L'Hydre et l'Académie

    Henri Guillemin, Conférences

    Johnathan R. Razorback
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    Message par Johnathan R. Razorback le Mer 10 Déc - 13:48

    https://www.youtube.com/watch?v=uUHXDR2YyV8
    http://www.ina.fr/video/I00006396
    http://gillemin.blogspot.com/

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?Henri-guillemin-robespierre-rousseau-castoriadis-zinn

    https://www.youtube.com/watch?v=Cb3EP4DbleE
    https://www.youtube.com/watch?v=8SRMcOHqKP0
    https://www.youtube.com/watch?v=32isEOy04Kw

    Le désastre politico-militaire de 1940, conférence de 1973:
    https://www.youtube.com/watch?v=wrU1i8b5OhI

    "Beaucoup de gens en France ne voulait pas admettre qu'on puisse serrer la main des Russes, même militairement."

    "Ces conservateurs français ne voulaient à aucun prix que la France fut engagée dans une affaire militaire contre l'Italie et contre l'Allemagne, puisque l'Italie et l'Allemagne représentaient des régimes... sérieux, plein d'espoir, donnant grand espoir aux conservateurs français qui espéraient établir un régime à peu près semblable, sinon salazarien peut-être, en France."

    "Laval avait été autrefois un socialiste d'extrême-gauche. [...] En 1919, il s'était encore présenté comme un candidat d'extrême-gauche."

    "La classe possédante avait eu terriblement peur en 1936, et le bruit, la phrase que j'ai entendu moi-même et qui est maintenant répété dans tous les bouquins, c'était une phrase banale à droite... "Tout plutôt que Blum !". Tout plutôt que Blum. Et je vous assure que ce "tout" allait très loin."

    « Elle était pourrie cette armée, pourrie ! Cette armée qu’on n’utilisait pas. L’ivrognerie ou plutôt l'alcoolisme y faisait d'épouvantables ravages. [...] Sur la ligne du Rhin, des fraternisations étaient autorisés par mal d'officiers français. Des commandos allemands venaient, ils se serraient la main et donnaient lecture des discours de Hitler, discours du 6 octobre: "mais je n'ai rien avec la France, jamais je ne commencerais une guerre avec la France". »

    "Le maréchal Pétain est un homme qui fait de la politique, et la politique la plus précise, depuis 1934."

    "Le 1er mars 1935, dans la Revue des Deux mondes, Pétain avait publié un article extrêmement important sur les problèmes militaires. Il avait confirmé ses dires le 8 avril 35 dans un discours à l'École de guerre. Nous possédons ces deux textes. Ces textes sont très beaux et on peut vraiment dire que ce très vieil homme n'était pas sclérosé, parce que la grande idée de Pétain là-dedans c'était de dire: attention, ne commettons, dans la prochaine guerre, inévitable -disait-il- l'erreur que nous avons commises en 1914. Nous avons été battus au début de 1914 parce que nos généraux faisaient la guerre de 1870 ; hé bien il ne faut pas que dans la prochaine guerre nous faisions la guerre de 1914. Tout a changé disait-il, en particulier du côté des chars, et du côté de l'aviation, y a des transformations telles que le visage de la prochaine guerre ne rassemblera en rien au visage de la guerre ancienne. Les chars sont capables, disait-il, de décider du sort d'une guerre ; quant à l'aviation, si elle est jointe à l'infanterie pour essayer de percer des défenses de l'adversaire, elle peut donner des développements imprévisibles. Vous entendez: c'est Pétain qui dit ça en mars et avril 35. Bravo !
    Or, le même Maréchal Pétain, après avoir refusé la permission à son ami le général Chauvineau, de publier en 1935 un certain livre dont Chauvineau lui avait donné le projet, va autoriser, et non seulement autorisé Chauvineau a publié son livre, mais va faire une préface à ce livre qu'en 1935 Pétain avait récusé. Ce livre du général Chauvineau va paraître au printemps 39 et s'appelle
    Une invasion est-elle encore possible ?, pour conclure: aucune invasion n'est possible, car la faillite des chars est éclatante ; quand à l'invasion elle ne peut avoir aucun rôle, elle ne peut avoir aucun rôle, elle ne peut que surveiller l'arrière. Pétain préface un livre monstrueux, dont il sait qu'il est monstrueux, puisqu'il renverse ce Pétain lui-même avait dit en 1935, et cependant en 1939 il le bénit de sa propre autorité, le fait lire aux Français pour leur dire: les chars, ça ne compte pas, l'invasion, ça ne compte pas. Alors ma tentation c'est de rappeler [...] le 10 octobre 1938 où il dit: "les Français n'ont pas encore assez soufferts". J'en viens à conclure que le Maréchal souhaitait lui-même un désastre militaire de France, afin de pouvoir faire sa politique."
     



