L'Hydre et l'Académie

    Christophe Ramaux, L'Etat social

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    Johnathan R. Razorback
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    Christophe Ramaux, L'Etat social

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 13 Déc - 10:06

    https://books.google.fr/books?id=_za3zcqiOecC&printsec=frontcover&dq=Christophe+Ramaux&hl=fr&sa=X&ei=Nw-MVO7dNMz0UKnIg9AJ&ved=0CC4Q6AEwAA#v=onepage&q=Christophe%20Ramaux&f=false

    "Nous ne vivons pas, à bien y réfléchir, dans des économies de marché, ni a fortiori dans des sociétés mono-capitalistes. Des marchés existent certes, mais nos économies sont d'ores et déjà des économies mixtes, avec du marché, du capital, mais aussi de l'économie sociale (associations, mutuelles, coopératives...) et plus encore de l'intervention publique. [...] Loin d'être marginale, elle est particulièrement importante. L'Etat social [...] [existe] dans la quasi-totalité des pays du monde, même si c'est selon des formes et une ampleur très variables. En France, près de la moitié du revenu des ménages est constitué de prestations et de transferts sociaux, et près d'un tiers des emplois relève du secteur public. Aux Etats-Unis, la retraite publique financée par cotisation occupe une place non négligeable, de même que l'école publique. Le Royaume-Uni, de son côté, est l'un des pays qui possède le système le plus socialisé au monde. [...]
    L'étendue des dépenses sociales publiques dans les pays de l'OCDE est [...] plus élevée aujourd'hui qu'elle ne l'était au début des années 1980.
    "

    "En France, le montant total des prestations de protection s'est élevé à près de 600 milliards en 2010, soit plus de 30% du PIB (c'est ce qu'on nomme le taux de redistribution sociale). Mais cela représente 37% du revenu disponible brut ajusté des ménages (c'est ce qu'on nomme le taux de socialisation du revenu), et même environ 45% si on ajoute les autres transferts sociaux en nature qui entrent dans ce revenu."

    "Dans de nombreux autres pays, à l'instar de ce qui prévaut en France, les prestations sociales représentent entre un quart et plus du tiers du revenu des ménages. On peut, partant de là, pointer d'emblée un enjeu majeur sur lequel on reviendra: le vocabulaire libéral qui, en lieu et place de cotisations sociales, évoque les charges sociales, afin de mieux inscrire dans les têtes qu'il convient d'alléger ce supposé fardeau omet de préciser que lesdites charges représentent en fait un revenu. Un revenu qui, pour une part, soutient une consommation de services publics, tel l'hôpital public, mais qui, pour une autre part, avec les pensions de retraite notamment, est le support d'une consommation de biens et de services privés et donc de débouchés pour les entreprises privées. Bref, un revenu sans lequel la production de celles-ci serait bien en peine de s'écrouler."

    "Le droit du travail est à bien des égards un droit singulier. Il relève du droit privé, mais alors que celui-ci a pour socle le droit civil qui place en son cœur la liberté contracter pour les parties réputées égales, le droit du travail est, à l'inverse, conçu comme un droit totalement asymétrique. Sa justification est la suivante: l'inégalité patente entre salariés et employeurs exige que soient introduites des règles pour protéger les premiers. D'où ses caractéristiques: un droit qui, bien que relevant du droit privé, est foncièrement unilatéral, inégalitaire, envisagé pour donner des droits aux salarié contre l'employeur."

    "En France, depuis le milieu des années 1980, les dépenses publiques s'élèvent à plus de 50% du PIB. En 2008, elles s'élevaient à 52.7 du PIB, pour une moyenne de 46.8% dans l'Union européenne."

    "Le salariat n'a en effet jamais été aussi développé. En France, il représente aujourd'hui 90% des emplois, contre 82% en 1974 et seulement 65% en 1950."
    -Christophe Ramaux, L'Etat social. Pour sortir du chaos néolibéral, Éditions Fayard/Mille et une nuits, 2012, 474 pages.



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