entre 82 et 89% de la durée totale du temps éveillé d'un individu. Le temps et l'argent consacré aux loisirs sont en hausse constante. Les fêtes, les jeux, les loisirs, les incitations aux plaisirs envahissent l'espace de la vie quotidienne." (p.15)

    "Si le PIB a doublé depuis 1975, le nombre de chômeurs, lui, a quadruplé. Nos sociétés sont de plus en plus riches: pour autant un nombre croissant de personnes vivent dans la précarité et doivent faire des économies sur tous les postes de leur budget, le manque d'argent devenant un souci de plus en plus obsédant." (p.15-16)

    "Contre la posture hypocrite d'une grande partie de la critique de la consommation, il faut reconnaître les éléments de positivité que comporte la superficialité consumériste." (p.16-17)

    "Rien ne vient confirmer les vues des plus pessimistes qui analysent la société de la satisfaction totale et immédiate comme la voie qui prépare l'éclosion d'un "fascisme volontaire". La vérité est que la société d'hyperconsommation est moins celle qui travaille à impulser un retour de bâton autoritariste que celle qui nous en protège. Et quelles que soient les menaces qui pèsent sur l'éducation et la culture, les capacités transcendantes, réflexives et critiques des sujets n'ont nullement été décapitées. Les raisons d'espérer ne sont pas caduques: malgré l'inflation des besoins marchandisés, l'individu continue de vivre pour autre chose que les biens matériels passagers. Les idéaux d'amour, de vérité, de justice, d'altruisme n'ont pas fait faillite: nul nihilisme complet, nul "dernier homme" ne se profile à l'horizon des temps hypermodernes." (p.18)

    "Le temps des révolutions politiques est achevé, celui du rééquilibrage de la culture consumériste et de la réinvention permanente de la consommation et des modes de vie est devant nous." (p.19)
    -Gilles Lipovetsky, Le Bonheur paradoxal. Essai sur la société d’hyperconsommation, Gallimard, coll. Folio essais, 2009 (2006 pour la première édition), 466 pages.




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