    Dernière édition par Johnathan R. Razorback le Mer 23 Jan - 21:07, édité 1 fois


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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.

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    Message par Johnathan R. Razorback le Dim 28 Oct - 16:04

    https://soundcloud.com/club-44/w-0597-mp3

    "De Gaulle a toujours été un démocrate. [...] Il n'est pas question d'être remis en selle par un mouvement militaire. Mais De Gaulle se rend parfaitement compte que y là un moyen de pression extraordinaire. On va faire peur à cette classe parlementaire. [...] On va faire peur au père Coty, et ils finiront bien par m'appeler parce qu'ils auront peur."

    "Dans la nuit du 26 au 27 juin [1958], un peu après minuit, le général arrive de Colombey à Saint-Cloud, au musée de Saint-Cloud [...] et avec l'accord bien entendu du Coty, Pflimlin va venir trouver De Gaulle."

    "Le 27 [alors qu'il n'a trouvé aucun accord avec Pflimlin, il affirme par communiqué]: "j'ai entamé le processus régulier de constitution d'un gouvernement républicain."

    "Le 28 [Pflimlin] démissionne."

    "[Coty fait lire un communiqué aux deux chambres indiquant] que lui, Coty, démissionnera, si on n'accepte pas De Gaulle."

    "Il y aurait 329 oui -bon, majorité- [à investiture par la Chambre], mais il y aura 224 non. [...] Et je souligne, parce que c'est très important, qu'il n'y avait aucun mouvement populaire. [...] De Gaulle a pris le pouvoir au moyen d'un chantage militaire."

    "Le 9 janvier 59, De Gaulle est président de la [Vème] République."

    "Il croyait Pompidou très peu dangereux, et il était très dangereux."

    "Le 19 janvier 69, à Rome, [Pompidou dit] "Quand le Général se retirera, je serais candidat à la présidence de la République."

    "Le 14 avril [1969] M. Giscard d'Estaing dit "quand à moi je vote non"."
    -Henri Guillemin, La trajectoire de Charles de Gaulle; 1958-1969, la Restauration et la Chute, conférence au Club 44, 3 décembre 1984.



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    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.

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    Message par Johnathan R. Razorback le Mer 23 Jan - 21:12

    https://www.rts.ch/archives/tv/culture/en-appel/3448887-peguy-1.html

    "Il était quasiment inconnu de son vivant [...] C'est dans dans l'entre-deux guerres [...] que la gloire de Péguy s'est installé."

    "C'est durant l'Occupation quand on sortit pour la première fois, dans la Pléiade, les œuvres complètes de Péguy."

    "Il s'est passé depuis la fin de la guerre, le déclin, le déclin, de Péguy. Il faut le constater."

    "Extraordinaire contradiction de cet homme."

    "Jusqu'en 1905, Péguy s'affirmait antireligieux et même athée."

    "Sur le plan religieux d'une part, sur le plan militaire d'autre part, renversement complet de cet homme qui affirme n'avoir jamais eu de contradiction."

    "Il va pratiquement devenir un homme de droite."

    "Péguy a le sentiment qu'il a des dons littéraires. Ce qu'il vaudrait faire, c'est une grande carrière littéraire."

    "Il s'estime écrivain, poète. Et il était tendu vers la gloire, ce qu'il désire c'est une grande gloire littéraire. [...] Il voulait se faire connaître littérairement"

    "Alors, qu'est-ce qu'il va faire en 97 ? Il va décider de quitter l'enseignement, de ne pas passer l'agrégation, et de se marier."

    "Sa librairie socialiste, c'est un effondrement. Peut-être parce que Péguy est imprudent, peut-être parce qu'il ne sait pas gérer les affaires financières."

    "A la fin de l'année 99, il décide de lancer une revue qui sera à lui, qu'il appellera les Cahiers de la Quinzaine. [...] C'est le moment aussi où il va commencer à se séparer du parti socialiste, la Révolution n'ayant pas eu lieu."

    "Ses Cahiers, dont il espérait faire son tremplin vers la gloire, sont un piège, un espèce de glu dans lequel il est pris. [...] Il a des gens -des instituteurs en particulier- qui se désabonnent, qui se disent "on s'est abonné à une revue socialiste, et elle cesse de l'être".."
    -Henri Guillemin, Charles Péguy I, 11 août 1972.

    "Voilà qu'il essaye [en 1910] de se faire présenter à Barrès [qu'il avait traité de "tartuffe moisi"]. [...] Barrès, qui dans L'Écho de Paris, écrivait l'article de tête, va faire un admirable article de tête, un véritable article de lancement [...] pour dire aux Français, aux bons lecteurs de L'Écho de Paris, enfin à tout ce qu'il y a de correct et de distingué en France: "Y a un jeune poète qui vient de surgir, et qui s'appelle Charles Péguy." [...] Il ne s'agit pas du tout d'un lancement littéraire, il s'agit d'un lancement politique."

    "Péguy est bien content d'être lancé. Mais en même temps il a en lui une certaine gêne. Il se rend parfaitement compte que c'est un lancement politique et que c'est un lancement de transfuge, et ça, ça lui déplaît. Alors, en plein milieu de cette année 1910 où il était parti pour la gloire, en plein milieu, au mois de juillet 1910, il va écrire un texte qui s'appelle Notre Jeunesse."

    "Alors ça ne va plus. On lui avait promis, Barrès lui avait promis, de le pousser du côté de l'Académie, de lui faire avoir le Grand Prix de l'Académie française [...] il ne l'aura pas. [...] Les grandes revues ne parlaient pas de lui, parce qu'il avait déçu."

    "Il essaye d'avoir le Femina ou le Goncourt, il rate naturellement tous les deux."

    "Y a une telle amertume en lui qu'il déchire tous le monde. Ses anciens camarades de l'école normale, il les appelle le parti intellectuel, c'était le mot même qu'avait employé Brunetière et les anti-dreyfusards pour désigner les dreyfusards."

    "Péguy est un malheureux. Quand on parle de lui, il faut avant tout savoir que c'est un homme qui n'a pas été heureux. [...] Sa mère lui en avait voulu, terriblement [...] en 1897, d'avoir changé de carrière."

    "Y avait le drame du côté de sa mère, y avait le drame du côté de son foyer, et y avait le drame permanent des Cahiers. [...] C'est un homme qui a été endommagé par la souffrance."

    "Y s'est passé dans sa vie intérieure, entre 1906 et 1908, deux grands drames qui ont l'air contradictoires [...] d'une part Péguy va se convertir, d'autre part il va entrer dans une passion, dans un amour interdit."

    "Péguy n'a jamais été un catholique pratiquant. [...] Il va jamais à la messe [...] c'est pas quelqu'un qui s'est jamais confessé."

    "Je voudrais, si vous devez garder le moindre souvenir de mon exposé, ceci, l'image d'un Péguy au bord du suicide."

    "C'est un raté à la fin Péguy. Un homme qui se tourmentait, se déchirait."
    -Henri Guillemin, Charles Péguy II, 18 août 1972.



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    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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